Angkor, toujours

La porte des Fantômes

La porte des Fantômes
Porte des fantômes © Claude Hervé-Bazin

Chaque matin, l’espace de quelques heures, les cornacs guident leurs éléphants autour du Bayon, le temps d’une promenade. Dommage qu’ils ne proposent pas de rejoindre la fascinante porte des Fantômes (photo), la plus secrète d’Angkor Thom.

On l’atteint par un chemin solitaire partant à l’est du Bayon, plongé dans une forêt bruissante d’insectes. Après 15 minutes de marche, sans rencontrer âme qui vive, voici la porte qui s’annonce, à demi éventrée par la végétation, un Brahmâ aux quatre visages coiffant sa tour, dégoulinant jusqu’au sol en trompes d’éléphants. Un instantané splendide, loin de la fureur touristique.

À l’opposé, se dressent le fier Baphûon du XIe siècle, sorte de haute pyramide presque dépourvue d’ornementation, puis le Phiméanakas où, dit la légende, le roi s’unissait à une déesse-serpent transmutée en une belle jeune fille.

Au-delà, les visiteurs se font rares autour du temple bouddhique de Preah Palilay, sur lequel s’amarrent de puissants troncs de fromagers aux racines envahissantes. Seule subsiste une tour instable, haute comme un gopura hindou, menaçant de s’écrouler pour de bon.

Délimitant au nord le Baphûon, l’incontournable Terrasse des éléphants déroule ses lignes érodées, mouvantes, comme une armée en marche cheminant, cahin-caha, vers les nâgas alignés au nord et la faramineuse Terrasse du roi lépreux — où, probablement, les corps des rois-dieux étaient amenés au bûcher final.

Là, caché à l’œil, un passage étroit révèle un second mur entièrement orné de bas-reliefs, sur lesquels danse une multitude d’apsaras et de divinités aux allures de chimères.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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