Festival du pont de la rivière Kwaï

Festival du pont de la rivière Kwaï
© ONT Thaïlande

Chaque année, la ville de Kanchanaburi, à 130 km de Bangkok en Thaïlande, organise un ensemble de festivités autour de son attraction la plus touristique : le pont de la rivière Kwaï. Cette année, c’est à compter du 24 novembre et jusqu’au 7 décembre qu’auront lieu les manifestations pour commémorer une des pages les plus tragiques de la Seconde Guerre mondiale. Un étonnant rendez-vous.

Une page sombre de l’occupation japonaise

En 1942, les forces d’occupation japonaises en Asie décident de lancer la construction d’une voie de chemin de fer de 415 km entre la Thaïlande et la Birmanie afin de ravitailler leurs troupes qui se battent sur le front birman contre les Britanniques. Pour construire cette voie ferrée, l’armée japonaise utilise de force ses prisonniers de guerre britanniques, australiens, hollandais et américains. Réduits en esclavage, les prisonniers doivent suivre une cadence infernale pour répondre aux plans des soldats japonais. Le travail de l’aube au coucher du soleil dans la jungle, les privations, les mauvais traitements, ainsi que le manque d’hygiène, la malaria et le choléra eurent raison de milliers d’entre eux. ’Aujourd’hui, on estime qu’entre 16 000 et 18 000 prisonniers de guerre alliés périrent, ainsi que 50 000 travailleurs thaïlandais enrôlés de force pour accélérer les travaux.

L’entrée dans la mémoire collective

C’est avec le roman de Pierre Boulle Le Pont de la rivière Kwaï (1952), puis surtout avec le film hollywoodien du même nom en 1957, que cet épisode de la guerre en Asie se fait connaître du grand public. À l’origine, Pierre Boulle a voulu raconter ce moment historique en se concentrant uniquement sur la construction de la voie ferrée - surnommée le « chemin de fer de la mort » - au-dessus de la rivière Kwaï. Le pont qui devait servir au passage des troupes et du ravitaillement japonais fut d’abord construit en bois avant qu’un grand pont métallique importé d’Indonésie ne le remplace. C’est autour de ce pont que s’articule le récit de Pierre Boulle, mais aussi le film de David Lean. Oscarisé sept fois à sa sortie, le film s’est attaché à retracer les souffrances des soldats alliés, mais aussi leur volonté de résister aux brimades des geôliers japonais et de construire coûte que coûte le pont. Grand succès populaire, le film marqua les esprits par son thème musical sifflé par les prisonniers - la marche du colonel Bogey - et la destruction grandeur nature du pont alors qu’un train y circulait.

Sur les rails du chemin de fer de la mort

Aujourd’hui, la ville de Kanchanaburi profite largement de la manne touristique importante que lui a apportée le film. Chaque année, le festival du pont de la rivière Kwaï attire ainsi de nombreux touristes, grâce notamment à son grand spectacle quotidien son et lumière qui retrace l’histoire du pont. Clou du festival, ce spectacle n’en constitue pas moins le seul vrai hommage à l’histoire. En effet, les autres divertissements, plus légers et lucratifs comme la foire, les manèges et le carnaval, feraient presque oublier les milliers de travailleurs forcés, morts pour la construction de ce pont...
Si à la place des divertissements folkloriques, vous préférez vous intéresser à la dimension historique du lieu, pas d’inquiétudes pour autant. La ville de Kanchanaburi offre d’excellents lieux de mémoire comme le musée de la Guerre JEAATH, émouvant musée construit sous la forme d’un camp de prisonniers et rassemblant divers objets, photos et coupures de journaux qui rappellent les souffrances des prisonniers de guerre. Deux cimetières sont par ailleurs ouverts au public : le cimetière militaire de Kanchanaburi où sont enterrés 6 982 prisonniers de guerre australiens, anglais et néerlandais et le cimetière militaire de Chonk Kai, à 2 km au sud de la ville, ancien camp de travailleurs où reposent aujourd’hui 1 740 prisonniers. Pour clore ce périple, montez dans le petit train qui part vers Nam Tok et passe par le pont. Non content de faire une belle balade de deux heures sur la voie ferrée historique, vous comprendrez mieux l’ampleur de la tâche réalisée par les prisonniers pour aménager le terrain et construire la voie.

P’tites adresses

Où dormir ?

- Sam’s River Rafthouse : 48/1 Rong Heeb Oil Rd. Tél. : 034-624-231. Fax : 034-512-023. Plantée dans un joli petit jardin tropical, cette guesthouse compte une trentaine de chambres impeccables, avec salle d’eau, ventilo ou AC. Certaines, sur des pontons flottants, vous permettront de dormir au fil de l’eau. Resto agréable et accueil attentionné. Chambres entre 150 et 350 bahts.
- Bamboo House : 3-5 Soi Vietnam Tha Makham. Tél. : 034-624-470. bambou-house@thaimail.com. Seule guesthouse du coin avec vue directe sur le fameux pont de la rivière Kwaï. Une poignée de bungalows en bois ainsi que trois maisonnettes flottantes. On y mange bien et pour pas cher. Location de vélos. De 400 à 700 bahts.

Où manger ?

- Jolly Frog : Mae Kwai Rd. Tél. : 034-514-579. Ce restaurant tout en bambou propose une délicieuse cuisine thaïe à prix vraiment malins. Essayez le riz sauté au bœuf avec petits légumes et la copieuse salade de fruits. Service un peu lent, mais bon accueil. Autour de 150 bahts.

Infos pratiques

- Pour se rendre à Kanchanaburi de Bangkok : en bus, départ toutes les 15-20 mn du Southern Bus Terminal, sur Boromratchonnani Rd à Thonburi (dans le prolongement de Phra Pin Klao Taymai Rd). Liaisons assurées de 4 h 30 à 20 h environ. Compter 3 h de trajet. En train, deux départs de la gare de Thonburi, tôt le matin et en début d’après-midi. Compter environ 2 h de trajet.
- Ambassade de Thaïlande : 8, rue Greuze, 75016 Paris. Tél. : 01-56-26-50-50. Fax : 01-56-26-04-45. M. : Trocadéro. Visas du lundi au vendredi de 9 h 30 à 12 h.
- Site touristique de Kanchanaburi : www.kanchanaburi-info.com
- Écouter ici le thème musical du Pont de la rivière Kwaï.

Texte : Laetitia Perier

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