Transports et déplacements Bolivie

Même si le réseau se développe, le ripio (pistes) reste plus fréquent que l’asphalte en Bolivie dès que l’on quitte les grands axes.
Si vous le pouvez, préférez la saison sèche (de mai à octobre) pour circuler plutôt que la saison des pluies qui rend les routes très glissantes et certaines pistes impraticables.
Au final, armez-vous de patience et concoctez-vous un itinéraire ménageant à la fois votre budget et vos reins...

Bus

Les bus sont nombreux et bon marché, à défaut d’être particulièrement rapides et sûrs ! La presse fait régulièrement état d’accidents dus au mauvais état de certains véhicules ou des routes, aux intempéries, au manque d’attention des chauffeurs, à leur état de fatigue ou... d’ébriété. Les pannes ne sont pas rares non plus.
Autant certaines compagnies disposent de bus récents et confortables (avec AC, chauffage et toilettes à bord), autant d’autres roulent dans des quasi-épaves !

Il faut dire que les pistes ne sont pas tendres et qu’une compagnie récente a vite fait de se retrouver avec des bus déglingués... Parmi les meilleures, citons El Dorado et Trans Copacabana I. Mais attention, les rachats sont courants et les changements de nom aussi (sans compter les compagnies qui portent presque le même nom !).

Outre les pannes, les imprévus sont multiples : barrages « citoyens », grèves, travaux, inondations pendant la saison des pluies (surtout dans les parties basses du pays)... On a vu des bus mettre 1 semaine pour relier Rurrenabaque à Guayaramerín ! Bref, s’ils partent généralement à l’heure, les horaires d’arrivée sont bien aléatoires... Gardez votre calme et, surtout, prévoyez très large si vous avez un avion à prendre !

- En règle générale, sur les longs trajets, les départs des différentes compagnies sont groupés en fin d’après-midi ou le soir, et le voyage se fait de nuit pour arriver au matin.

- La concurrence est si rude que les vendeurs de cetaines compagnies se ruent aux abords du terminal pour vous vendre un billet dans le prétendu prochain bus prêt à partir. Mais en fait, une ou deux autres flotas risquent de partir avant... Ne vous précipitez pas et comparez les horaires.

- Les tarifs sont pour la plupart réglementés et affichés dans les gares routières. Les compagnies appliquent donc toutes peu ou prou les mêmes, alors qu’elles n’offrent pas toutes le même niveau de confort ni de sécurité.
Tout en bas de l’échelle, les bus « standard » auront vite fait de vous user les reins sur les longs trajets. Pour espérer dormir un peu, mieux vaut privilégier les « semi-cama » ou « cama », ces derniers étant pourvus de sièges fortement inclinables. Attention, ils sont en général deux fois plus chers que les bus ordinaires, mais l’investissement peut en valoir la peine. Il existe même quelques bus « suite » avec couchettes intégrales.

- Achat des billets : les compagnies n’ont pas de site internet. Aucune réservation ne peut se faire en ligne. La solution consiste à se rendre directement au comptoir de la compagnie, la veille du départ, ou le jour même pour les grandes gares routières (La Paz, Santa Cruz, Cochabamba...).

- Certaines compagnies vous diront que leurs véhicules sont chauffés pendant les trajets de nuit.

- Avant le départ, dans tous les terminaux, une taxe de 1,50 à 3 Bs est imposée pour accéder aux quais.

- Il existe des compagnies, chères mais confortables, destinées aux touristes, notamment Hop!, qui propose des forfaits valables 1 an : La Paz-Copacabana-Cusco (environ 40 US$), avec extension au Pérou jusqu’à Arequipa, Nazca et Lima.
On achète son pass sur Internet en choisissant les jours où l’on veut voyager : le bus vient vous chercher et vous dépose à votre hôtel.

