Québec, jusqu’au bout de la route

Un baleineau, pas de macareux

Un baleineau, pas de macareux
Laurence Pinsard

En chemin vers Havre-Saint-Pierre, notre prochaine étape, nous nous arrêtons à Sept-Îles. La route n’est arrivée jusqu’à la capitale de la région Duplessis que dans les années 1960. La ville, jeune, s’élève devant une jolie baie, protégée par un archipel de sept îles (d’où son nom…). Cela vaut la peine de s’y arrêter pour une promenade au bord de l’eau le long du Vieux-Quai et la visite du Musée régional de la Côte-Nord. Très intéressant, il présente la vision des autochtones divers et variés (pêcheurs, négociants de fourrures, missionnaires, forestiers…) qui se sont successivement installés dans ce beau coin de pays.
Au-delà de Sept-Îles, cité-frontière, l'installation humaine est parsemée et aléatoire. Les villages veillant sur les vagues du Saint-Laurent se raréfient. Tout devient démesure, immensité. La route oscille entre affleurements rocheux d’un côté et bois d’épinettes ponctués de lacs et de rivières tumultueuses de l’autre. Plus la route va, plus le paysage se fait sauvage et serein tout à la fois et le fleuve devient mer au fil des kilomètres.

La petite ville minière de Havre-Saint-Pierre va se révéler être, pour nous, une étape à la fois très plaisante, mais aussi un peu frustrante… Dès notre arrivée, une excellente surprise nous attend. Les acrobaties d’un baleineau en pleine séance d’alimentation nous accueillent. Le petit rorqual surgit, nous montre sa tête toute entière et une partie de son cou, qu’il projette en arrière pour avaler ce qu’il a pêché. Il replonge et émerge un peu plus loin pour nous offrir le même spectacle. Fascinant. C’est la première, et aussi l’unique fois où nous verrons un cétacé d’aussi près. Un moment privilégié qui restera gravé dans nos mémoires !

La frustration naît lorsque nous découvrons que Havre-Saint-Pierre constitue le point de départ idéal vers l’archipel de Mingan, un des sites naturels les plus fascinants du Québec. Une dentelle d’îles et d’îlots s’étend de part et d’autre de la ville. Avec ses falaises, ses arches de roc, ses monolithes, sa faune et sa flore très diversifiées, c’est un petit paradis archéologique et naturel qui nous passe sous le nez, parce que nous n’avons pas prévu assez de temps pour cette étape. Ce voyage-ci ne nous permettra pas de voir de macareux ou « perroquet des mers », la figure la plus célèbre de l’archipel.
Il nous faudra revenir !

Texte : Laurence Pinsard

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