Carte d'identité Tunisie

- Superficie : 163 610 km², dont 25 000 km² de désert.
- Population : 11,3 millions d'habitants (estimation 2016).
- Densité : 65 hab./km² ; les deux tiers habitent en zone urbaine.
- Capitale : Tunis (744 000 habitants, 2 000 000 avec l'agglomération).
- Religions : islam, religion officielle. On compte 98 % de musulmans, 1 % de juifs et 1 % de chrétiens.
- Langue officielle : arabe.
- Monnaie : le dinar tunisien.
- Chef de l'État : Béji Caïd Essebsi (Nidaa Tounès, parti laïc ; élu en décembre 2014).
- Indice de développement humain : (espérance de vie, éducation, niveau de vie) : 0,725. Rang mondial : 97 sur 187 pays.
- Salaire minimum : 338 Dt (environ 113 €) ; salaire moyen net entre 650 et 750 Dt (autour de 220-250 €).
- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco : la médina de Tunis, le site archéologique de Carthage, l’amphithéâtre d’El-Jem, le parc national d’Ichkeul, le site de Kerkouane, la médina de Sousse, Kairouan et Dougga.

Économie

Une économie fragilisée, à assainir

Si la croissance n'avait cessé de progresser jusqu'à la crise internationale de 2008-2009, cela n'a pas suffi à diminuer les inégalités et le profond sentiment de malaise social qui en découle, ni à régler la question centrale : le chômage. Son niveau est toujours resté préoccupant et atteignait (officiellement) autour de 15,5 % de la population active en 2017.

Pour continuer à attirer les investisseurs étrangers, les salaires ont été maintenus à un faible niveau.

Une économie en pleine mutation

La révolution a fait naître de nombreux espoirs. Les revendications salariales se sont multipliées, notamment pour l'instauration de salaires décents. Malheureusement, les choses ne vont pas aussi vite que ce que l'on pourrait espérer... Une partie de l’économie tunisienne a été quasi paralysée lors de la révolution, et les secteurs du tourisme, du transport, du commerce ou encore des travaux publics ont été particulièrement touchés.

Après une année 2011 de récession (- 2 %), dès 2012, la croissance économique est repassée dans le vert, atteignant 2,3 % en 2017.

Des mesures d'urgence

L’État a fort à faire pour démêler la toile tissée par les anciens dirigeants et stopper la gangrène qui a ravagé de larges secteurs. Les différentes mesures visent avant tout la relance du marché du travail et encouragent l’investissement dans les régions dites « prioritaires », dans le Centre et le Sud.

Mais l’économie tunisienne pâtit entre autres du soutien limité des grands bailleurs internationaux (FMI, Banque mondiale, États-Unis), qui conditionnent leurs prêts à une amélioration de la sécurité dans le pays. Un processus que la Tunisie est donc censé mener alors que son budget est déjà exsangue.

De plus, les Tunisiens devront retrouver un esprit d’entreprise et des ambitions à la hauteur de leur savoir-faire.

Les principales ressources naturelles

Même si la Tunisie tire des bénéfices substantiels de ses ressources pétrolières, celles-ci baissent régulièrement et le pays doit importer du pétrole. En 2011, une campagne de forages a mis en évidence la présence d'un important gisement pétrolier et de gaz naturel au large de Gabès, qui sera exploité à partir de 2020.
En attendant, la Tunisie exploite au maximum le gaz naturel qui couvre 97 % de la production d’électricité, lui permettant aussi d’exporter du gaz en Italie.

Les mines de fer et de phosphates (une roche sédimentaire qui entre dans la composition des engrais) sont aussi largement exploitées, même si la filière a connu de forts remous depuis 2011, en raison d’importants mouvements sociaux après la révolution.

Les autres ressources

La fortune du clan Ben Ali-Trabelsi a été estimée en 2008 à 5 milliards d’euros par le magazine américain Forbes. Mais le rapatriement des biens à l’étranger (apparemment gigantesques !) reste difficile et relève de procédures particulières et complexes. Des enquêtes ont été lancées dans l’Union européenne pour saisir ses avoirs.

Services et tourisme, moteurs de l'économie ?