Micros, minibus et camions

Micros et minibus

Il convient de différencier le bus du micro et du minibus (combi). Là où le 1er dispose d’une cinquantaine de places, le 2e (pas si micro que ça) en a généralement une grosse trentaine et le 3e une quinzaine (mais en poussant un peu...). Les micros, souvent vieillots et poussifs, circulent surtout en ville et sur les courtes distances.
- Les minibus : généralement plus rapides que les bus, offrent une option intéressante sur les trajets de quelques heures. Ce sont eux qui assurent, en général, la desserte des villages, voire des petites villes, les vrais bus se limitant aux grands axes. Les bagages voyagent toujours sur le toit. Généralement, on les couvre avec un plastique pour les protéger de la poussière et de la pluie mais, avec les cahots, vous risquez fort de récupérer vos affaires teintées d’ocre rouge.  
Ajoutez à cela les fenêtres qui ferment mal et les pneus usés par les pierres des caminos de ripio... l’aventure, quoi !
Bref, le minibus, ce n’est pas le grand confort mais le moyen de transport idéal pour rencontrer les locaux. Assis les uns sur les autres, on discute plus facilement...

Le camion

Encore moins cher que les autres moyens de transport, le camion prend généralement le relais là où les bus s’arrêtent. C’est sûrement la façon la plus typique, mais aussi la plus inconfortable et la plus lente de voyager (10-20 km/h en montagne)...

Avion

Relativement bon marché et bien pratique, l’avion permet un sacré gain de temps par rapport au bus. Exemple : La Paz-Rurrenabaque : 40 mn de vol contre 14h de route, ou Santa Cruz-Sucre 40 mn de vol contre 12-16h de bus ! Faites vos comptes. Il serait dommage de ne pas prendre aussi le bus, partie intégrante de l’expérience du voyage en Bolivie... Et puis, ainsi, on se rend mieux compte des changements de paysages entre Altiplano et terres basses.

- Les vols intercontinentaux faisant tous escale à Santa Cruz, on vous conseille d'y commencer votre périple, histoire de vous acclimater en douceur à l’altitude. En effet, Santa Cruz n’est qu’à 500 m. De là, on rejoint facilement Cochabamba, à 2 500 m (via Samaipata, à 1 650 m), puis Sucre à 2 700 m, et enfin, l’Altiplano, avec La Paz, le Salar, Potosí... qui oscillent entre 3 500 et 4 000 m.

Les différentes compagnies

4 compagnies se partagent le marché intérieur.

  • La principale, BoA (Boliviana de Aviación), assure des vols fréquents entre les principales villes.
  • Amaszonas dessert à la fois Rurrenabaque en Amazonie (le plus souvent à bord de petits avions de 19 places), Uyuni, Sucre, Santa Cruz et Cochabamba, ainsi que Iquique au Chili.
  • Ecojet couvre un peu tout le territoire, notamment Trinidad et le nord de l’Amazonie.
  • La TAM (Transporte Aéreo Militar) s’est transformée en compagnie commerciale classique, après avoir dépendu de l’armée bolivienne, mais n’a pas bonne réputation. Elle dessert l’Amazonie (Rurrenabaque, Cobija) et le Beni (Riberalta, Trinidad).

Sachez que les retards sont assez fréquents et les annulations possibles en cas de fortes pluies (Amazonie) ou de brouillard (Altiplano), quelles que soient les compagnies.

Autre info essentielle : réserver bien à l’avance en haute saison.

Train

Le réseau ferré bolivien fonctionne plutôt bien, mais il est réduit à une peau de chagrin. Ferroviaria Andina dessert l’itinéraire Oruro-Uyuni-Tupiza- Villazón (frontière de l'Argentine) 4 fois par semaine avec les trains Expreso del Sur (un peu plus rapide) et Wara-Wara del Sur. Une petite ligne locale fonctionne dans la haute vallée de Cochabamba (Cochabamba-Aiquile, 3 trains par semaine) et une autre entre Sucre et Potosí (3 trains par semaine). Ajoutons aussi la miniligne El Alto (périphérie de La Paz)-Guaqui-Charaña (1 train par mois). La ligne Uyuni-Avaroa (frontière du Chili) ne prend pas de passagers, mais que des marchandises.

