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3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche

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Dernière activité le 07/10/2020 à 14:17 (consulter)

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Le 02 octobre 2020

Retrouvez le carnet de voyage complet (avec plus de photos) : Sur la route de nos voyages



Pérou. La Cordillère Blanche


 


La partie nord du Pérou (au nord de Lima) est bien moins touristique que le sud (Cuzco et les environs, lac Titicaca, Arequipa, canyon de Colca…). Un accès plus compliqué (8 heures de route entre Lima et Huaraz) et surtout une situation à l’opposé des principaux lieux touristiques expliquent surement cela. Pourtant, pour qui aime la haute montagne, il est difficile de trouver plus beau que les Cordillères Blanche et Huayhuash !


 


Nous avons passé deux semaines dans la Cordillère Blanche. Au programme, randonnées sur une ou deux journées (avec nuit dans les rares refuges de la région), immersion dans la vie locale, visites archéologiques…



Premiers pas dans la Cordillère Blanche. Acclimatation et bus bringuebalant


 


Après quelques jours passés le long de la côte Pacifique nous prenons le chemin des Andes, plus particulièrement la Cordillère Blanche. Cette chaine de montagnes s’élevant à plus de 6000 mètres d’altitude se trouve à 7 heures de route de Lima. Parallèlement à la Cordillère Blanche s’étend une chaine de montagnes un peu plus basses, la Cordillère Noire (car les sommets n’y sont pas enneigés).


Entre les deux se trouve la Callejón de Huaylas, étroite mais longue vallée où les habitants de la région se sont installés. Située à 3000 mètres d’altitude, la principale ville de la province, Huaraz, est à l’extrémité Est de la vallée. En se dirigeant vers l’Ouest, la vallée perd progressivement en altitude, jusqu’à la petite et tranquille ville de Caraz, à 2250 mètres d’altitude.



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Nous avons décidé de passer les premières nuits dans cette ville à une altitude raisonnable. La grande (120 000 habitants) et touristique (pour la région) ville de Huaraz ne nous attire pas. Et nous n’avons pas envie de dormir à 3000 mètres d’altitude en venant du niveau de la mer !


 


La ville de Casma, où nous venons de passer la nuit nous semblait idéalement située pour prendre un transport en direction de Huaraz. Une route parfaitement asphaltée traverse la cordillère des Andes, reliant les deux villes en un peu plus de 3 heures.


Pourtant en ce dimanche matin cela n’est pas aussi simple ! Aucun bus se rend à Huaraz. La seule solution est de prendre un taxi collectif. Ce moyen de transport est plus onéreux que le bus, tout en restant très abordable, mais est aussi beaucoup plus rapide. Si rouler à plus de 100 km/heure sur une sinueuse route de montagne ne vous effraye pas les taxis collectifs sont un bon moyen de gagner du temps sur certains trajets.


Le problème est que le chauffeur ne part que quand le véhicule est plein… Sauf si vous êtes disposés à payer l’intégralité des places, mais là ça devient tout de suite moins abordable !


Nous trouvons rapidement le lieu de départ des taxis collectifs, en centre-ville à côté de la station-service. La voiture et ses pneus sont en parfait état. Nous voilà rassurés ! Mais nous sommes les seuls passagers à vouloir nous rendre à Huaraz. Après plus d’une heure et demie d’attente toujours personne d’autre… Le chauffeur et nous-mêmes commençons un peu à perdre patience (et espoir !). S’il ne roule pas de la journée, il ne gagne rien…


Au bout d’un moment il décide quand même de partir. Ses frais d’essence aller et retour sont remboursés par notre trajet. Et il a l’espoir de trouver, en cours de route ou à Huaraz, d’autres passagers.


D’ailleurs aussitôt sommes-nous sortis du centre-ville que nous tombons sur un jeune homme qui souhaite se rendre à Huaraz !


 


La route, en parfait état, traverse un dessert côtier pendant quelques dizaines de kilomètres. Le sol est caillouteux et aride. Rien ne semble pousser par ici. Cette zone reçoit très peu de précipitations et contrairement aux environs de Lima, ici pas de brouillard pour fournir de l’humidité aux plantes. Le chauffeur profite de ces longes lignes droites pour allégrement dépasser les 100 km/h. Lorsque nous attaquons la montagne c’est à peine s’il ralentit. Le paysage est vraiment beau. Nous venons d’arriver dans les Andes et nous sommes déjà conquis. La route serpente et s’élève rapidement. A ce rythme le col, à près de 4000 mètres d’altitude, est vite atteint.


Pourtant les choses se compliquent peu après. Des travaux d’entretien de la route ont lieu et nous sommes bloqués pendant une durée indéterminée. Nous ne sommes pas pressés, pas d’inquiétude concernant l’heure ! Mais nous appréhendons de rester plusieurs heures à cette altitude alors que nous ne sommes absolument pas acclimatés. Rapidement quelques péruviennes font leur apparition, venant on ne sait d’où (aucune habitation n’est visible dans les environs), pour vendre boissons, fruits et chaussons fourrés à la viande.


 


Après une heure d’attente nous sommes autorisés à poursuivre notre route. Huaraz apparait rapidement en contrebas. Une fois arrivés en ville nous cherchons à nous restaurer avant de poursuivre vers Caraz. Nous entrons au hasard dans un petit restaurant qui propose, comme tous les autres restaurants au Pérou, un menu pour le déjeuner à un prix défiant toute concurrence. Généralement entre 4 et 6 soles. Avec une soupe, un plat principal, une boisson (souvent de la chicha morada), parfois un dessert. Les quantités sont gargantuesques !


