La Loire-Atlantique, côté marais

La Loire-Atlantique, côté marais
Parc naturel de Brière © marité74 - stock.adobe.com

Il ne s’agira pas ici de parler du Marais poitevin, LA star des marais quand on évoque « zone humide » et « ouest de la France ». La Loire-Atlantique est toutefois le deuxième département en superficie de zones humides avec ses 72 000 ha. Celles-ci sont réparties dans différentes zones géographiques dont la diversité et la spécificité de chacune méritent le détour. Allez, on enfile ses bottes et on y va !

Le Parc naturel régional de Brière

Le Parc naturel régional de Brière
Kerhinet © Clo&Clem

Avec ses 540 km2, le parc naturel régional de Brière est le deuxième plus grand marais de France après la Camargue. Ici les roselières n’en facilitent pas toujours l’accès, mais la Brière, offre néanmoins de nombreuses balades à faire, que ce soit à pied, en calèche ou en chaland sur les parties navigables (location possible à Bréca).

La nature est ici changeante, alternant prairies inondées et marais arborés, au milieu de plans d’eau, de canaux et même des 7 îles que compte le parc. La flore et la faune, protégées, sont luxuriantes, avec 142 espèces d’oiseaux nicheuses recensées.

Parmi elles, des espèces typiques : le busard des roseaux, le butor étoilé, le phragmite des joncs ou encore la panure à moustaches. Les ragondins et les loutres ont trouvé ici un havre de paix ; il convient donc de ne pas les déranger. Le parc naturel est aussi réputé pour ses chaumières typiques en toit de roseaux (on en trouve 2 000, notamment à Kerhinet ou à Bréca).

Étape obligatoire, Kerhinet justement, un village entièrement piéton, sorte de musée à ciel ouvert avec notamment La Maison du parc, des expositions, des animations, des boutiques d’artisanat et de produits locaux.

En parlant de produits locaux, allez donc visiter l’atelier des typiques couteaux Morta (faits à base d’arbres enfouis dans la tourbe et devenus naturellement imputrescibles) à Saint-André-des-Eaux.

Et pour avoir une belle vue d’ensemble à 360°, passez par Saint-Lyphard ; en haut du sommet de l’église, la vue est imprenable. Si vous n’avez pas eu votre dose de verdure, Les Jardins du marais, jardin remarquable au charme paradisiaque vous accueille à Hoscas. Et si vous avez une envie subite de vieilles pierres, le Château du Ranrouet à Herbignac est le dernier château du Moyen-Âge en bord de Brière et il mérite le coup d’œil.

Les marais salants de Guérande

Les marais salants de Guérande
Marais salants de Guérande © savoieleysse - stock.adobe.com

Nous ne sommes pas très loin du parc naturel régional de Brière, entre le coteau de Guérande et la presqu’île du Croisic, et pourtant tout est différent.

Les marais salants offrent un spectacle unique de mosaïque de bassins salicoles que l’on traverse en serpentant sur des routes étroites entre terre et mer. Ici, suivant l’heure, il y a à voir, bien plus de cinquante nuances de gris, mais aussi de bleu, de brun, de rose. Un paradis également pour les oiseaux (180 espèces observées), pour les poissons (anguille notamment) et les amphibiens (la rainette verte ou le crapaud calamite qui ne sort que la nuit).

Une visite à Terre de sel, espace sel et nature, s’impose pour tout apprendre sur les marais salants et le métier de paludier, pour réserver une visite guidée ou tout simplement pour acheter du sel sous toutes ses formes.

Pour parfaire sa connaissance sur les marais salants, direction Saillé où l’on peut visiter la Maison des paludiers, écomusée installé dans l’ancienne chapelle : exposition scientifique sur le sel et les bassins salicoles, mais, rassurez-vous, le film numérique de 25 minutes sait être didactique.

