1. Bernard Moitessier
  2. Les premiers horizons
  3. La longue route
  4. D'île en île
  5. La dernière vague
  6. Témoignage
  7. A lire

D'île en île

Un goût de paradis

Durant deux ans, dans la cale de son bateau en mouillage à Papeete, Moitessier écrira son troisième livre, La longue route, le récit de ses dix mois passés seul en mer. Un dur labeur littéraire pendant lequel il rencontre sa seconde femme, Iléana. Leur fils Stéphan naît en 1971. La petite famille décide de repartir avec Joshua. Un voyage de deux ans avec escales en Nouvelle-Zélande, Paris et Jérusalem, puis le retour en Polynésie sur l'atoll de Ahé.
Sur l'îlot paradisiaque de Poro-Poro, le navigateur construit son faré, habitation traditionnelle tahitienne. Le rêve de l'oasis prend forme. Une vie paisible de Robinson au soleil, rythmée par la pêche, le jardinage et la chasse aux rats qui déciment les cocotiers de l'île… Quelques visiteurs aussi qui partagent la soif de liberté du navigateur comme le chanteur Antoine ou un jeune journaliste Dominique Charnay (voir entretien) qui sera le confident des vingt dernières années.

Le naufrage de Joshua

En 1978, le marin nomade s'installe à Moorea où il rencontre le véliplanchiste Arnaud de Rosnay qu'il conseille pour son expédition en planche à voile des Marquises à Hawaï. Après dix années passées en Polynésie, las de la torpeur tropicale, Moitessier part à San Fransisco, dans l'idée aussi de se renflouer financièrement. Le fidèle Joshua malgré les blessures de l'âge accoste Sausalito après trente-huit jours de traversée. Dans cette bourgade dans la baie de San Francisco, Moitessier n'aura que des déconvenues. La terre promise s'avère ingrate envers le navigateur. Après avoir réalisé quelques maigres économies en exerçant des petits boulots, il songe à mettre le cap vers le Mexique. Un admirateur incongru aux cheveux hirsutes lui propose alors 30 000 dollars pour l'emmener à Tahiti et lui apprendre à naviguer. L'inconnu salutaire n'est autre que l'acteur Klaus Kinski, le conquérant génial du film de Werner Herzog, Aguire, la colère de Dieu. Au dernier moment, pour des raisons de tournage, le comédien annule le voyage, mais demande tout de même à Moitessier de l'embarquer avec lui jusqu'au Mexique. Au large des côtes mexicaines, le navigateur invite Kinski à rester quelques jours en plus sur Joshua pour parfaire son apprentissage. Un brusque et inhabituel cyclone force Moitessier à débarquer le comédien sur la terre ferme d'où il assiste au naufrage de Joshua. Au dernier moment, Moitessier abandonne son bateau pour rejoindre Kinski sur la plage. Ce sera la fin de Joshua pris dans les éléments déchaînés et la colère des dieux de la mer…

{ Page précédente | Page suivante }

La dernière vague

Les articles à lire

Bons Plans Voyage