Noël autour du monde

Noël autour du monde
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À quelques jours du retour du Père Noël, Routard.com vous retrace sa véritable histoire et les coulisses d’une tournée extraordinaire autour de la Terre. L’occasion de s’arrêter sur les particularités locales qu’il rencontre sur son parcours, car les fêtes de Noël ne sont pas célébrées de la même manière partout dans le monde... Alors, découvrez les origines de Noël, mais surtout quand et comment cette fête de fin d’année est célébrée dans plusieurs pays à travers le monde.   

Les origines de Noël

Les origines de Noël
Crèche de Noël ©Mike Fouque - stock.adobe.com

Malgré sa barbe blanche, le Père Noël passe pour un jeunot au regard du temps qu’il a fallu pour forger sa légende. Noël tel qu’on le célèbre aujourd’hui s’est construit progressivement, par la fusion de la fête chrétienne de la nativité du Christ, le 25 décembre, et du culte voué à Saint-Nicolas le 6 du même mois.

La fête de la Nativité fut établie au IVe siècle par les autorités religieuses romaines, pour mieux influencer la population qui s’attachait toujours aux rites païens. Leur tactique était fine : elles confondirent volontairement la date de la naissance de Jésus-Christ (que personne ne connaît exactement) et celle du solstice d’hiver, qui était célébré joyeusement chaque année lors des Saturnales, fêtes en l’honneur de Saturne, dieu de la fertilité. Le 25 décembre est devenu jour de fête chrétienne.

Quant au Père Noël, il a pour ancêtre un certain Nicolas. La légende dit que ce saint homme, qui fut évêque de la ville de Myre en Asie mineure au IVe siècle, ressuscita trois enfants qui avaient été mis à saler par un cruel boucher. Depuis le Moyen Âge, quand il a été décrété saint patron des écoliers, on le célèbre chaque année, le jour présumé de sa mort un 6 décembre, particulièrement en Europe du Nord, centrale et de l'Est. Le vieillard à barbe blanche arrive sur sa mule, coiffé d’une mitre et une crosse à la main, pour distribuer aux enfants sages des friandises et des cadeaux.

La réforme protestante du XVIe siècle a aboli son culte dans certains pays européens. Mais les colons hollandais qui s’installèrent au Nouveau Monde le siècle suivant emportèrent avec eux cette tradition. Et c’est ainsi que Noël, fête chrétienne, s’est doublée d’un volet païen avec la création du Père Noël…

Nos cousins américains se sont chargés de transformer le néerlandais Sinter Klaas (Saint-Nicolas) en Santa Claus, papi jovial, qui, sous la plume du pasteur Clement Clarke Moore (The night before Christmas), troque en 1823 la mitre contre un bonnet rouge bien chaud, et remplace sa mule par des rennes plus efficaces pour parcourir de longues distances.

Car Santa Claus (ou Père Noël pour les francophones) emménage dès 1885, sur les conseils de l’illustrateur Thomas Nast, sous les frimas du pôle Nord, qu’il ne quitte qu’au mois de décembre pour apporter des cadeaux aux enfants sages. Le personnage est désormais au top, et il mène sa promotion avec brio (Coca-Cola utilise son image dans ses campagnes publicitaires à partir de 1931, ce qui assied sa renommée). Dès lors, le père Noël part à la conquête du monde et c’est désormais son image, plus que celle du Christ, qui est associée à la fête.

Tour à tour Saint Nicolas ou Santa Claus, le vieil homme assume sa schizophrénie en débarquant, pour les uns, paré d’atours épiscopaux le 6 décembre et, pour les autres, vêtu de son long manteau rouge le 25. Si Saint-Nicolas est une tradition toujours vivace dans certaines régions d'Europe, comme la Lorraine en France, c'est bien le Père Noël qui, depuis les années 50, est la star des fêtes de fin d'année sur le Vieux Continent. Flanqué, comme il se doit, du sapin, des cadeaux et des cartes de voeux... exactement comme de l'autre côté de l'Atlantique !

Les célébrations de Noël à travers le monde

Les célébrations de Noël à travers le monde
Noël à New York © Taiga - Fotolia

Noël est chrétien, même si, là où on le fête, les athées y prennent part sans état d’âme ! Cela explique qu’on ne le célèbre pas dans les régions du globe où cette religion n’a pas de prise.

Dans les pays où Noël est une tradition bien ancrée, son histoire hétéroclite explique aussi qu’on ne « pratique » pas les fêtes partout de la même manière. Pour la majorité des Français, la nuit du 24 décembre est associée, parfois à la messe de minuit, et toujours au passage du Père Noël par la cheminée, pour déposer des cadeaux au pied du sapin qu’on a décoré de guirlandes et de lumière. Le repas du réveillon est copieux, huîtres ou foie gras, dinde aux marrons et bûche glacée. En Provence, où l'on dresse des crèches décorées de santons, on perpétue la tradition des treize desserts : fruits ou confiseries, ils symbolisent sur la table, le Christ et ses douze apôtres.

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La tradition de la crèche, répandue dans les pays méditerranéens (Italie, Malte…), est née en Italie au 13e s. A l'époque, il s’agissait de crèches vivantes rejouant la scène de la Nativité dans les églises, une pratique remplacée dès le 16e s par l’utilisation de figurines. Quant au sapin de Noël, il s’agit d’une tradition née en Alsace au 16e s.

Autre tradition bien implantée en Alsace depuis des siècles : les marchés de Noël, également très répandus en Allemagne et à travers l'Europe centrale ou du Nord, même si cette pratique -commerce oblige - tend à se généraliser un peu partout.