À partir de là, vous pouvez traverser les marais salants en direction de la presqu’île du Croisic et aller vous balader dans le charmant village paludier de Kervalet ou décider de rester sur ce côté-ci de la côte et changer d’ambiance : Guérande, ses remparts du 14 et 15e siècle, sa collégiale Saint-Aubin de style gothique flamboyant et plus généralement sa ville close chargée d’histoire, vous tend les bras. Et la possibilité d’y manger une bonne crêpe au caramel au beurre salé… évidemment !

Le lac de Grand-Lieu

Le lac de Grand-Lieu
Lac de Grand-Lieu © LAD - C. Menes

Au sud de Nantes, voici le lac de Grand-Lieu. En hiver, il est le plus grand lac naturel de plaine de France avec ses 6 300 ha ; en été, sa superficie diminue drastiquement (3 500 ha). Caché derrière ses rangées d’arbres et de roseaux, il ne s’offre pas facilement à tous les regards. Mais avec ses 270 espèces d’oiseaux sédentaires (ce qui en fait la deuxième réserve ornithologique de France et la plus grande héronnière d’Europe), il mérite le détour.

Le plus simple est de se rendre à Bouaye à la Maison du Lac de Grand-Lieu. Après une visite au centre d’exposition, où, de manière ludique et moderne, on se familiarise avec le site, vous pouvez partir en balade sur un sentier balisé qui traverse les différents milieux présents sur le lac (pépinière, prairie inondable, forêt humide…).

La promenade promet un but final remarquable : le pavillon de chasse Guerlain, construit dans les années 60 par la famille du parfumeur, alors propriétaire du lac. Une maison où la présence des Guerlain se fait encore sentir. Sur le toit, à l’aide des jumelles mises à disposition, on peut observer le lac d’une manière privilégiée. Le jeu sera de trouver, en plus des échassiers (facile), les castors et les loutres qui vivent là (plus difficile). Remarquez également les lévis, îles flottantes de saules et de roselières qui dérivent au gré du vent.

À quelques kilomètres de là, la Maison touristique de Passay offre un autre regard sur le lac, plus centré sur la pêche : viviers et aquariums des poissons du lac, matériel de pêche. À l’étage, un observatoire permet de contempler au loin les oiseaux.

Au retour, n’hésitez pas à faire un arrêt pour visiter l’abbatiale carolingienne de Déas datant du 9e siècle, avec sa façade de pierres et de briques, étonnamment bien conservée – cela n’a rien à voir avec les oiseaux, mais c’est remarquable !

Le marais de Goulaine

Le marais de Goulaine
Château de Goulaine © David LEVEQUE - stock.adobe.com

Situé au sud-est de Nantes sur la route des vins, le marais, site naturel classé, doit son existence à la rivière Goulaine qui alimente près de 110 km de douves, de canaux et deux étangs, Claude Dupas et Adrien Menereau. Entre les deux, les vignes de muscadet serpentent sur les collines et donnent au cadre une vision idyllique.

La balade peut commencer en s’arrêtant au niveau du Pont de l’Ouen, avec comme objectif possible de prendre le sentier qui monte au milieu des vignes sur la butte de la Roche (47 m, ce n’est pas le Mont-Blanc non plus !) qui offre un large panorama sur la région : une vision à 360° où l’on peut même apercevoir Nantes et la tour Bretagne au loin.  

En redescendant, allez faire un tour à la Maison Bleue, lieu d’exposition permanente qui peut être également le point de départ pour une sortie en barque. Et, surtout, prenez le temps de regarder ; plus grande frayère à brochet de France, le marais de Goulaine est surtout un lieu privilégié pour observer les oiseaux : l’alouette Lulu, la foulque macroule, le grèbe huppé, la grande aigrette…

L’amateur de belles demeures peut également trouver son compte. De cette belle nature ressort la belle façade Renaissance du château de Goulaine qui abrite le musée officiel de La Maison LU ; visite gourmande et non moins intéressante sur une autre gloire locale. Et si vous voulez poursuivre, Clisson, charmante ville de style toscan, est à seulement 15 km de là.

