Agenda culturel, fêtes et festivals

Yap Day en Micronésie

Le Yap Day, le 1er mars, est la seule fête de l'année en Micronésie à atteindre un tel faste et de telles proportions. Inauguration d’une maison commune, mariage dans un clan de haute caste, remise des diplômes de fin d’année, toutes les occasions sont bonnes pour faire la fête et danser, mais aucune fête n’atteint le faste de Yap Day.
Loin de remonter à l’origine des temps, l'événement a été créé en 1969, dans le sillage des grandes revendications indépendantistes qui agitèrent alors la Micronésie comme le reste du Pacifique.
La fête du Yap Day permet aujourd’hui des retrouvailles émues avec la tradition, en marge d’un monde en constant bouleversement. L’occasion est offerte de naviguer à nouveau sur les grands canoës traditionnels, mais aussi de rejouer pacifiquement la compétition qui demeure entre municipalités. Enfants et jeunes s’affrontent lors de concours traditionnels de lancer de javelot (visez la noix de coco !), de vannerie, de jonglerie. Mais la danse reste l’élément central, apprécié par un auditoire d’autant plus attentif que tous, à un moment ou l’autre, ont participé ou participeront aux chorégraphies.

Préparatifs du Yap Day :
Chaque année, en février, dans les semaines qui précèdent Yap Day, la modernité en prend un coup. Combattant les influences de la télévision et la morale envahissante instillée par les écoles religieuses, filles et garçons retrouvent, le temps des répétitions, les tenues du passé. Les femmes plus âgées, elles, ne se font pas prier, endossant leur seul vêtement : un ample lava-lava descendant jusqu'aux chevilles.
Jour après jour, les préparatifs s'accélèrent. Participer est une décision lourde de sens, qui engage la fierté de toute la communauté. La danse n’est jamais exécutée à titre individuel, mais collectif. Il importe donc que, au terme de longs mois d’entraînement, les danseurs soient fin prêts, leurs gestes précisément posés, leurs expressions justes, leur coordination exemplaire. Un seul mot désigne l’attitude attendue : towrug, « faire ce qui est approprié en toutes circonstances et avec dignité ».

Le rôle de la danse dans le Yap Day :
La danse est la forme artistique par excellence de la culture yapese. Elle sublime l’histoire locale dans toute sa diversité. Les thèmes évoquent tour à tour de grands ancêtres, des héros mythiques, des faits d’armes au cours des guerres tribales passées et le statut né de ces conflits, privilégié pour les uns, subalterne pour les autres. L’invocation n’est pas figée dans le temps : une chorégraphie fait ainsi revivre la difficile occupation de l’île par les Japonais jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Une autre, inspirée des marches militaires occidentales, est consacrée au Compact of Free Association signé avec les États-Unis.

Le 1er mars : Yap Day :
Le jour J, le 1er mars, les tenues sont plus enluminées, avec des jupes en fibres colorées, des calicots, des pompons. La délicate danse assise, accompagnée par les chants a cappella des matrones, inaugure le rapport des hommes aux forces surnaturelles. Les hommes suivent avec leur danse debout, rythmée par de grandes claques sur les cuisses, tandis que les pieds frappent puissamment le sol, faisant voler la poussière. D’autres danses, en temps normal interdites aux regards du sexe opposé, évoquent les rapports intimes.
Mais l'apothéose vient avec la danse guerrière des bambous, à laquelle tous prennent part. Les bâtons claquent, les partenaires tournent, face à face puis dos à dos, en une ronde sans cesse renouvelée. Dans quelques jours, chacun se retrouvera encore sur ses terres pour la « pendaison de la danse », une dernière répétition en guise d’au revoir.

Quand : le 1 mars 2020

Fiche destination : Micronésie

Agenda Micronésie

Voyage Micronésie

Bons Plans Voyage

Services voyage