 


Ensuite direction le « terminal » d’où partent les combis en direction de Caraz, à l’autre bout de la vallée. C’est la première fois que nous empruntons ce type de véhicule au Pérou. Pas d’inquiétude, nous descendons au terminus ! Mais ce trajet nous permet de découvrir le fonctionnement des « transports en commun » dans la vallée. Un incessant ballet de passagers (écoliers, travailleurs en costume, péruviennes en habits traditionnels…) qui montent et descendent, d’accélérations et de freinages brusques, de cris de l’assistant du conducteur qui tente de ne louper aucun client potentiel !


 


Nous découvrons cette magnifique vallée, bordée par des montagnes enneigées dépassant les 6000 mètres. Régulièrement, au fil de la route un nouveau sommet se laisse apercevoir. Nous sommes subjugués par ces paysages. Nous traversons quelques villages et petites villes, de nombreux champs. Parfois un paysan déplace ses quelques vaches ou moutons en longeant la route. Des palmiers (le climat est printanier toute l’année) poussent.


Arrivés à Caraz, nous prenons une chambre dans un hôtel proche de la place principale, l’hostal San Marco.

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Puis nous partons découvrir la ville. Un petit tour au marché. Quelques renseignements pris pour le lendemain. Puis nous allons voir le site archéologique pré-inca de Tumshukayko, dont il ne reste que quelques ruines !

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Nous dinerons dans un Chifa, restaurant chinois que l’on retrouve dans de nombreuses villes du pays, même les plus petites ! Très copieux (un plat pour deux peut suffire), bon et peu cher.



 


Le lendemain, réveil à 6h30. Nous avons prévu de monter dans la Cordillère Noire au col de Chicarhuapunta pour nous acclimater à l’altitude, voir des Puya Raimondii et bénéficier d’un panorama sur la Cordillère Blanche. Vaste programme ! S’acclimater à l’altitude est primordial compte tenu des randonnées, jusqu’à 5000 mètres, que nous souhaitons effectuer dans la région. Pour lutter contre le « sorocche » (mal des montagnes) il est conseillé de monter haut avec une activité physique modérée et dormir bas.


 


Le seul bus qui passe par cette piste part de Caraz (à côté du marché), au petit matin, vers le village de Pamparomas. Puis il effectue le trajet retour en fin de matinée. Nous laissons nos affaires à l’hôtel, faisons quelques provisions au marché. Et montons dans un bus hors d’âge…

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Le bus est plein, il ne reste que quelques places sur la dernière rangée. Les habitants de Pamparomas, qui sont venus vendre leur production au marché pour certains ou, au contraire, acheter aliments et biens introuvables dans leur petit village, rentrent chez eux. Nous serons, comme souvent dans les transports de la région les seuls étrangers. Le bus part. L’ambiance est bon enfant, nous partageons avec les enfants des fraises que nous venons d’acheter.


 


Après quelques kilomètres sur une route asphaltée, nous tournons à droite et empruntons une piste qui grimpe dans la montagne. La piste, qui s’élève rapidement, est bordée par un impressionnant précipice. Ambiance « Les routes de l’impossible ». Après quelques virages en épingle à cheveux le chauffeur freine brusquement. Dans le sens inverse trois camions (les uns derrière les autres !) descendent d’une mine de fer, chargés à ras bord de minerai. Il nous parait impossible de se croiser à cet endroit. Le bus serre la droite de la piste et s’arrête les pneus à quelques centimètres du précipice. Franchement nous n’en menons pas large… Une passagère du bus, quelque peu paniquée, préfère descendre du véhicule (elle n’a peut-être pas tort !). La moitié du bus rigole devant sa réaction effrayée, l’autre moitié a bien envie de la suivre. Le premier camion s’engage dans l’étroit espace laissé libre. Ses rétroviseurs frôlent la paroi rocheuse d’un côté et notre bus de l’autre. Malgré tout il arrive à passer. Nous retenons encore notre respiration, le temps que les deux autres camions fassent de même. Nous pouvons enfin souffler ! La passagère remonte dans le bus. Et nous poursuivons notre périple.

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Il reste quelques virages compliqués à négocier, les roues patinent un peu, l’embrayage est bruyant mais le panorama sur la Cordillère Blanche devient somptueux. Arrivés au col Chicarhuapunta, nous descendons. Renseignements pris le bus repasse ici dans environ deux heures pour retourner à Caraz. Nous avons du temps devant nous pour explorer la zone et accélérer notre acclimatation. Un panonceau, qui marque le col, nous informe que nous sommes à 4324 mètres d’altitude.


 


Au niveau du col s’étend une vaste zone où pousse des dizaines de Puya Raimondii. Ces plantes, qui ne poussent que dans la Cordillère des Andes, peuvent vivre 100 ans et meurent après une unique floraison. Mais quelle floraison ! La tige atteint jusqu’à 10 mètres de haut et se couvre de milliers de fleurs blanches.


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En face, de l’autre côté de la vallée la Cordillère Blanche dresse quelques-uns de ses plus hauts sommets.

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Après une bonne heure et demie à explorer la zone nous retournons sur la piste. Nous ne voulons pas louper le bus qui doit nous ramener à Caraz. A peine quelques minutes plus tard nous tombons sur un combi qui passe par là et qui fait route vers notre destination ! Le trajet se passe sans encombre.


 


De retour à Caraz nous jetons un coup d’œil à la météo. A cette période de l’année, entre la saison sèche (avril-août) et la saison humide (novembre-mars), il a tendance à faire beau au réveil, puis des nuages arrivent, plus ou moins vite, et recouvrent les sommets de la Cordillère. Pour le lendemain du beau temps est annoncé toute la journée. Après quelques hésitations liées à l’altitude nous décidons de nous rendre le lendemain aux lagunes de Llanganuco (3850 mètres, cela devrait aller) et au col de Portachuelo (4600 mètres, cela nous inquiète !).