Le marais Audubon

Le marais Audubon
Maison dans la Loire © Altitude Drone - Shutterstock

Situé à peine à 10 km de Nantes en descendant la Loire juste après Couëron, le marais d’Audubon vous offre 200 ha de zone humide. Son nom vient de Jean-Jacques Audubon (1785-1851), peintre et ornithologue, né à proximité et dont La Gerbetière, sa demeure noble du 17e siècle et son beau jardin abritant des espèces exotiques, se visite.

L’artiste a fait ses premières peintures naturalistes ici même, observant les différents oiseaux qui viennent nicher là et notamment des cigognes venues chercher en hiver un peu de douceur dans le pays nantais.

Rendez-vous à l’étier de Dareau, où, après le chantier naval de Loïc Fouchard (charpentier de marine et célébrité locale), vous pourrez garer votre voiture et partir en balade, à pied ou à vélo. Autour de vous, différents sentiers et routes bordés de grands peupliers permettent de donner un peu d’ombrage à un relief plat. Les différents canaux structurent cette nature simple, lui donnant également son particularisme.

En repartant, faites une halte à Couëron, avec son église paroissiale du 19e siècle, son ancienne usine de plomb (avec deux grandes tours et une grande halle) réhabilitée en médiathèque et, plus généralement, profitez de la promenade en bord de Loire, récemment aménagé. Ne soyez pas surpris de voir là une maison dans la Loire, œuvre land art de Jean-Luc Courcoult.

Fiche pratique

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Loire-Atlantique Tourisme

Où dormir ?
Chambres d’hôtes La Guérandière : 5, rue vannetaise, 44350 Guérande. Tél. : 02 40 62 17 15. Située dans la ville close, à deux pas des remparts, une agréable maison bourgeoise avec jardin (idéal pour le petit déj). La propriétaire est fan de déco et cela se voit ! Une adresse de charme en somme. Chambre double de 67 à 97 €, suite familiale de 119 à 139 €

- Chambres d’hôtes Il était une fois chez moi : 10, route de Nantes, 44430 Le Loroux-Bottereau. Tél. : 06 51 02 09 91. Située dans le vignoble nantais à quelques kilomètres de Haute-Goulaine, une belle demeure de 1870 vous fait profiter de ses chambres d’hôtes décorées avec goût et d’un jardin où trône un grand séquoia. Luxe, calme et volupté à partir de 75 € pour deux personnes.


Où manger ?

- Bistrot gourmand le 11 : 11, rue de Verdun, 44160 Pont-Château. Tél. : 02 40 42 23 28. Situé à l’est du parc naturel régional de Brière, un joli bistrot tenu par un ancien chef d’un restaurant gastronomique et favorisant les produits locaux et de saison. Formule déjeuner à partir de 15,50 €. Le soir les prix montent (formule à 33 euros), mais l’originalité, l’inspiration et les saveurs augmentent encore plus.

Crêperie Fleur de sel : Village de Kervalet, 44740 Batz-sur-Mer. Tél. : 02 40 23 90 73. Ouvert toute l’année (le week-end seulement en hiver) une bonne crêperie située dans le charmant village paludier de Kervalet. L’été au jardin, l’hiver au coin du feu. Aux galettes classiques s’ajoutent certaines plus gourmandes comme la Compostelle (noix de saint-jacques flambées vermouth, fondue de poireaux maison). L’hiver, la crêperie propose de déguster un Kig Ha Farz, le pot au feu breton cuisiné au feu de bois : ça tient au corps, mais c’est délicieux !

- Hôtel restaurant La Bosselle : 8, rue du Port, 44310 Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. Tél. : 02 40 78 73 47. Ici on déguste les poissons du lac, anguille et sandre. Mais pas que ! La cuisine est somme toute classique (terre et mer), mais favorise toujours les bons produits. Menu à 29 et 39 €.

- Le François 2 : 5, place Aristide Briand, 44220 Couëron. Tél. : 02 40 38 32 32. À 5 minutes du marais Audubon, une bonne adresse à découvrir avec une cour intérieure (si le temps le permet). Cuisine de terroir de qualité avec une spécialité maison, le pigeon de Pornic préparé en deux cuissons. Menu de 31 à 46 €.

Texte : Denis Zorgniotti

Mise en ligne :

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