Au Kenya, sur la route des safaris

Jardin de corail et trafic d’ébène

Jardin de corail et trafic d’ébène
Patrick de Franqueville

À trente minutes de Mombasa en bateau, le Kisite Marine Park abrite les plus beaux fonds de l’océan Indien. Il suffit d’un masque et d’un tuba pour reluquer les poissons-perroquets, chirurgiens, clowns et autres anges-empereurs. Les plus aventuriers préfèrent la plongée en bouteille ou s’adonnent à la pêche au gros : baracuda, thon, espadon et autres marlins…

Sur l’île Wasini, toute proche, caillou aride néanmoins fleuri de frangipaniers jaunes, de bougainvilliers roses et blancs et de manguiers, 2 000 habitants vivent de la pêche et du tourisme : on s’y régale de langoustes, de poissons frais et de fruits de toutes sortes. Après une sieste à l’ombre d’un baobab, il est temps de découvrir, incrédule, le jardin de corail.

Recouvert par la mer seulement deux fois par mois, ce petit paradis aquatique dévoile le reste du temps d’immenses rochers coralliens. Presque noirs et sculptés par le sel, ils semblent posés sur un lit d’herbes grasses. Derrière, la mangrove, et au-delà, l’océan turquoise sous son ciel bleu marine.

De retour sur la côte, l’Histoire nous rattrape à Shimoni : une cave profonde et humide retenait les esclaves avant qu’ils n’embarquent vers Zanzibar et son sinistre marché, où ils étaient achetés et revendus à prix d’or. Porte d’entrée de l’Afrique de l’Est sur la route des épices, dominé pendant près d’un siècle par les Arabes, le Kenya a vu plus d'un million et demi d'esclaves transiter par Zanzibar avant d’être expédiés vers les Mascareignes, livrés aux colons espagnols d’Amérique du Sud puis vendus en Inde et en Arabie. Le trafic d’ivoire – au profit de la Chine notamment – a depuis longtemps remplacé celui de l’ébène.

Texte : Béatrice Leproux

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