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Puyo : l’homme qui murmure à l’oreille des singes

Puyo : l’homme qui murmure à l’oreille des singes
Olivier Page

Les hommes descendent du singe, selon Darwin. À Puyo (Amazonie équatorienne) les singes ne descendent pas mais montent sur les hommes ! Au sein du refuge pour animaux (centro de rescate) « Los Monos », les Chorongos vivent par dizaines, en liberté, dans un beau morceau de jungle amazonienne. Ils ont été maltraités ou abandonnés un jour par leurs propriétaires, avant d’être recueillis dans cet orphelinat pour animaux. On les appelle les singes laineux en raison de leur fourrure de couleur brune. Leur petit corps est terminé par une longue queue tactile enroulée en spirale. Ils l’utilisent comme une sorte de troisième bras, s’accrochant aux branches, se balançant d’arbre en arbre, comme d’agiles acrobates de la forêt tropicale.

Très recherchés pour leur viande par les chasseurs, les Chorongos sont une des sept espèces menacées d’Amazonie avec les singes araignées aux membres allongés et démesurés, les tamarins à dos rouge, les capucins blancs, les singes Saki, les singes Ecureuil… Un jeune chorongo fait un bond et se jette sur mes épaules, rejoint aussitôt par son compère qui commence à fouiller dans mes cheveux à la recherche de poux, une manie des singes.

Le responsable du refuge, Yvan Bouvier (photo), me dit que je n’ai rien à craindre. « Ils sont pacifiques, mais gare à tes lunettes et à ton téléphone portable… ». Ancien métallurgiste, la quarantaine, Yvan a quitté sa Suisse natale pour se dévouer à la cause des animaux. Son travail est reconnu par les autorités équatoriennes. Les singes le sentent et l’aiment comme des enfants.

« On récupère les individus, on leur réapprend la vie normale, et puis on les relâche. Ce n’est pas facile du tout car certains sont devenus agressifs et dépendants, comme celui-ci qui a passé quarante ans attaché. On nous l’a remis. Il n’est pas social car encore rejeté par les autres. Il vit seul dans la maison ». La maison ? Une sorte de villa en briques naguère habitée par une famille, aujourd’hui « squattée » par des bandes de singes. Des volontaires venus du monde entier aident Yvan. Le refuge reçoit parfois la visite des anciens propriétaires qui ont abandonné leurs singes, car ils ne voulaient plus les garder. En les reconnaissant, certains singes hurlent comme s’ils leur reprochaient d’avoir été si mal traités par eux dans le passé…

Texte : Olivier Page

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