Pour décidons d’aller dormir à Carhuaz. Nous reviendrons à Caraz dans quelques jours…

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Nous prenons une chambre à hôtel Karhuash, qui deviendra notre « camp de base » dans la région.


Nous sommes un dimanche, les seuls restaurants ouverts sont des pollerias où l’on mange du poulet cuit à la broche et des frites (accompagnés d’une petite salade pour se donner bonne conscience). 3 ou 4 sauces différentes sont proposées. En fonction de son appétit on choisit un huitième, un quart, un demi ou un poulet entier. Les noms des pollerias sont tous semblables, comme « Pollo rico », et les enseignes réprésentent un… poulet !



 


Informations utiles !


Trajet Casma - Huaraz en taxi collectif : 30 soles par personne


Trajet Huaraz – Caraz (d’un bout à l’autre de la vallée) en combi : 7 soles


Bus pour Pamparomas : 10 soles


Combi Cordillère Noire – Huaraz : 8 soles


 


Hostal San Marco (Caraz) : chambre matrimoniale 45 soles


Hostal Karhuash (Carhuaz) : chambre 50 soles



Sur la route de nos voyages


Date de l'expérience : 15/09/2019

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche

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Il y a 2 semaines
Col de Portachuelo, 4600 mètres. Le souffle court et un panorama exceptionnel. A peine levés nous prenons, depuis Carhuaz, un combi qui nous emmène à Yungay, d’où nous essayerons de partir vers les lagunes de Llanganuco et le col de Portachuelo.Nous commençons par un tour au marché afin d’acheter de quoi petit-déjeuner et déjeuner. Alors qu’il n’y a que quelques stands à Carhuaz, ici le choix est presque illimité ! Le marché, organisé en blocs en fonction des marchandises vendues (viandes, poissons, pain, fruits et légumes, produits d’hygiène, vêtements et chaussures…), est en grande partie couvert. A l’extérieur quelques habitants des environs, principalement des femmes, viennent vendre leur production. Quelques kilos de fraises pour certains, des agrumes à des prix défiant toute concurrence pour d’autres, des tomates aux couleurs rarement vues en France, des pommes de terre de toutes formes et tailles… A chaque fois des petites quantités, récoltées la veille dans leurs champs. Des stands vendent même du fromage, de vache ou de brebis. Pour notre part nous achetons quelques pâtisseries, parts de gâteaux, fruits, et sandwiches poulet et œuf. C’est-à-dire des sandwiches garnis de miettes de poulet (avec option mayonnaise que nous éviterons !) et des sandwiches garnis d’un œuf au plat ! Un peu sec mais bien pratique pour manger pendant les randonnées. Le plus dur commence maintenant. Trouver un moyen de transport.Arrivés à la gare routière nous sommes abordés par un chauffeur de taxi qui nous propose ses services pour aller à la laguna 69. Ça sera pour une prochaine fois.A côté le (seul et unique) minibus qui effectue le trajet vers Yanama, traversant la Cordillère Blanche en empruntant un col à 4600 mètres d’altitude. Il est à moitié plein, le départ n’est pas imminent ! Heureusement trois musiciens arrivent, ils vont participer à une fête à Yanama. Encore un peu d’attente et nous voilà partis. Dès la sortie de la ville la route devient une piste et s’élève sur les contreforts de la Cordillère. Nous traversons plusieurs villages et hameaux où les gens travaillent dans leurs champs et s’occupent de leurs bêtes. Quelques eucalyptus bordent la piste, embaumant l’air. Au-delà de 3800 mètres d’altitude le paysage change. Aux alentours il n’y a plus d’habitations ou de champs. Nous entrons dans une étroite vallée surplombée par d’impressionnantes parois rocheuses.Le véhicule s’arrête. Une barrière bloque la route. A partir de maintenant nous pénétrons dans le parc national Huascaran dont l’accès est payant pour les touristes. Nous achetons un pass pour 30 jours (des pass pour la journée ou pour 3 jours sont aussi disponibles). La piste serpente sur quelques virages et nous débouchons sur la première lagune de Llanganuco. La couleur, turquoise de l’eau, est presque irréelle. Quelques dizaines de mètres plus loin la seconde lagune, d’un bleu plus pâle, se dévoile à son tour.Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyages
 

Dans le lointain, au fond de la vallée, les hauts sommets couverts de neige et de glace scintillent au Soleil. Nous apercevons la suite de notre trajet. La piste recommence à s’élever, cette fois à flanc de montagne.A chaque virage nous prenons de l’altitude et la vue qui s’offre à nous devient encore plus belle ! Nous parvenons au col et le minibus ne s’arrête pas. Nous sommes-nous bien compris ? Oui. Le chauffeur souhaitait seulement nous emmener un plus loin afin que nous profitions de la vue sur l’autre versant de la Cordillère !

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyagesAussitôt descendus l’altitude vient se rappeler à nous. 4600 mètres, le moindre effort nous essouffle. Nous regardons le véhicule longer un petit lac et s’éloigner. Nous sommes maintenant seuls, au milieu des montagnes, à une altitude proche de celle du Mont Blanc. Une fois parvenus au col de Portachuelo nous restons bouche bée devant le panorama qui s’offre à nous. Tout autour de nous des sommets de plus de 6000 mètres. A notre droite le Huandoy et le Chacraraju, impressionnante paroi de roche et de glace qui surplombe la laguna 69. A notre gauche le Chopicalqui et le Huascaran, plus haut sommet du Pérou. La piste, blanche, qui zigzague dans la montagne parachève le tableau.

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 Nous entamons, à pied, la descente de la piste que nous venons de gravir en minibus. Nous multiplions les arrêts pour admirer ce paysage. Au fur et à mesure des virages le point de vue est modifié, nous rapprochant d’un pic ou nous éloignant d’un autre.