Dans les pays chrétiens, on célèbre l’événement de la même manière, parfois avec des particularités locales. En Australie, par exemple, pour le repas de Noël, certains pique-niquent sur la plage, car au mois de décembre, on est en plein été... Pour les illuminations, New York et Londres mettent le paquet, notamment dans le West End londonien (Oxford & Regent St) ou sur 5th Av., mais aussi avec les fameux arbres de Noël de Leicester Square à Londres et du Rockefeller Center de Big Apple. Au Mexique, les enfants doivent briser à l’aide d’un bâton, les yeux bandés, la piñata, une jarre de terre cuite à forme humaine ou animale, pour récolter des gâteaux à l’intérieur. Il existe tout plein d’autres variantes exotiques !

Mention spéciale pour les Antilles : les cantiques de Noël, adaptés à la mode créole, sont à l'honneur avec les Chanté Nwel en Martinique et en Guadeloupe

Les collègues du Père Noël

Les collègues du Père Noël
Befana en Italie © fotorealis - stock.adobe.com

Ne sous-estimons pas la capacité de ses rennes, mais le Père Noël serait bien en peine de faire en une nuit le tour complet des pays chrétiens. C’est pourquoi, dans certaines régions, de sympathiques collègues se chargent de le relayer ! Quelquefois, c’est l’enfant Jésus qui apporte les cadeaux aux enfants, au Portugal ou en Allemagne du Sud. On comprendra que, pour des raisons de planning, ils ne peuvent pas tous se déplacer le 25 décembre !

Saint-Nicolas continue de visiter les régions de confession protestante, le 6 décembre. En Hollande, en Belgique, dans le nord et l’est de la France, en Allemagne, en Autriche, en Pologne ou en Russie, il arrive à dos d’âne pour récompenser les enfants méritants. Mais attention ! Il est suivi de près par le méchant Père Fouettard, qui se charge de punir ceux qui n’ont pas été sages...

À cette occasion, de grandes fêtes et des parades ont lieu : elles sont féeriques à Nancy (le premier dimanche de décembre) ou à Fribourg, en Suisse, ville dont il est le saint patron.

En Islande, ce sont 13 petits lutins qui rendent visite aux enfants à Noël : les Jolasveinar.

En Grèce, le Père Noël laisse la place à Saint-Basile qui débarque la nuit du Nouvel An pour distribuer des cadeaux ; au Nouvel An, on confectionne un gâteau, la vassilopita (d’après le nom grec du saint), dans lequel on cache une pièce d’or qui portera bonheur à celui qui la trouve. En Espagne, le 6 janvier, les rois mages reproduisent leur pèlerinage vers l’enfant Jésus lors de grands cortèges dans les villes, pour offrir leurs présents aux bambins. Une recrue féminine complète cette équipe virile, puisqu’en Italie, c’est la vieille sorcière Befana qui se charge le même jour d’apporter sur son balai volant des cadeaux pour les enfants !

Les festivités autour de Noël

Les festivités autour de Noël
Marché de Noël de Nuremberg © alexgres - stock.adobe.com

Les semaines entourant Noël sont prétexte à d’autres célébrations qui annoncent ou suivent cet événement.

Contrairement à ce que l’on croit souvent, Thanksgiving aux États-Unis n’est pas la version locale de Noël. Le quatrième jeudi du mois de novembre est férié, et les Américains se réunissent en famille, autour d’une bonne dinde rôtie. On commémore le souvenir des pionniers qui, grâce à l’aide des Indiens qu’on n’exterminait pas encore, survécurent au rude hiver de 1620 et fondèrent une colonie prospère. Cette célébration n'est pas religieuse, mais elle donne le coup d’envoi aux festivités de Noël, que l’on prépare pendant tout le mois de décembre.

En Europe, l’Avent sonne comme le compte à rebours, à partir du dimanche le plus proche du 30 novembre, de la naissance du Christ. Dans certaines régions catholiques du Nord et de l’Est (pays scandinaves, Allemagne, Autriche), où les marchés de Noël sont fameux, chacune de ces quatre semaines est symbolisée par une bougie que l’on allume sur une couronne de pin. La tradition du calendrier de l’Avent vient, quant à elle, de Provence : du 1er au 25 décembre, chaque petite case renferme une image ou un bout de prière...

En Suède, outre Noël, on fête la Sainte-Lucie. Le 13 décembre au petit matin, la Suède célèbre depuis plus de quatre siècles cette sainte italienne originaire de Syracuse. Il s’agit plutôt d’une « fête de la lumière », dont sainte Lucie est considérée comme la reine. Des processions de la Sainte-Lucie ont lieu dans les écoles, les hôpitaux et les lieux publics. Vêtues de robes blanches, les demoiselles d’honneur de sainte Lucie, accompagnées souvent d’enfants, tiennent à la main une bougie, portent une couronne lumineuse sur la tête et défilent devant le public. Elles chantent le traditionnel Sankta Lucia, accompagnées de garçons déguisés en Rois mages, qui portent des chapeaux pointus parsemés d'étoiles dorées.

Les fêtes de Noël se concluent généralement le 6 janvier avec l’Épiphanie, ou jour des rois, qui évoque l’arrivée des rois mages auprès de l’enfant Jésus. Les Français gourmands en profitent pour déguster, le premier dimanche de janvier, la fameuse galette fourrée à la frangipane (galette des rois) dans laquelle on a caché une fève. Puis arrive l’occasion, après un mois de festivités en tout genre autour du monde, de retomber sur une coutume universelle : l’inévitable régime...

Pour en savoir plus

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Texte : Clémentine Bougrat

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