Les points de rencontre

'Espagne, la Sicile et le Proche-Orient (Palestine et Syrie) sont les trois principales contrées où les civilisations orientales et occidentales se sont croisées avec profit au Moyen Âge, malgré les guerres incessantes.

L'ESPAGNE est en Occident le point de rencontre majeur entre mondes islamique et chrétien. Les Arabes étant au sud, les chrétiens règnent sur le nord-ouest. Malgré la guerre de reconquête menée par les royaumes chrétiens du Nord, les échanges s'y pratiquent durant des siècles.

Le califat omeyyade d'Al-Andalus, en Andalousie, ne déroge pas à la règle en vigueur sur toutes les terres conquises par les Arabes : on prend les rênes du pouvoir, mais on laisse les populations libres de conserver leurs coutumes si elles sont reliées au Livre, à savoir la Bible… tout en les incitant à se convertir à l'islam. Les dhimmi (protégés) payent en effet un impôt spécial. Chrétiens et juifs développent ainsi leur propre culture durant des siècles, aux côtés des musulmans.

Tout un monde aujourd'hui disparu s'organise tant bien que mal. Entre les VIIIe et XVe siècles, des tensions déstabilisent ce délicat patchwork humain. C'est donc un univers où coexistent des mawali (espagnols convertis à l'islam), des mozarabes (chrétiens vivant sous régime musulman), des mudéjar ou mudayyan (musulmans sous régime chrétien), de même que des juifs sépharades. Les modes de vie se mélangent. Ainsi, en Andalousie, on verra des musulmans boire du vin, mais aussi des chrétiens s'abstenir de manger du porc et être circoncis.

Lorsque la Reconquête s'achève, l'intolérance est de mise. Le concept de limpieza de sangre (ou pureté du sang) émerge et on procède à des baptêmes forcés. Persécutions de l'Inquisition, puis expulsions ou conversions de force frapperont musulmans (au XVIIe siècle) et juifs (quelques mois après la prise de Grenade). L'Espagne unifiée sous la bannière catholique fera tout, au cours des prochains siècles, pour oublier ces compatriotes bafoués. Resteront tout de même quelques lieux emblématiques.

À VISITER EN ESPAGNE

La mosquée-cathédrale de Cordoue.
En 785, Abd al Rahman Ier lance la construction de la Grande Mosquée de Cordoue. Elle est au départ constituée de neuf nefs, d'un patio planté d'orangers, d'un bassin d'ablutions et d'un mur d'enceinte. Elle est constamment agrandie jusqu'à la fin du Xe siècle… En tout, elle couvre 2,5 ha. Cordoue est conquise en 1236 par Ferdinand III. La mosquée se mue en cathédrale Notre-Dame, des chapelles sont ajoutées, la salle des prières est adaptée dans un style gothique au culte catholique. Les arcs en fer à cheval, les colonnes en marbre bleu et rose, les mosaïques figurent parmi les splendeurs de ce site, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.
> Site officiel du tourisme en Espagne. Pour Cordoue (en français)
> Site officiel du tourisme en Andalousie (en français)
> Office du tourisme de Cordoue (en espagnol et en anglais)

L'Alhambra de Grenade.
La mosquée de Cordoue symbolise les débuts de la présence arabe en Espagne. L'Alhambra évoque la fin d'une époque. Yusuf Ier fait commencer les travaux en 1333, lesquels s'achèvent en 1391. Le mot Alhambra provient de l'arabe " Al Hamra ", qui signifie " la rouge ", en référence à la couleur de ses murailles. L'ensemble se compose d'une citadelle, l'alcazaba, de palais, de patios (cour des myrtes et cour des lions), du Generalife (palais d'été), lequel est doté de jardins étagés qui rivalisent de splendeur avec ceux du Partal contigu. Des bassins et des jeux d'eau complètent un tableau paradisiaque auquel l'empereur Charles Quint a adjoint un château en 1526. Comme la mosquée-cathédrale de Cordoue, le site a été inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco en 1984.
> Site officiel du tourisme en Espagne. Pour Grenade (en français)
> Site officiel du tourisme en Andalousie (en français)
> Office du tourisme de Grenade (en français)