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Dans le lointain un camion gravit péniblement la pente. Il se dirige vers Yanama, afin de ravitailler les épiceries et commerces du village. Lorsqu’il arrive à notre hauteur nous échangeons un « bonjour », il se demande sûrement ce que nous faisons, perdus au milieu de nulle part ! Il s’agira du seul véhicule que nous croiserons pendant 2 heures. Au détour d’un virage les lagunes de Llanganuco, cachées jusqu’à présent, apparaissent en contrebas. Nous en profitons pour effectuer la pause déjeuner. Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyagesQuelques minutes plus tard un véhicule descend la piste, en direction des lagunes. Nous en profitons pour nous épargner un peu de marche ! Il nous dépose aux lagunes. A côté des vaches plus ou moins sauvages (nous éviterons de nous approcher) broutent paisiblement. Les lacs sont bordés par des bosquets de quenuales, arbustes caractéristiques des Andes. Son tronc tordu est couvert par une écorce râpeuse qui prend des teintes orangées. Nous sommes descendus sous les 4000 mètres d’altitude, nous respirons mieux ! Nous longeons maintenant les lacs dont la beauté est à peine amoindrie par les nuages qui s’amoncellent. D’impressionnantes et majestueuses parois rocheuses hautes de plusieurs centaines de mètres surplombent les lieux. Un troupeau de vaches paît paisiblement sur la rive.

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyagesNous tombons sur un groupe de musiciens venus tourner un clip avec en toile de fond ces magnifiques lagunes. Les restaurants péruviens passent souvent, dans la journée, des clips de chansons traditionnelles. Durant notre périple les clips que nous verrons seront régulièrement illustrés par des vidéos ou images des lagunes de Llanganuco, aux côtés de lieux emblématiques du Pérou tels que Cuzco ou le Machu Picchu. 

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyages L’après-midi avance, il est temps de redescendre à Yungay ! Nous tentons notre chance auprès des véhicules qui retournent à Huaraz, chargés de touristes qui reviennent de la lagune 69, à quelques kilomètres de là. Après plusieurs refus un chauffeur, qui dispose de quelques places libres dans son minibus, accepte de nous amener à Yungay.De là nous retournons à Carhuaz pour y passer la soirée et la nuit. Le beau temps se maintient, pour le lendemain nous prévoyons d’aller marcher vers la laguna 513.Nous irons diner au restaurant Pakta. Les plats, typiquement péruviens ou internationaux (pizzas, pates…), sont très bons. Seul petit bémol, le service extrêmement lent alors qu’il n’y a que 3 tables occupées… 

Informations utiles !Combi Yungay – Portachuelo : 20 solesAccès parc Huascaran pour 30 jours : 150 soles. Il est possible d’acheter des pass pour une journée (30 soles) ou pour 3 jours (60 soles).Minibus « de tourisme » Llanganuco – Yungay : 20 soles


Sur la route de nos voyages

Date de l'expérience : 16/09/2019

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche

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Il y a 2 semaines
Pour le carnet de voyage complet c'est par ici : Sur la route de nos voyages


Laguna 513. Objectif non atteint. Belle randonnée et alcool artisanal de maïs.

 La journée débute dans la ville de Carhuaz, après l’habituel tour au marché pour acheter de quoi se sustenter dans la journée. L’objectif du jour est de randonner jusqu’à la sublime laguna 513, à 4500 mètres d’altitude.

 Jusqu’à présent nous avons toujours facilement trouvé un moyen de transport pour nous rendre au départ des randonnées. Aujourd’hui cela s’annonce plus compliqué. Les seuls transports collectifs qui vont dans la direction de la laguna 513 s’arrêtent au petit village de Hualcan. De là, il faut compter une heure et demie à deux heures de marche pour se rendre au point de départ de la randonnée. Randonnée qui dure 4 ou 5 heures. Puis à nouveau une heure et demie de marche pour retourner à Hualcan. Autant dire que cela est impossible pour nous. Nous ne sommes pas encore parfaitement acclimatés et n’avons pas la capacité de marcher 7 ou 8 heures à cette altitude.

 Nous cherchons un transport privatif, qui nous épargnera quelques kilomètres à pied. Nous demandons à plusieurs taxis qui circulent autour de la place principale. La plupart ne sont vraiment pas motivés pour nous emmener et proposent des tarifs exorbitants. Nous comprendrons pourquoi par la suite.

Un d’entre eux est plus raisonnable sur le tarif et nous parvenons à nous entendre ! Jusqu’à Hualcan, pas de problème la piste n’est pas pire que de nombreuses autres dans la région. Dès que nous dépassons le village elle se dégrade fortement. Il n’y a que quelques kilomètres jusqu’à Shonquilpampa, point de départ de la randonnée, mais nous mettons un temps fou. La piste monte fortement. En cas de pluie la terre détrempée rendrait cet accès impossible à notre voiture. D’énormes trous se trouvent au milieu de la chaussée, alternant avec de grosses pierres qui en émergent. Un véhicule 4*4 serait plus approprié. Les chauffeurs qui ont refusé de nous emmener ne voulaient pas prendre le risque d’abimer leur voiture sur cette piste…

 Le paysage est en revanche de toute beauté. Nous roulons, bringuebalés, au milieu des eucalyptus. Avant de découvrir, au-delà des champs, une face du Huascaran que nous ne connaissons pas.Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyages
 

En approchant du bout de la piste le Hualcan (6100 mètres d’altitude), vers lequel nous marcherons, apparait. Lorsque nous lui demandons s’il est d’accord pour revenir nous chercher en fin de journée le conducteur refuse. Il nous faudra donc redescendre à pied au village de Hualcan (du nom du sommet qui le domine) dans l’après-midi. Nous savons maintenant que nous n’aurons pas le temps d’aller jusqu’au lac 513. Tant pis. Cette randonnée s’annonce malgré tout intéressante et elle nous permettra de parfaire notre acclimatation.

