5 octobre. Pas de travail physique aujourd'hui. Heureusement, car le thermomètre affiche 40 °C ! Nous avons rendez-vous au Q.G. des rangers avec Jen, qui travaille ici depuis neuf ans. Elle nous présente un exposé sur le parc, inscrit au patrimoine à la fois naturel et culturel de l'Unesco : un double titre qui souligne son importance écologique, mais aussi humaine. Parc national depuis 1958, le territoire d'Uluru-Kata Tjuta, où les Aborigènes vivent depuis des milliers d'années, n'a été rétrocédé à ses « propriétaires traditionnels » qu'à la suite de longues batailles juridiques, lors d'une cérémonie officielle donnée le 26 octobre 1985, il y a donc vingt ans. Depuis, le parc est géré conjointement par des non-Aborigènes et des Anangu : son conseil de direction est composé de six membres nommés par les Anangu, et cinq autres non-Anangu ; de même, les rangers (une trentaine dans le parc) comptent dans leurs rangs des Aborigènes et des non-Aborigènes.

Nous en avons la démonstration un peu plus tard au Centre culturel, situé à quelques mètres du Q.G. des rangers. Sa forme (qui évoque celle des deux ancêtres mythiques Kuniya et Liru), ses matériaux de construction et les expositions qu'il accueille évoquent le Tjukurpa, les habitants du parc ainsi que la façon, dont il est géré. Une visite intéressante qui se termine par une saynète à la fois amusante et didactique : un ranger anangu nous explique sa culture dans son langage maternel, le pitjantjatjara, et est traduit par un ranger non-anangu. C'est l'occasion d'évoquer une nouvelle fois l'histoire de Kuniya et Liru. Kuniya, femelle python venue à Uluru pour y déposer les œufs qu'elle porte en collier autour de son cou, découvre que Liru, le serpent venimeux, a tué son neveu en le transperçant de sa lance. Folle de colère, Kuniya fait le tour du rocher pour retrouver Liru et le frapper de son bâton à fouir, l'accessoire traditionnel des femmes aborigènes pour la cueillette. Les traces de leur combat sont, on l'a dit, encore visibles sur les parois qui entourent le Mutitjulu waterhole. Le ranger aborigène nous explique que cette histoire a également une autre répercussion. Elle dicte en effet les modes de punition traditionnels : les femmes adultères reçoivent de violents coups de bâton à fouir sur le crâne, tandis que les hommes se font transpercer la chair avec une lance… De quoi inciter à se tenir droit, surtout lorsque l'on sait que de tels châtiments sont encore infligés de nos jours.

Texte : Clémentine Bougrat

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