Bruxelles, Art nouveau

Bruxelles, Art nouveau
© Jean-Pol Lejeune

Pas belle, Bruxelles ? Franchement, la ville vaut mieux que sa mauvaise réputation architecturale. Pour vous en convaincre, faites un tour du côté d’Ixelles, de Saint-Gilles ou d’Etterbeek. Bruxelles est l’une des capitales mondiales de l’Art nouveau, qui marqua profondément l’urbanisme au tournant du XXe siècle. Et, pour découvrir ces trésors du patrimoine belge, participez tous les week-ends d’octobre aux visites-découvertes de la biennale de l’Art nouveau. Soyez curieux, Bruxelles est belle !

Bruxelles, capitale de l’Art nouveau

On connaît Bruxelles pour sa Grand Place, ses estaminets, ses moules et ses frites, son Manneken Piss et son Atomium… Les amateurs de balades urbaines, qui s’aventurent hors du cadre des cartes postales, connaissent, eux, le véritable trésor de Bruxelles. Il est architectural.

Et oui ! Dans cette ville, où de nombreux quartiers ont été défigurés au cours des années 1960 par l’urbanisation sauvage, la destruction du patrimoine et la spéculation immobilière (un cas d’école connu par les architectes sous le terme de « bruxellisation »), il reste des îlots de création et de beauté.

Bruxelles compte en effet parmi les villes d’Europe ayant le plus grand nombre d’édifices Art nouveau. Concentrés essentiellement dans les quartiers d’Ixelles et de Saint-Gilles, ils sont disséminés à travers la ville, à Etterbeek, Schaerbeek, dans le centre historique et même dans les populaires Marolles.


Avec Victor Horta pour chef de file, les architectes des immeubles Art nouveau ont fait preuve d’une audace et d’une créativité qui émerveillent encore. Construits pour la plupart entre 1895 et 1905, les édifices bruxellois témoignent du renouveau stylistique qui s’impose dans les arts décoratifs de l’Europe d’alors, notamment en Allemagne avec le « Jugendstil », en Angleterre avec le « Modern Style » et en Autriche avec le « Secessionstil ».

Après la Première Guerre mondiale, l'exubérance laisse la place à l'épure et le goût architectural se fait plus géométrique. Le style Art nouveau laisse la place à l'Art déco, dont la présence est plus discrète à Bruxelles. Parmi les chefs-d'oeuvre du genre : le musée Van Buuren à Uccle ou la villa Empain.

Promenade artistique à Ixelles et Saint-Gilles

Le pari de ces écoles pionnières du design ? Transformer les lieux de vie et les objets de la vie courante en œuvres d’art, inspirées par les formes ondulantes de la nature. Façades, intérieurs des maisons, fenêtres, meubles, poignées de porte, tout est dessiné en courbes et arabesques gracieuses qui rappellent plantes et fleurs, mais aussi des animaux. Les vitraux, le fer forgé, la brique et les bois précieux sont utilisés au service d’une pure utopie : esthétiser le quotidien.

La bourgeoisie d’affaires de la fin du XIXe siècle raffole des délires architecturaux de Horta et de ses disciples, Hankar, Strauven et Van de Velde. Les commandes pleuvent et Bruxelles devient alors l’un des pôles créatifs de l’Europe.

De nombreux témoignages de cet âge d’or ont résisté à l’appétit des promoteurs immobiliers. Pour les découvrir, une promenade dans les quartiers d’Ixelles et de Saint-Gilles, de part et d’autre de l’avenue Louise, s’impose. Au fil des rues, on découvre les belles demeures bourgeoises de style Art nouveau.

Parmi les plus abouties et les plus originales, citons l’hôtel Hannon (avenue Brugmann) avec sa splendide cage d’escalier et sa mosaïque au sol, le café La Porteuse d’Eau (avenue Jean Voulders), la maison Hibou (avenue Brugmann) ou, un peu plus loin, le magasin Old England (rue Montagne de la Cour, photo). Enfin, si vous voulez pénétrer dans une maison Art nouveau, allez faire un tour au musée Horta, installé dans une maison-atelier que le maître se fit construire et où il vécut. La visite mérite vraiment le détour.

La Biennale : pousser la porte des édifices

La biennale d’Art nouveau-Art déco, dont la 7e édition a lieu pendant tout le mois d’octobre, constitue une excellente occasion pour s’initier à ce mouvement artistique en compagnie de passionnés… et pousser la porte d’édifices habituellement fermés au public.

L’association Voir et dire Bruxelles, qui s’occupe de promouvoir le patrimoine bruxellois, organise tous les week-ends des visites thématiques des bâtiments Art nouveau, mais aussi Art déco. Des édifices publics comme des écoles et des magasins, mais aussi des propriétés privées, seront exceptionnellement accessibles aux visiteurs. Des parcours à pied, en vélo et en bus sont également organisés sur les traces de l’Art nouveau. Attention, réservation obligatoire.

Cette année, à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de l'architecte belge Henry van de Velde, ses oeuvres majeures seront accessibles au public (Hôtel De Bodt, hôtel de Brouckère, maison Wolfers). Le musée du Cinquantenaire lui consacre une expo les 12 et 13 octobre.

Parallèlement à ces visites, les plus passionnés peuvent assister à des conférences, des présentations de métiers (architectes, verriers, décorateurs…), des expositions et même à une foire aux objets Art nouveau et Art déco. En tout, plus d’une centaine d’activités sont proposées au cours de la biennale.

Pour en savoir plus

Pour préparer votre séjour, consulter notre guide en ligne Bruxelles

Office de tourime de Bruxelles

Programme, réservations, tarifs et infos complètes sur le site de la Biennale Art nouveau

Association Voir et dire Bruxelles

Aller à Bruxelles
Très nombreuses liaisons quotidiennes avec Thalys au départ de Paris-Nord. Durée : 1 h 20.
Depuis la province, correspondance à Paris.
Liaisons aériennes avec Brussels Airlines, Air France et Ryanair (aéroport de Charleroi).

Où dormir ?

Trouvez votre hôtel à Bruxelles

Bon à savoir !
Les grands hôtels (Métropole, Amigo…), ainsi que les hôtels de chaîne bradent leurs prix en fin de semaine.

Où manger ?
- Le Volle Gas : place Fernand-Coq, 21. Tél. : 02-502-89-17. Le bistrot bruxellois par excellence, au cœur d’Ixelles. Ambiance sympa et cuisine 100 % belge. Très bonnes carbonade flamande et blanquette aux trois volailles et à la bière.

Où prendre un verre ?
- À l’imaige Notre-Dame (impasse des Cadeaux, 3) et À la Bécasse (rue Tabora, 11) sont des estaminets à l’atmosphère incomparable (et aux bières rares…) à deux pas de la Grand Place. Savoureuses mousses et bonne ambiance également à la Mort Subite (rue Montagne-aux-Herbes-Potagères, 7).

À lire
L’Art nouveau et Promenades Art nouveau à Bruxelles (éditions Racine), deux ouvrages de référence à découvrir dans nos livres de route.

Consulter nos articles Bruxelles, cinq raisons d'y aller et Bruxelles gastronomique

Texte : Jean-Philippe Damiani

Mise en ligne :

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