 La première partie de la marche se déroule sur un vaste plateau, marécageux par endroits.

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En restant du côté gauche, pas de problème le terrain est sec. Des vaches et taureaux paissent paisiblement, nous les contournerons tout de même à bonne distance ! Quelques ânes, peu farouches, viendront nous renifler.

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyages

 En face de nous, et à contrejour, le Hualcan, au pied duquel se cache la laguna 513.

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 En bordure du plateau, des pins s’élèvent, probablement plantés afin d’en exploiter le bois. Des plants de lupins fleuris apportent une touche mauve à ce décor.

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyages Lorsque nous atteignons le bout du plateau, le sentier se met à grimper en longeant un ruisseau. Nous traversons des bosquets de quenuales, qui apportent une ombre bienvenue sous ce Soleil de plomb. Après quelques dizaines de minutes de marche, demi-tour. Il est maintenant temps de redescendre.

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyages

 Revenus à notre point de départ nous effectuons la pause pique-nique. Avant de poursuivre la descente vers le village de Hualcan.

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Nous alternons de la marche sur la piste que nous avons prise en voiture pour venir et sur des sentiers qui traversent les champs environnants. Nous sommes plongés au cœur d’un Pérou rural dans lequel le mode de vie n’a pas beaucoup évolué. Les eucalyptus, bordant la piste, embaument l’air de leur parfum. Des bergères (nous n’avons vu que des femmes) gardent quelques moutons et brebis au milieu des champs. Elles essayent tant bien que mal d’éviter que leurs animaux n’aillent brouter les jeunes pousses (de pommes de terre) qui émergent à peine du sol.

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyages

Soudain un chien court vers nous, aboyant et grognant. Nous ramassons quelques pierres, prêts à nous défendre. En voyant que nous n’hésiterons pas à lui jeter dessus il hésite et s’arrête. Encore quelques grognements et aboiements et il fait demi-tour. Il s’agit de la première fois que nous sommes confrontés à ce type « d’attaque ». Nous ne faisons pas les fiers. Par la suite, à chaque fois que nous ramasserons des pierres, les chiens resteront à distance. La technique semble efficace !

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyages

 Nous continuons notre marche et arrivons en vue du village de Hualcan.

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 La localité semble bien plus animée que le matin, lors de notre rapide passage en voiture. Nous débouchons sur un attroupement d’hommes, de femmes et d’enfants. Tout le monde semble se retrouver au même endroit. Une odeur, que nous ne parvenons pas à identifier, flotte dans l’air.

Les femmes sont en train d’éplucher des pommes de terre par centaines. Les hommes sont réunis à côté de grosses cuves posées sur le feu. Nous échangeons avec eux. Une fête a lieu ce soir dans le village et ils sont en train de préparer la nourriture qui sera consommée.

L’un des habitants, qui a commencé à boire bien plus tôt dans la journée vu son état, nous propose de goûter de l’alcool artisanal de maïs. Craignant pour nos intestins nous refusons poliment. Devant sa gentille insistance (nous ne sommes pas difficiles à convaincre !) nous finissons par accepter. Et la boisson est vraiment bonne. Tout le monde est, bien évidemment, mort de rire ; l’atmosphère est bon enfant. 

 Nous quittons, à regret, ce moment hors du temps et nous dirigeons vers la sortie du village. L’après-midi est bien avancé il est temps de trouver un véhicule qui nous conduira à Carhuaz. Des scènes de la vie quotidienne se déroulent sous nos yeux. Des enfants s’amusent en courant autour des maisons. Quelques poules picorent au milieu de la piste. Deux femmes reviennent d’un point d’eau, portant des bassines remplies de vêtements.

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyages

Nous n’attendrons pas longtemps, un minibus effectue le trajet vers la grande ville, à quelques kilomètres de là. Ce soir nous dormirons une nouvelle fois à l’hôtel Karhuash.

 Informations utiles !

Taxi Carhuaz – départ de la randonnée (Shonquilpampa) : 1 heure de trajet. 60 soles pour 2 personnes (aller simple)Minibus Hualcan – Carhuaz : 3 soles


Sur la route de nos voyages


Date de l'expérience : 17/09/2019

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche

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Il y a 2 semaines
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De l’autre côté de la Cordillère Blanche. Un temple creusé sous terre. Divers moyens de transport. Quelques frayeurs.

Après une nouvelle nuit dans la tranquille ville de Carhuaz, nous nous dirigeons vers Huaraz. La mission consiste maintenant à trouver un moyen de transport vers Chavin de Huantar, au nord-est de la Cordillère Blanche.

 Au Pérou, dans quelques villes les départs et arrivées de véhicules collectifs (bus, taxis…) sont centralisés dans une gare routière. Dans de nombreuses autres, en fonction du moyen de transport et de la destination, les lieux de départ sont situés dans différents quartiers ou rues. Le plus simple est de demander aux chauffeurs (de bus, taxis, mototaxis) de vous indiquer où se rendre !

Interroger un passant dans la rue est plus aléatoire. Si la personne ne s’est pas rendue récemment là où l’on souhaite aller elle n’a pas de raison d’avoir les bonnes informations. Mais préfèrera souvent répondre n’importe quoi plutôt que d’avouer qu’elle n’en sait rien ! Nous en avons quelques fois fait l’expérience !

 Arrivés au terminal privatif de la petite compagnie (Olguita tour) qui dessert Chavin de Huantar nous apprenons qu’un bus part dans une quinzaine de minutes, à 11h.