Plus à l’est, Ferroviaria Oriental relie Santa Cruz à Quijarro (frontière brésilienne) tous les jours sauf le samedi, avec sièges cama et semi-cama (inclinables) et repas à bord. Durée : 13h (avec le Ferrobús, train de nuit, plus petit, plus rapide) et environ 17h (avec l’Expreso Oriental). Cette dernière ligne s’est vu affubler du surnom charmant de « train de la mort » – non parce qu’elle est dangereuse, mais en souvenir des nombreux ouvriers morts durant sa construction.

Lents et souvent encombrés, les trains sont d’assez bonne qualité et peuvent être préférables au bus (tarifs équivalents), ne serait-ce que pour des raisons de (meilleure) sécurité. Cela dit, vous n’aurez pas moins froid à bord en traversant l’Altiplano en juillet-août ! Prévoyez impérativement un duvet ou une couverture !

- Bon à savoir : sur les trajets très demandés, les revendeurs des fausses agences font aussi leur apparition... Pour les départs de nuit (Uyuni), les guichets ouvrent 1h avant.

Location de voiture

On ne conseille pas de louer un véhicule en indépendant en Bolivie. Ou alors avec les services d’un chauffeur (prévoir un bon budget). Contrairement au Chili, au Brésil et en Équateur, où conduire son propre véhicule est relativement aisé, en Bolivie cela devient une aventure assez périlleuse !
L’état et l’étroitesse de certaines routes et pistes, le relief accidenté et montagneux, les nombreux virages, la mauvaise signalisation, la circulation et la lenteur des énormes poids lourds, rien n’encourage à prendre le volant soi-même...

Si vous optez, toutefois, pour cette solution, voici quelques recommandations : à moins de vouloir se limiter aux seules routes asphaltées, un 4x4 est indispensable pour explorer le pays. On peut louer un petit 4x4 sans chauffeur à partir de 50-60 US$ par jour, hors assurances, avec 100 km inclus. Pour un plus gros véhicule, voire un très gros 4x4, multipliez ces prix par 2 ou 3.

- Agences de location : plusieurs compagnies internationales sont représentées en Bolivie, à La Paz et Santa Cruz. Il faut avoir plus de 25 ans pour conduire soi-même.

- Signalisation : Les panneaux sont rares, et les cartes routières assez sommaires. Sortir de La Paz ou de Cochabamba, la 1re fois, est une épreuve pour le conducteur, car on roule sur des routes à peine signalisées, pressé par une circulation intense. Là où la location d’un véhicule devient absurde, c’est au salar d’Uyuni. Essayez donc de vous repérer sur 12 500 km2 de blanc... On déconseille vivement cette expérience.

- Avertissement : prenez garde à tout ce qui pourrait croiser votre route au détour d’un virage ou d’une côte. Gardez une conduite très prudente et tâchez de rester zen si un policier vous arrête pour une infraction plus ou moins imaginaire... Restez ferme – mais courtois.

- Essence : n’oubliez pas de faire le plein dès que vous le pouvez : les stations-service sont assez éparses et pas toujours approvisionnées. Dans certains secteurs (Amazonie), on peut en être réduit à acheter le gazole au litre, en bouteille...

Auto-stop

Le stop gratuit, en Bolivie, on ne connaît pas tellement ! En revanche, le stop avec participation aux frais est assez courant.

Bateau

On le signale plus qu’on ne le conseille : des barges circulent sur les rivières Beni et Mamoré en direction du nord de l’Amazonie. Le voyage peut être intéressant et même captivant de descendre le río Beni depuis Guanay en traversant le parc national de Madidi.

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