Yavi, terre de vie
Olivier Page et Bertrand Deschamps

L’Argentine se termine au nord-ouest de son territoire par un plateau d’altitude, interminable étendue aride, triste et belle à la fois : c’est l’Altiplano qui annonce déjà les hautes terres lunaires de la Bolivie voisine. Nous sommes à présent à 3442 m d’altitude, hors des sentiers battus. Nous mâchons des feuilles de coca, pour éviter le soroche, le mal d’altitude.

Aucune envie de rester dormir à Villazon, ville-frontière déglinguée, aux pauvres maisons empoussiérées et dénuées de charme. On préfère un village andin, simple et rustique, comme Yavi. C’est déjà la haute solitude de la Bolivie, et ces paysages interminables, dénudés, battus par les vents, avec toutefois quelques ondulations de collines pour égayer cette austère mélancolie.

Yavi consiste en une longue rue principale bordée de maisons en pisé. En contrebas, dans un vallon verdoyant, curieuse apparition que cette petite église attenante au musée local, îlot de fraicheur dans son nid d’arbres. Une nuit à Yavi n’est pas une nuit à Buenos Aires. Elle est plus longue, plus sereine, c’est la terre qui gouverne les esprits, pas le macadam.

Notre pension, comme toutes les maisons de la bourgade, repose sur des murs de terre couleur terre de Sienne naturelle. Des bicoques sommaires mais bien foutues qui ont résisté au temps : des masures écolos avant la lettre. Pas de granit, pas de ciment, rien de tout ça : le pisé est un mélange de terre séchée, de paille, d’un peu de bois, et de je-ne-sais-quoi de liant secret, et hop, le tour est joué. C’est beau, simple et solide.

Texte : Olivier Page

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