A peine le temps d’acheter, dans les stands aux alentours, de quoi manger à midi et nous partons. Le trajet qui dure trois heures est de toute beauté. Différents pics enneigés de la Cordillère Blanche sont visibles tout du long. La route asphaltée longe le lac de Querococha, puis serpente jusqu’au tunnel de Kahuish, point culminant du parcours. A la sortie du tunnel nous débouchons sur une gigantesque statue du Christ. Nous sommes maintenant dans la vallée qui nous mène à Chavin. 

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 Nous arrivons en milieu d’après-midi il est encore temps d’aller visiter le temple de Chavin de Huantar, situé en périphérie de la ville. Il a été bâti il y a 3000 à 3500 ans par la civilisation de Chavin. Ce site avait deux fonctions principales, celle de centre cérémoniel et de lieu de rencontres et d’échanges entre peuples de la jungle, de la côte et des montagnes. Nous passons un certain temps à explorer le temple, d’autant plus qu’il n’y a pas foule. Le lieu n’a pas été choisi au hasard, il se situe au milieu d’alignements de points remarquables des environs. Les bâtisseurs ont même détourné une rivière, afin de construire le temple à l’emplacement idéal !

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A l’époque le site était divisé en deux zones principales, celle publique, bâtie autour d’une place carrée et celle privée, réservée aux chefs et aux prêtres. Une des particularités du temple est de comporter de nombreuses galeries et salles creusées sous terre. Au centre de cette structure souterraine seules les sommités pouvaient admirer le Lanzon, principale divinité de Chavin.

Les prêtes utilisaient diverses substances hallucinogènes issues de plantes comme le cactus San Pedro pour communiquer avec les dieux. A l’origine les murs du temple étaient ornés de têtes sculptées représentant les étapes de la transe permettant la transformation d’un homme en dieu jaguar. Pour éviter les vols et les préserver il ne reste aujourd’hui qu’une tête visible dans le temple. Les autres sculptures sont visibles au musée archéologique de la ville.

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Nous adorons déambuler dans ce lieu où nous sommes libres d’aller où bon nous semble. Les moindres recoins du temple n’ont plus de secrets pour nous. Lorsque nous visitons une à une les galeries souterraines, en essayant de ne pas nous perdre, cela réveille nos âmes d’explorateurs !

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Après cette visite nous rejoignons notre hôtel, l’hospedaje Gantu, situé en bordure de la place principale (« plaza de armas »). Notre chambre donne directement sur cette place, qui est par ailleurs bien calme. Seul un marchand ambulant viendra, en début de soirée, troubler cette tranquillité, en proposant à la vente des babioles diverses et variées (allant des casseroles aux chaussures). Les habitants de la petite ville viendront, simples curieux ou personnes réellement intéressées, jeter un coup d’œil et effectuer quelques achats. Avant que la camionnette ne reparte vers une autre destination.

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Détail amusant, il n’y a pas de fenêtre dans notre chambre, seulement une grande ouverture sur l’extérieur et des volets en bois. A 3200 mètres les nuits sont pourtant fraiches ! Heureusement d’épaisses couvertures nous tiendront chaud. Le lendemain, dès l’ouverture, nous allons visiter le musée archéologique de Chavin, à l’autre bout de la ville. Construit grâce à des subventions japonaises, il est très intéressant et complète parfaitement la visite du temple. Nous sommes, à cette heure, seuls à déambuler dans les salles qui présentent les plus belles statues de la civilisation Chavin. Nous admirons, entre autres, les magnifiques têtes qui ornaient les murs du temple il y a 3000 ans.

 Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyagesAprès cette visite instructive nous retournons à l’hôtel récupérer nos sacs. L’objectif de la journée est de rallier le village de Chacas, à seulement 115 kilomètres au nord ! Pourtant la journée entière devrait être nécessaire (dans le meilleur des cas). Les routes asphaltées sont rares dans cette vallée au nord de la Cordillère Blanche. Les voies de transport sont principalement des pistes grimpant sur les contreforts des Andes.

Les habitants se déplacent peu entre les différentes villes de la région. D’ailleurs aucun véhicule collectif ne relie Chavin à Chacas. Nous allons procéder par étapes successives ! Détail amusant Google street view s’arrête à Chavin. Au-delà aucune vue n’est disponible.

  Nous marchons jusqu’à la sortie de Chavin sur la route en direction de San Marcos. Ce village n’est qu’à quelques kilomètres, pourtant peu de véhicules passent devant nous. Finalement un taxi fait son apparition. Nous l’empruntons. Arrivés à San Marcos le chauffeur s’arrête à l’entrée de la ville. Pour une raison inconnue il refuse de nous emmener jusqu’à l’autre extrémité, point de départ des minibus pour Huari, notre destination suivante. La ville est petite mais s’étend en longueur, en suivant la vallée. Nous n’avons pas envie de marcher un kilomètre et demi avec nos sacs-à-dos chargés.

 Une moto-taxi nous conduit à la sortie de la ville. Nous montons alors dans un taxi collectif et poursuivons notre périple. Rapidement, après avoir pris d’autres personnes sur la route, nous nous retrouvons entassés à quatre à l’arrière. Heureusement que le trajet n’est pas long. La route passe dans une vallée encaissée, surplombée par de hautes parois rocheuses.

 Nous arrivons à Huari à l’heure du déjeuner. Il s’agit de la principale localité de la région, établie à un endroit où la vallée s’élargit quelque peu. Les paysans des environs et les marchands viennent y vendre leurs produits. Les collégiens et lycéens s’y rendent pour suivre leurs cours. De nombreux stands débordent sur la rue. Bref c’est animé.

A l’entrée de la ville nous passons à côté de la « plaza de toros » (des arènes où ont lieu des corridas). Dans les rues des affiches font d’ailleurs la promotion de la précédente corrida. Le marché bat son plein, les rues sont remplies de travailleurs qui vont se restaurer.

