Hyères et la presqu’île de Giens : sous le soleil du Var

Hyères et la presqu’île de Giens : sous le soleil du Var
Hyères © Jonathan Stutz - stock.adobe.com

C’est l’une des communes les plus étendues de France : son territoire s’allonge sur 30 km du nord au sud, de la vallée de Sauvebonne à la pointe de la presqu’île de Giens. Hyères, l’une des plus anciennes stations balnéaires de France, a conservé son atmosphère de vacances en bordure de Méditerranée, entre belles villas et plages alanguies. Sans compter les îles d’Or – Porquerolles, Port-Cros et Le Levant –, à portée de bateau... Embarquement immédiat pour le soleil du Var.

Hyères, pionnière des stations balnéaires

Hyères, pionnière des stations balnéaires
Rue Rabaton © Jonathan Stutz - stock.adobe.com

Pionnière des stations balnéaires de la Côte d’Azur, Hyères attire dès le 19e s du beau monde, de Lamartine à Talleyrand, de Stevenson à la reine Victoria, de Tolstoï à la reine d’Espagne. Il faut dire que la ville a de quoi séduire. Le goût oriental, alors en vogue, s’y exprime avec bonheur dans l’art de la pierre comme dans celui des jardins, plantés de palmiers et de plantes exotiques.

Les Anglais ne pouvaient qu’apprécier ce littoral au climat doux même au cœur de l’hiver. Le développement du chemin de fer et par voie de conséquence l’extension du tourisme d’hiver ont permis à la ville, qui avait souffert de la concurrence de Toulon, de se refaire elle aussi une santé.

Beaucoup de palmiers ont disparu, tout comme les splendides villas qui fleurirent au fil des décennies ; il en reste encore quelques-unes, comme l’imposant Park Hôtel, sur l’avenue Jean-Jaurès, ou l’étonnante villa Godillot au 70, avenue Riondet. Quant à la villa Noailles, dans les hauteurs de la ville, elle est devenue un Centre d’art moderne qui justifie à lui seul la montée à travers les ruelles étroites de la vieille ville.

Avec l’arrivée en 1936 des premiers « congés payés », Hyères s’est offert une vocation de station populaire. Une image de France du sud douce à vivre qu’on retrouve sur les cartes postales et les affiches de l’époque, ou celles de Monsieur Z, à la boutique de l’office de tourisme. Nostalgie, nostalgie...

Noailles et les villas Belle Époque de Hyères-les-Palmiers

Noailles et les villas Belle Époque de Hyères-les-Palmiers
Villa Noailles © JHOTPEV - stock.adobe.com

Pour découvrir Hyères, il faut prendre le temps d’arpenter les ruelles étroites de la vieille ville médiévale jusqu’à la collégiale, avant de grimper jusqu’à un lieu étonnant.

La villa Noailles fut construite par Mallet-Stevens, entre 1924 et 1933, pour Charles et Marie-Laure de Noailles, richissimes mécènes, amateurs d’art moderne. Dépouillée il y a quelques décennies de tout ce qui faisait sa vie autrefois, elle revit à travers les documents d’époque. Il suffit d’une image, d’un extrait de film pour ressentir l’incroyable bouillonnement intellectuel et créatif de l’entre-deux-guerres. Man Ray tourna ici son premier film (Les Mystères du château de Dé), Giacometti travailla dans un atelier au milieu du parc, Buñuel écrivit en 1930 le scénario de L’Âge d’or, Cocteau et bien d’autres artistes y séjournèrent.

Maison « infiniment pratique et simple », comme la souhaitait le vicomte de Noailles, cet immense volume de cubes superposés accueillant la lumière par de grandes baies vitrées ne doit rien au béton, en fait : juste des briques et enduits naturels. Elle s’étendait dans les années 1930 sur 2 400 m2 dont 600 de terrasses, et englobait un gymnase, un terrain de squash et une piscine couverte dotée d’un ingénieux mécanisme permettant d’escamoter les baies vitrées dans le sol. Novatrice également pour ses jardins, dessinés par Gabriel Guevrekian, la villa accueille aujourd’hui de remarquables expositions temporaires montées autour de quatre pôles (mode, photo, design, musique) et le festival Design Parade en été (horaires spécifiques).

En redescendant, suivez le « parcours des arts », les artistes et artisans redonnant vie peu à peu à des boutiques qui avaient vu leurs vitrines et leur fonds de commerce disparaître.

Un littoral qui a la cote depuis les Grecs

Un littoral qui a la cote depuis les Grecs
Plage de l'Almanarre © minicel73 - stock.adobe.com

C’est à partir du Moyen Âge seulement que le bord de mer, peu sûr, fut délaissé au profit de la colline voisine. Si la voiture est déconseillée dans les rues étroites de la vieille ville, elle est la bienvenue pour découvrir le littoral.