La contribution des services est estimée à environ 61 % du PIB. Les nouvelles technologies (centres d’appels, télécommunications) se révèlent être le moteur de l’économie tunisienne. Une particularité, la croissance tunisienne est tirée par sa demande intérieure plus que par les exportations.

Le tourisme occupe habituellement une place prépondérante, que ce soit en part du PIB (environ 7 %) ou en nombre d’employés (environ 15 % de la population active). Il reste en principe le 1er pourvoyeur de devises.
À la suite de la révolution, en 2011, et des attentats au musée du Bardo et sur une plage de Port-el-Kantaoui, en 2015, fréquentation a brutalement chuté.

Les années 2016-2017 ont vu une forte augmentation du nombre de visiteurs, notamment grâce à l’arrivée massive de touristes russes et algériens.
Dans le but de corriger les travers du tourisme de masse symbolisé par les hôtels-clubs des zones balnéaires, les autorités tunisiennes ont entrepris de diversifier l’offre touristique, en encourageant le tourisme alternatif (historique, culturel, médical, sportif...).

L'industrie, un secteur vital

L'industrie emploie près d'un tiers des Tunisiens et représente environ un tiers du PIB.
Le secteur est particulièrement dynamique, notamment grâce au bâtiment, au génie civil, aux industries mécaniques et électriques.Le textile, certes toujours florissant, subit la concurrence étrangère.

L'agriculture, un secteur exportateur

L'agriculture et la pêche occupent un peu plus de 15 % de la population et représentent environ 10 % du PIB, mais cette part varie sensiblement d'une année à l'autre selon les aléas climatiques. Le développement du secteur agricole s'est appuyé sur une politique de forte mobilisation des ressources hydrauliques.

L'olivier est la principale ressource agricole, très tournée vers l'exportation. La production de dattes a connu une forte hausse grâce aux nouvelles techniques d'irrigation et d'emballage : le pays est devenu le 1er exportateur au monde.

Après l'huile d'olive et les dattes, le secteur d'activité le plus rentable est celui des produits de la pêche et de l'aquaculture.

Droits de l'homme

Transition démocratique en trompe-l’œil ou réelle mais lente évolution vers plus de libertés : le discours des organisations tunisiennes tranche souvent avec l’œil souvent un peu trop bienveillant des pays occidentaux. Pour beaucoup, le compte n’y est pas. Certes, la presse s’est largement émancipée depuis la chute de Ben Ali et le débat démocratique a gagné en intensité. Certaines dispositions, comme l’imprescriptibilité des actes de torture, ou l’obligation de la présence d’un avocat dès le début d’une garde à vue ont également été saluées par les défenseurs des Droits de l’homme.

Mais fondamentalement, l’appareil policier et répressif est resté peu ou prou le même, particulièrement à l’égard des couches populaires, et les premières raisons qui avaient poussé Tunisien( ne)s dans la rue, en 2011, n’ont pas évolué. La crise, le chômage, les inégalités et la hausse des prix ont une nouvelle fois jeté des centaines de milliers d’entre eux dans la rue.
En réponse, l’état d’urgence a été instauré à plusieurs reprises dans tout le pays, et les mouvements de protestation, comme ont été violemment réprimés. Les lois antiterroristes adoptées après les attentats de 2015 ont, en outre, conféré au ministre de l’Intérieur des pouvoirs étendus.
Les ONG dénoncent notamment le fichage S17, qui impose aux personnes concernées de rester dans leur gouvernorat d’origine. L’évolution de la Tunisie est d’autant plus scrutée par la communauté internationale qu’elle se trouve au milieu d’un théâtre géopolitique extrêmement dangereux.

Le débat autour de l’islam et de sa place au sein de la société tunisienne s’est particulièrement cristallisé lors de l’adoption de la Constitution de 2014. La notion de « charia » avait alors été rejetée, même si l’islam demeurait la religion de « l’État civil » tunisien.
La « liberté de conscience » a même été proclamée, une première dans le monde arabe.
Plusieurs lois ont, par ailleurs, été adoptées qui visaient à améliorer l’égalité hommes-femmes promue par le texte fondamental.

Enfin, la Tunisie est l’une des principales bases de départ des milliers de migrants qui tentent la traversée vers l’Europe, au risque d’y laisser leur vie.

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