Nous déjeuner, au hasard, dans un restaurant qui propose le traditionnel repas du midi, toujours à un prix dérisoire. Nous ne croisons pas d’autres « gringos » dans la ville. On sent, dans les regards curieux des locaux, que peu de touristes passent dans la ville.

 Renseignements pris un minibus part en début d’après-midi pour rejoindre San Luis à 60 kilomètres de là. Le départ s’effectue à côté du collège/lycée. Nous nous rendons sur place. Le minibus est bien là ! Quelques sacs sont déjà chargés sur le toit. Des passagers attendent au bord de la route, dont un jeune couple avec un bébé. Le chauffeur nous indique qu’il devrait partir dans peu de temps, nous chargeons nos affaires sur le véhicule.

Des collégiens et lycéens passent dans la rue, en parlant et rigolant. Une dame âgée tient un petit stand de vente de bonbons, friandises et boissons. De nombreux jeunes s’y arrêtent. 

Au bout d’un moment le chauffeur nous indique qu’il va chercher des passagers qui sont en train de déjeuner un peu plus loin en ville. Il sera de retour dans une quinzaine de minutes. Le minibus s’éloigne, avec nos sacs ! L’inquiétude nous gagne, d’autant plus que les autres passagers disparaissent un à un. Allons-nous revoir nos affaires ? La dame du stand nous rassure quelque peu, en nous indiquant qu’elle connait, au moins de vue, le chauffeur et qu’il effectue régulièrement le trajet.

Malgré tout l’attente nous parait bien longue. Un quart d’heure plus tard le minibus n’est toujours pas revenu. Et les autres passagers non plus ! Finalement quelques minutes plus tard tout le monde fait son apparition en même temps. Quelle frayeur…

Nous nous installons à l’arrière du véhicule, en compagnie du couple avec le bébé. Le voyage s’annonce inconfortable. Le minibus est plein, c’est-à-dire que nous sommes 18 adultes (et quelques enfants sur les genoux) pour 15 places assises. Nous partons.

Le trajet, sur une piste défoncée, doit durer 3 heures (pour seulement 60 kilomètres !). La route grimpe dans la montagne, redescend, tourne en permanence. Nous traversons plusieurs petits hameaux, où des maisons délabrées se dressent au bord de la piste. Des enfants jouent. Les adultes travaillent dans les champs ou gardent quelques vaches et moutons.

Il n’y a aucun moyen de transport dans ces petits villages, pas même une moto. Pour se déplacer les habitants n’ont pas d’autre choix que d’emprunter un des rares véhicules qui emprunte cette piste. Leur dénuement semble total.

 A un moment nous passons un petit col, la vue se dégage et le panorama qui s’offre à nous est magnifique. La piste que nous allons emprunter serpente en contrebas. Des maisons sont disséminées sur les flancs de la Cordillère des Andes. Des champs, certains plantés, d’autres en terre, forment un ensemble de couleurs hétérogènes. Le temps est couvert mais quelques rayons de soleil viennent illuminer certaines parcelles. Quelques rares arbres sont visibles dans cet environnement sec où la végétation est rare.

Nous poursuivons notre route. Un lac fait son apparition, la laguna Huachucocha. La piste, qui zigzague sur des kilomètres, nous laissera le temps de l’admirer pendant de longs instants. Nous sommes maintenant à 4400 mètres d’altitude. A cette altitude plus personne n’habite de manière permanente. Il n’est plus possible de cultiver, en revanche la terre est riche en minerais. Nous croisons plusieurs campements de mineurs. Ceux qui viennent de loin passent plusieurs semaines ici, loin de tout. Quelques autres, qui logent dans des villages plus bas dans la vallée effectuent le trajet tôt le matin et en milieu d’après-midi. Deux d’entre eux voyageront dans notre minibus.

 Cela fait maintenant 2 heures et demie que nous roulons, bringuebalés dans un véhicule surchauffé par les quelques rayons de soleil qui percent les nuages. Nous avançons à une vitesse si lente que peu d’air pénètre dans le minibus. Les passagers commencent à s’impatienter. Nous sommes descendus en altitude ; à nouveau nous traversons de petits hameaux. Il n’y a bien évidemment, et comme depuis le début du trajet, pas de réseau téléphonique. Nous n’arrivons pas à savoir où nous sommes. Nous essayons d’estimer le kilométrage en nous aidant des bornes kilométriques. Et c’est le désespoir. Nous n’avons parcouru qu’une bonne trentaine de kilomètres depuis Huari. A peine plus que la moitié du chemin… Le trajet et la journée nous semblent interminables…

 Une vingtaine de minutes plus tard nous arrivons en vue d’une petite ville. A l’entrée un panneau indique « San Luis ». S’agirait-il de notre destination ? Oui ! Apparemment notre estimation de la distance effectuée un peu plus tôt était totalement erronée !

Un dernier effort et nous parviendrons à Chacas.

Bien que San Luis soit une petite ville (on pourrait presque parler de gros village !) il s’agit de la capitale de la province. Il y a donc pas mal de monde et d’animation. Une dame et sa fille cherchent également à se rendre à Chacas. A nous quatre nous trouvons un minibus qui nous y emmène.

Le soleil passe derrière les sommets, il ne va pas tarder à faire nuit. Nous prenons une chambre dans l’hôtel Asuncion, qui donne sur la place principale. Plusieurs chambres de l’établissement sont occupées par des touristes (ils parlent anglais !), jeunes, avec un look de skateur.

