Angkor, toujours

Entre éléphants et lions

Entre éléphants et lions
Mebon oriental © Claude Hervé-Bazin

La balade se poursuit vers Ta Som, un autre temple bouddhiste de la fin du XIIe siècle, plus modeste. Il mérite une halte pour sa sérénité et son gopura (tour-portail) tourné à l’Est, superbement enlacé par les racines conquérantes d’un banian.

La halte suivante, au Mébon oriental (photo), fait remonter le temps : nous voici au Xe siècle, à l’aube de la grandeur khmère, lorsque Rajendravarman II entreprit de faire aménager l’immense réservoir, aujourd’hui asséché, du Baray oriental. Le temple-montagne du Mébon, dédié à Shiva, y trônait sur une île depuis rattachée à la terre ferme.

On s’y hisse, de terrasse en terrasse, de lion en lion, d’éléphant en éléphant. Ces statues de pachydermes grandeur nature — ou presque — veillent sur le sanctuaire, à chacun des quatre angles de ses deux niveaux inférieurs.

Tout proche, Pre Rup dépasse le concept de temple-montagne pour évoquer un pic altier, un roc perché au-dessus de la forêt clairsemée, avec ses tours en briques ruiniformes émergeant comme autant de pains de sucre. L’étroitesse des hautes marches rappelle l’escalade d’une pyramide mexicaine. Tout là-haut, un Bouddha se morfond, le souffle depuis longtemps retrouvé.

Un ultime détour mène à Banteay Samrè, un temple-forteresse dédié à Vishnou, contemporain d’Angkor Vat. La double muraille extérieure, en pierre de latérite rougeoyante, se dresse telle une herse de 6 m de haut. Adoucie de fausses fenêtres, elle enferme des cours cellules comme autant de pelures d’oignon.

Texte : Claude Hervé-Bazin

Mise en ligne :

Cambodge Les articles à lire

Voyage Cambodge

Bons Plans Voyage

Services voyage