Fiesta à Tequila

Fiesta à Tequila
© Claude Hervé-Bazin

Du 26 novembre au 12 décembre, le pittoresque village de Tequila célèbre la boisson reine du Mexique. Dans une ambiance festive, villageois et visiteurs goûtent aux dernières bouteilles issues des distilleries locales, les plus importantes du pays. Et pour accompagner les nombreux banquets et dégustations, la 29e édition de la « Feria nacional del tequila » propose rodéos, concerts, spectacles de mariachis, feux d’artifice, expositions et visite des haciendas où l’on produit le fameux apéritif. À la vôtre !

Histoire d’une boisson légendaire

Au Mexique, le mythe raconte que tout commença au pied d’un volcan, lorsque l’éclair foudroya un champ d’agaves. Sous l’effet de la chaleur, la sève de l’une des plantes se mit à cuire, puis à fermenter pour devenir un doux nectar que les Aztèques prirent pour un don du ciel. Cadeau des dieux ou non, le pulque (sève d’agave fermentée) est, à l’arrivée des Espagnols au XVIe siècle, largement consommée au Mexique, notamment lors des grandes occasions (fêtes, cérémonies religieuses...). Les conquistadores affineront le processus de fabrication du pulque en introduisant tout l’art de la distillation qui n’existait pas encore en Amérique centrale. Ils nommeront le nouvel alcool tequila, dérivé du mot tetilla (mamelle), car ils s’aperçurent que les meilleurs agaves poussaient sur les flancs d’une petite montagne dont les formes ressemblaient étrangement à la silhouette d’une poitrine de femme...

Tequila, capitale de la tequila et fière de l’être

Ce n’est pas par hasard que Tequila fut baptisée de l’alcool du même nom. Cette petite ville, située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Guadalajara, dans l’État de Jalisco, est plantée au beau milieu de la vallée d’Amatitán où pullulent les champs d’agaves bleus, la variété que l’on utilise pour la production de la tequila. C’est donc là que se sont tout naturellement implantées de nombreuses distilleries familiales vers la fin du XVIIIe siècle, quand fut accordée par le roi d’Espagne la première licence officielle de production à Don José de Cuervo. Aujourd’hui, Tequila, ville de vingt mille habitants, concentre près de la moitié des cinquante distilleries autorisées par le gouvernement mexicain, ce qui en fait la première ville productrice du pays, mais aussi du monde (plus de 40 % de la production nationale est destinée à l’exportation, notamment vers l’Europe et les États-Unis).
Très fière de son statut, Tequila organise depuis une trentaine d’années sa foire, la « Feria nacional del tequila », qui se tient chaque automne à partir du dernier samedi du mois de novembre pour une durée qui varie d’une année à l’autre. En 2005, histoire de prolonger la fête, la fin de la feria coïncide avec le jour de la fête de la Vierge de Guadalupe (12 décembre), le plus important événement religieux du Mexique.

Musique, spectacles et dégustations

La feria démarre par un défilé costumé dans les rues de la ville jusqu’à la Plaza principal. Des chars traditionnels représentant quelques-unes des distilleries de la région accompagnent la parade. En fin de journée, une grande fête a lieu sur la place au son des orchestres de mariachis. Le public est alors invité à trinquer... gratuitement ! Le jour d’inauguration de la foire, la boisson est en effet généreusement offerte par les entreprises locales. Dès le lendemain, chacune des distilleries de Tequila monte son propre stand d’exposition au centre-ville. Les représentants de chaque marque se mettent alors à vanter la saveur de leur tequila et tentent de convaincre les professionnels ou les simples visiteurs en leur servant gratuitement un verre ou deux ! Pendant la journée, des rodéos sont organisés aux abords de la ville tandis que le Teatro del Pueblo accueille, en plein air, représentations théâtrales et concerts de mariachis... à consommer sans modération. Le soir, on mange sur le pouce (épis de maïs ou pommes de terre grillés vendus dans la rue), avant de foncer vers les bars qui servent toutes sortes de cocktails, des grands classiques (margarita, acapulco, tequila sunrise...) aux petites nouveautés concoctées à l’occasion de la feria. La fête s’achève par un grand feu d’artifice dans le ciel de la vallée d’Amatitán.
La foire est également l’occasion de se rendre dans les distilleries de la ville, généralement abritées dans des haciendas du XIXe siècle encore très bien conservées. Le Museo del Tequila organise pour sa part une exposition où l’on explique aux curieux le processus de la fabrication de la tequila, de la récolte des agaves bleus par le jimador (cultivateur d’agaves) à la mise en bouteille, en passant par la distillation en deux étapes (contrairement au mezcal, l’autre apéritif national, qui ne nécessite qu’une seule distillation) et le vieillissement en fûts de chêne.

Infos pratiques

Comment y aller ?
Tequila est située dans l’État de Jalisco (dans l’Ouest), à une cinquantaine de kilomètres de Guadalajara. Le meilleur moyen de s’y rendre reste le bus. Départ toutes les 20 mn de l’ancienne station de Guadalajara, la Central Antigua. Compter une heure de route environ. On peut également emprunter le Tequila Express, un train touristique (donc plus cher !) depuis la chambre nationale de commerce de Guadalajara, Vallarta Ave. 4095, tél. : (01-33) 3880-9099.

Où dormir ?
Les quelques hôtels de Tequila affichent généralement complets plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant le début de la feria. On peut en revanche poser ses bagages à Guadalajara qui compte des adresses routardes en nombre.

Sur la tequila
Pour en savoir plus sur les différents types de tequila, ainsi que sur les recettes de meilleurs cocktails à base de tequila.

Texte : Chahine Benabadji

Mise en ligne :

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