Culture et histoire Guyana

Histoire

Habité par des peuples Arawaks (sur la côte) et Caraïbes (dans les terres), le territoire de l’actuel Guyana n’entre dans l’histoire comptée qu’en 1499, lorsque Alonso de Ojeda remonte le río Essequibo pour le compte de la couronne d’Espagne.

117 ans plus tard, ce sont les Hollandais, débarrassés de la tutelle ibérique, qui fondent le premier établissement permanent, 25 km en amont de l’embouchure du fleuve. D’autres postes se développent et, en 1648, un traité reconnaît leur souveraineté sur la région – développée sous l’égide de la Compagnie Néerlandaise des Indes Occidentales.

Les plantations de tabac, puis de canne à sucre, nécessitent de la main-d’œuvre : l’esclavage africain se développe, certes dans des proportions limitées comparé à d’autres régions – mais au XVIIIe siècle, les Noirs sont déjà 10 fois plus nombreux (3800) que leurs maîtres blancs (350). Plusieurs rébellions marquent l’histoire coloniale hollandaise du territoire, notamment en 1763-64, lorsqu’un certain Cuffy parvient à chasser les planteurs de la moitié du pays pendant un an.

La capitale guyanienne est française, ou presque… Elle a été fondée en 1782 par les Français sous le nom de Longchamps, avant de retourner en 1784 dans le giron des Hollandais, qui la rebaptisèrent Stabroek. En 1812, les Anglais en firent Georgetown.

Soucieux d’attirer des colons potentiels, les autorités hollandaises ouvrent le fleuve Demerara aux planteurs britanniques, qui affluent. Bien mal leur en prend : bientôt, l’Angleterre s’intéresse de très près à ces terres. Une première guerre éclate en 1781, mais c’est en 1796 que les soldats de Sa Majesté débarquent, après l’occupation de la Hollande par la France révolutionnaire. Mis à part un court interlude, ils n’en repartiront plus : en 1814, le territoire est officiellement cédé à la Grande-Bretagne.

Administrées par un gouverneur nommé par le roi, les différentes colonies sont réunies en 1831 sous le chapeau de la Guyane Britannique. Quelques années plus tôt, le territoire a connu une grande révolte des esclaves et, sous la pression de l’opinion, le Royaume-Uni abolit l’esclavage en 1838. Une nouvelle main-d’œuvre doit être trouvée : tout au long de la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu’en 1917, des travailleurs sous contrat débarquent du Portugal, de Chine, puis d’Inde. En deux générations, le visage du pays se trouve radicalement modifié.

La pression de la majorité (sous la forme d’émeutes épisodiques !) force peu à peu les planteurs à accepter des (timides) réformes politiques et à introduire davantage de représentativité. En 1928, la Guyane Britannique est faite colonie de la Couronne et un Conseil législatif est créé – mais ses membres restent nommés…

Après-guerre, les exigences de démocratie s’intensifient. Les années 1950 voient l’émergence de deux partis, tous deux indépendantistes et néanmoins rivaux, à l’image de leurs leaders respectifs : le People’s Progressive Party (PPP) de Cheddi Jagan, représentant principalement la population indienne du pays, et le People’s National Congress (PNC) de Linden Forbes Burnham, soutenu par les Afro-guyaniens. En 1953, un système bicaméral est introduit et le suffrage universel enfin adopté – même si le Royaume-Uni continue de freiner des quatre fers… Soucieuse d’éviter la mainmise d’un groupe ethnique spécifique et… d’empêcher l’arrivée au pouvoir d’une force procommuniste, la « mère-patrie » favorise finalement le succès d’une coalition PNC-TUF (conservateur), qui mène le pays à l’indépendance en 1966. Quatre ans plus tard, le pays choisit de mettre la reine Elizabeth au rencart et devient une république. Bien fait.

Dans les années 1970-80, l’économie est nationalisée brutalement, plongeant le pays dans la récession. Le PNC se maintient au pouvoir jusqu’en 1992 lorsque, enfin, le PPP réussit à s’imposer lors d’élections inhabituellement transparentes ; Cheddi Jagan devient président. Après sa mort, sa femme Janet (une américaine de confession juive) lui succède en remportant les élections présidentielles de 1997, mais le résultat est contesté par le PNC et le pays plonge quelques mois durant dans l’instabilité et la violence. Le calme est depuis revenu, mais l’opposition frontale entre PPP et PNC perdure.

Littérature

Si on connaît fort peu les auteurs guyaniens dans le monde francophone, deux d’entre eux se sont imposés dans le monde anglophone en remportant le prix du meilleur premier livre du Commonwealth Writers’ Prize. Il s’agit de Pauline Melville, actrice et écrivaine (née en 1948), récipiendaire du prix en 1991 pour Shape shifter (traduit en français sous le titre : Le Jeu des transformations), et de Mark McWatt, couronné en 2006 pour Suspended Sentences : fictions of atonement.

En remontant un peu le temps, on pourra s’intéresser à E.R. Braithwaite (né en 1912), auteur de To Sir, With Love, porté à l’écran en 1967 avec Sidney Poitier – en français sous le titre Les anges aux poings serrés. Diplômé du City College de New York, pilote de la Royal Air Force durant la Seconde Guerre mondiale, docteur en physique de l’université d’Oxford, Braithwaite raconte dans ce livre sa vie de prof dans la banlieue est (mal famée) de Londres, entouré d’enfants à la dérive. Plus largement, son œuvre aborde la difficulté à trouver sa place dans la société pour un homme noir éduqué.

Pour une vision plus spécifiquement guyanienne, Edgar Mittelholzer (1909-65) est le premier écrivain de la zone caraïbe à avoir fait (une petite) carrière en Europe. Jeune, il vendait ses nouvelles en porte à porte à New Amsterdam ! Son premier roman, Corentyne thunder, écrit en 1938 et publié en 1941, n’eut pas immédiatement le succès espéré : une bombe allemande détruisit l’essentiel du stock à peine sorti de presse… Mittelholzer, singularisé dans son monde, a exploré avec passion l’héritage colonial et esclavagiste de sa terre natale. Dépressif chronique, il s’est suicidé en s’immolant par le feu. Sa Kaywana Trilogy peint le portrait d’une famille guyanienne sur 350 ans.

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