LA SICILE - ainsi que Malte - a connu deux siècles d'occupation musulmane (du IXe au XIe siècle) pendant lesquels commerce et agriculture ont été florissants. L'arrivée des Normands ne modifient pas les règles qui régissent l'île à ceci près que les chevaliers venus de France s'y accaparent des fiefs. Arabes, Grecs, juifs et Latins vivent dans ce précaire équilibre que l'on a connu pendant une longue période en Espagne. À la cour des rois de Sicile, surtout celles de Roger II et de Frédéric II, se pressent savants et artistes : philosophes, mathématiciens, historiens, géographes, poètes, musiciens, saltimbanques… Les innovations s'enchaînent : renforcement des structures administratives de l'État, développement du crédit et des assurances…

À VISITER EN SICILE

Le palais des Normands à Palerme a été bâti sur une forteresse d'origine punique qui avait été choisie comme siège du pouvoir par les émirs arabes. Elle a été transformée en une somptueuse résidence par les souverains normands dont il ne reste que la salle de Roger II, dotée de décors orientaux, et la tour Gjoaria (joyaux), ainsi que la Chapelle Palatine. Nettement mieux préservée, elle mêle apports arabe, byzantin et roman à travers sa décoration.

La cathédrale de Monreale, située près de Palerme, a été construite durant le règne du roi Guillaume II, au XIIe siècle. La légende raconte que le souverain choisit l'emplacement sur ordre de la Vierge qui lui indiqua qu'un trésor se trouvait enfoui là. Le site comprend deux palais, royal et archiépiscopal, un monastère et une cathédrale. La façade de cette dernière est typique de l'art arabo-normand (motifs arabes, arcs, arcades).
> Office national italien de tourisme. Pour Palerme et la Sicile (en français)
> Office provincial du tourisme de Palerme (en français)

LES ÉTATS LATINS DE SYRIE ET PALESTINE
(Royaume de Jérusalem, Principauté d'Antioche, Comté d'Édesse, Comté de Tripoli) :
nombre d'anciens guerriers et pèlerins s'y installent et se lient aux familles arméniennes, grecques ou syriaques. Leurs enfants sont appelés " poulains ", terme péjoratif utilisé par les Occidentaux qui débarquent en Terre Sainte. Si certains seigneurs et rois deviennent ponctuellement les alliés des musulmans, une opposition fondamentale les sépare. Jamais les musulmans n'accepteront ces intrus. Cependant, du point de vue des mœurs, des techniques ou des méthodes agricoles, les Francs apprennent énormément auprès des " infidèles ".

À VOIR EN SYRIE ET EN ISRAËL

Le Crac des Chevaliers, ou Qala'at Al Hosn, est une citadelle initialement élevée par les princes de Homs. Transformée par les cés au XIIe siècle, elle est occupée par l'Ordre des Hospitaliers. Place stratégique, entre la côte et les terres, c'est un chef-d'œuvre de château fort. Un siècle après leur installation, sentant qu'il ne sert à rien de résister plus longtemps à leurs assaillants mamelouks, les chevaliers quittent le château de guerre lasse. Par la suite, le Crac a fait l'objet de nouveaux changements, mais il a conservé l'aspect que lui ont donné les croisés. Il a été inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 2006.
> Site du ministère du Tourisme de Syrie (en français)

Acre (aujourd'hui Akko) est une ville portuaire située dans la baie de Haïfa. Elle devient au XIIe siècle la capitale du Royaume de Jérusalem pour cent ans et prend le nom de Saint-Jean-d'Acre. De nombreux ordres religieux chrétiens s'y installent, ainsi que des ordres militaires tels que les Hospitaliers et les Templiers. Elle est dotée de fortifications dont on peut voir de nos jours la trace. Ce qui subsiste de la présence franque, et qui se visite, se trouve essentiellement en sous-sol. Les recherches archéologiques se poursuivent avec profit depuis des années. La vieille ville d'Acre a été inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco en 2001.
> Office national israélien du tourisme (en français)
> Site de la ville d'Akko (Acre) (en hébreu, anglais et allemand)

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