Le long de la route du Sel qui mène à la presqu’île de Giens, la plage de l’Almanarre, fréquemment ventée, est devenue LE spot de fun-board et autre kitesurf de la Côte. C’est ici que les Grecs posèrent leur voile et édifièrent un comptoir fortifié nommé Olbia, vers 350-325 av. J.‑C. Des fouilles ont exhumé d’intéressants vestiges de la cité d’origine, mais également des traces plus récentes, romaines puis médiévales (le site se visite).

Cette forteresse a été édifiée à la base du double tombolo qui relie la presqu’île de Giens au continent. Il s’agit de deux cordons de sable qui forment un isthme enfermant des marais salants. Un phénomène rarissime (il n’en existe que deux autres en Europe) à observer le temps d’une balade, guidée ou non, autour de l’histoire des salins, ou celle des flamants roses, venus en voisins de Camargue, et d’une foule d’autres oiseaux.

La route du Sel qui longe la côte ouest du tombolo au départ de l’Almanarre, est exposée au mistral et souvent inondée. Elle est interdite à la circulation automobile du 15 novembre au 15 avril environ (dates fluctuantes d’une année sur l’autre), profitez-en. L’office de tourisme organise également une visite dédiée aux enfants. Ne pas rater non plus les randonnées et balades à thème de « La tortue en rando », originales et insolites.

Petites balades sur la presqu’île de Giens

Petites balades sur la presqu’île de Giens
Tour Fondue © Reinhard - stock.adobe.com

À l’est et le long du tombolo de la presqu’île de Giens, des plages familiales abritées du vent comme La Capte, La Bergerie ou La Badine se révèlent idéales pour les enfants du fait de la faible profondeur de l’eau. Et pour ceux qui ne rechignent pas à faire une balade avant la baignade, quelques belles petites plages sont à découvrir, comme celle de la pointe des Chevaliers.

Sur la presqu’île, il faut pousser jusqu’au joli village perché de Giens qu’adorait Saint-John-Perse (il repose en paix au cimetière) ou jusqu’au croquignolet petit port de pêche du Niel, niché dans une calanque, aménagé à partir de 1928 à l’initiative de Louis Renault. Pour les fans du Grand Bleu, une scène du film y a été tournée.

Calanques, pointes et baies se succèdent avec les îles d’Hyères à vos pieds : pour les sportifs, une belle randonnée solitaire de 6 km est à faire en boucle, de l’extrémité ouest du port de La Madrague à l’ouest de Giens. Certains sentiers sont escarpés, mais cela vaut le coup. Inutile de compter faire le tour complet de la presqu'île (28 km, 9 heures en tout).

Plus à la portée de tous, à la Tour Fondue, le sentier archéologique marin permet de faire en été le tour d’une épave reconstituée. Vous ne rêvez pas, les amphores immergées par 6 m de fond proviennent effectivement d’une galère découverte à la Madrague de Giens…

De l’embarcadère, des bateaux conduisent vers les îles d’Hyères, dont la célèbre Porquerolles.

Fiche pratique

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Visit Var

Office de tourisme de Hyères

Comment y aller ?

TGV jusqu’à Hyères ou vols avec Air France jusqu’à l’aéroport Toulon-Hyères.

 Adresses

Hôtel Lido Beach : 5, av. Émile-Gérard.  Cet hôtel pieds dans l’eau des années 1950 a subi un lifting très réussi dans l’esprit vintage chic. Restauration très glamour en terrasse sur la plage.

La Reine Jane : 1, quai des Cormorans, L’Ayguade. Bel hôtel des années 50 entièrement rénové. 14 chambres revues par des designers invitant chacun à un voyage différent autour de la Méditerranée. Bistrot contemporain.

Au Péché Mignon : 7, pl. de la République. Une passionnée de cuisine qui continue de faire tout comme à la maison : blanquette de veau, tomates farcies, sauté de porc à l’ancienne.

Chez Lulu : 14 bis, av. des Îles-d’Or. Un coin d’Italie incroyable à l’entrée du vieux Hyères. Formule plus simple, plus « épicerie », pour grignoter sur le pouce, ou boire l’aperitivo en fin de semaine, au Frigo de Lulu tout à côté.

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Visites

Un circuit balisé « parcours des arts » relie l’ensemble des lieux et édifices remarquables du centre. Rendez-vous à la galerie des arts, tout à la fois vitrine du parcours, point info et atelier. Plus d’infos sur www.hyères.fr

Marie, guide et brevet d’État, vous fait découvrir les sentiers de Porquerolles et de la presqu’île de Giens. Contact : latortueenrando@gmail.com  

Texte : Gérard Bouchu

Mise en ligne :

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