Un tour en Australie

Northen Territory : Kakadu National Park

Northen Territory : Kakadu National Park
Stéphanie Ponsart

Darwin, dans le nord du pays. Chaleur et humidité étouffantes en comité d'accueil. Je passe la nuit dans une très confortable YHA, c'est-à-dire une auberge de jeunesse (69, Mitchell Street, tél. : 08-8981-3995). Le lendemain matin, je prends mon petit-déjeuner dans un café avec deux habitants de la ville, tout étonnés de voir une petite Française voyager seule. Je visite Darwin, qui n'a en fait guère d'intérêt. Ce qui est frappant ici, c'est l'attitude des Australiens blancs, les Aussies, envers les aborigènes. On peut parler de franche indifférence, voire de mépris. Le lendemain, je pars pour un " tour " (Compagnie Aussie Overlanders, tél. : 1300-880-118) de cinq jours en petit comité : treize jeunes gens de toutes les nationalités. Le début d'un voyage fantastique, dans une région qui reste ma préférée d'Australie. Les trois premiers jours, nous visitons Kakadu National Park. C'est là que se trouvent les Jim Jim Falls, de gigantesques chutes d'eau, que l'on ne peut atteindre qu'après avoir nagé plusieurs kilomètres. Le lagon dans lequel se jettent les chutes d'eau est d'un vert émeraude incroyable… Trois jours où nous avons aussi fait des randonnées dans le bush, à la découverte de la culture aborigène, loin des sentiers touristiques. Tout est invraisemblable et surdimensionné par rapport à ce que l'on peut connaître en Europe. Y compris la présence de milliers de mouches ! Partout, elles sont partout… À la fin du troisième jour, le groupe se sépare, le cœur gros. Nous poursuivons notre périple à quatre. Nous voilà repartis sur les pistes de terre rouge. Petit arrêt surprise. John, notre guide, nous emmène vers un endroit mystère… Devant une marre saumâtre, je m'interroge sur la raison de notre présence ici. John m'invite à le rejoindre dans l'eau. Me baigner là-dedans ? Je m'exécute en grommelant, et m'excuse platement en me prélassant dans une eau à 60° ! Ah, les secrets de John… Le lendemain matin, tout le monde est debout aux aurores. L'impatience règne… C'est aujourd'hui que nous nous rendons dans une communauté aborigène, à Palumpa. Le chef, Wally, est un ami de John. J'appréhende un peu cette visite : je ne veux pas jouer les touristes venant voir les sauvages ! Heureusement, c'est tout le contraire. Un échange s'installe. Je suis fascinée par la richesse de cette culture. Wally impose le respect : il dégage quelque chose d'assez invraisemblable, d'intimidant… Nous partons découvrir son " jardin " comme il dit, avec son fils et ses neveux. Je profite du trajet en 4x4 pour leur montrer la France sur un atlas. Ça leur paraît si loin, si abstrait… Une fois sur place, les enfants m'apprennent à repérer les crocodiles dans l'eau. Très utile ici ! Je suis passée experte en la matière, mais j'avoue que ça me sert assez peu depuis mon retour en France. Wally nous explique les légendes fondatrices de sa culture devant des peintures rupestres. Expérience unique. C'est tellement loin de l'image habituelle d'une minorité alcoolique et désœuvrée. On s'endort à la belle étoile en se remémorant ces moments. Mais il faut rentrer à Darwin… On s'arrête tout de même en chemin pour se baigner dans les piscines naturelles de Litchfield Park. Ça fait tout de même cinq jours qu'on ne s'est pas lavé… Il n'y a pas de salle de bains dans le bush ! La séparation est un déchirement. John me confie qu'il a rarement vécu une telle osmose dans un groupe. Elle vient en grande partie de toi, cette osmose, John, de ta passion viscérale pour cette terre…

Texte : Stéphanie Ponsart

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