Norvège, sur la route des fjords

Kongsberg, l’héritage étranger

Kongsberg, l’héritage étranger
Marie Borgers

Kongsberg, à la sortie d’Oslo, est une ville-étape entre la capitale et le Telemark. Elle a été construite à l’emplacement d’une mine d’argent. Bien qu’elle ait cessé toute activité depuis 1957, c’est ici que sont encore frappées les couronnes norvégiennes. La ville recèle par ailleurs la plus grande église du Royaume. Sa façade de briques rouges est aussi austère que son intérieur est baroque. L’aménagement des rangs témoigne de la rigidité de la hiérarchie sociale du temps de la domination danoise : les mineurs restaient dans la nef tandis que les Danois prenaient place dans la loggia.

Des Danois en Norvège ? Oui, vous avez bien lu. Du XIVe au XIXe siècle, le Danemark imposa sa mainmise sur une Norvège affaiblie par la peste et les manquements des institutions. Ce n’est qu’au début du XIXe siècle que ressuscita le sentiment national des Norvégiens, grisés par ses élans révolutionnaires français et par le volontarisme napoléonien. En 1814, par le traité de Kiel, la couronne danoise céda la Norvège à la Suède.

Mais alors la Norvège, offusquée de n’avoir pas même été consultée, fut prise d’un souffle nationaliste. Elle proclama son indépendance le 17 mai 1814 et vota une Constitution. En 1905, l’Union entre la Suède et la Norvège prit fin et, ironie de l’histoire, l’État naissant couronna un prince danois. Le 17 mai, aujourd’hui fête nationale, résonne comme une date fondatrice de l’État. Mais des lieux comme Kongsberg rappellent au voyageur que la Norvège fut longtemps sous influence étrangère.

Texte : Marie Borgers

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