 Plus tard dans la soirée nous comprendrons pourquoi. Les deux jours suivants une compétition internationale de skateboard de descente, la Yaku Raymi, est organisée dans les environs. Pour les participants il s’agit de descendre, en longboard, le plus rapidement possible la portion de route entre le tunnel de Punta Olimpica (4700 mètres d’altitude) et Chacas. La route sera donc fermée à la circulation plusieurs heures pour permettre l’organisation de cette compétition. Problème, il s’agit de la route que nous devions emprunter le lendemain afin de retourner de l’autre côté de la Cordillère Blanche. Comme souvent au Pérou les informations que nous glanons sont imprécises et contradictoires ! Nous verrons bien si nous sommes bloqués et combien de temps !

La journée s’est avérée riche en péripéties, inquiétudes et découvertes ! Il est temps d’aller dormir. Nous sommes à près de 3400 mètres d’altitude, mais, grâce à une acclimatation progressive, cela ne nous pose pas de problème.

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Réveil aux aurores. Il s’agit de trouver un transport vers Carhuaz, en espérant que la route ne soit pas encore coupée. Renseignements pris un bus en provenance de San Luis doit passer « dans la matinée » et poursuivre vers l’autre versant de la Cordillère, jusqu’à Huaraz. Nous avons le temps d’aller admirer la vue sur la vallée, au mirador situé à 10 minutes à pied du centre.

 Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyagesPuis nous allons attendre le bus, sur la place principale, en face de l’église. Bonne nouvelle, la route ne sera pas fermée avant le début d’après-midi.

Au bout d’un moment une femme vient engager la conversation avec nous. Pensant qu’elle attend, comme nous, le bus nous discutons pendant un long moment. Finalement elle repart, pour rentrer chez elle à quelques pas de là ! Pendant ce temps la vie suit son cours dans la petite ville. La jolie place centrale est bien animée. Des camions ravitaillent les commerces. Les gens vont et viennent, font des courses, discutent, se recueillent à l’église. Des femmes filent la laine. Autour de la place les bâtiments blancs typiques sont ornés de balcons, balustrades et portes en bois sculptés.


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Dans le lointain les sommets de la Cordillère Blanche sont couverts par les nuages. Malgré tout un glacier se laisse apercevoir.

 Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyagesLa matinée avance, cela fait plusieurs heures que nous attendons et toujours pas de bus… Peu avant midi il fait enfin son apparition. Quant à la compétition de longboard, nous apprendrons bien plus tard qu’elle n’a jamais eu lieu ! Les organisateurs l’ont annulée, pour des raisons de sécurité, peu de temps avant le départ. https://internationaldownhillfederation.org/2019/yaku-raymi-2019-event-cancellation/ 

Nous pensions descendre du bus au milieu du trajet pour profiter de la vue sur la Cordillère Blanche et les lacs, avant de reprendre un moyen de transport vers Carhuaz. Vu la difficulté pour trouver un véhicule nous renonçons à cette idée !

Le bus grimpe dans la montagne sur une route asphaltée. Les paysages sont de toute beauté. Les sommets enneigés des environs se dévoilent à travers les nuages. Au détour d’un virage un spectaculaire glacier apparait, suspendu au-dessus de la route. Il dévale les pentes de la montagne Contrahierbas. Nous passons à proximité d’un joli lac. La route serpente, la chaussée rétrécit, les virages s’enchainent. Nous comprenons pourquoi plusieurs attaques de bus ont eu lieu, la nuit, à cet endroit. Il est extrêmement facile de bloquer la circulation.

 Nous nous engageons maintenant dans le tunnel de Punta Olimpica, plus haut tunnel du monde, à 4730 mètres d’altitude. A la sortie nous débouchons dans une autre vallée. La route, impressionnante, perd rapidement de l’altitude, empruntant une vingtaine de virages à 180 degrés. En plus des attaques de véhicules cette route est tristement connue pour être le lieu de d’accidents de la circulation. Une erreur d’inattention ou des freins en surchauffe et c’est la chute dans le vide assurée. Nous sommes rassurés lorsque nous atteignons le fond de la vallée ! La fin du trajet, jusqu’à Carhuaz est plus tranquille.

 Nous prenons ensuite un minibus jusqu’à Caraz où nous passerons la nuit à l’hôtel Chavin. Nous profitons d’avoir un peu de temps pour visiter le musée archéologique de la ville, situé à proximité de la place principale. Le musée est minuscule mais il présente des pièces (momies, poteries, tentures…) de la culture Huaylas absolument magnifiques.

 Informations utiles !

Bus Huaraz – Chavin de Huantar : 12 solesEntrée temple et musée de Chavin : 15 solesHostal Gantu chambre matrimoniale : 40 soles

Taxi Chavin de Huantar – San Marcos : 10 soles pour le véhiculeTaxi collectif San Marcos – Huari : 6 solesMinibus Huari – San Luis : 20 solesMinibus San Luis – Chacas : 10 soles (5 soles en tarif normal, mais nous ne sommes que 4 dans le véhicule)Hotel Ascuncion (Chacas) chambre matrimoniale : 50 soles

Bus Chacas – Carhuaz : 15 solesMusée de Caraz : gratuit


Sur la route de nos voyages

Date de l'expérience : 20/09/2019

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche

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Il y a 1 semaine
Pour le carnet complet c'est toujours là : Sur la route de nos voyages


Laguna Paron. Eau turquoise. Et le plus beau lever de soleil de notre vie (oui on vend du rêve !).

Nous débutons la journée à Caraz. Nous avons déjà nos habitudes dans la ville, en un rien de temps nous sommes prêts à partir vers la laguna Paron. Selon quelques renseignements glanés sur internet il est possible de manger et dormir aux abords du lac, dans un « refuge ».

Une piste défoncée conduit jusqu’au lac, il est donc possible de s’y rendre en voiture. Sinon une marche de 3 heures permet de l’atteindre, à partir du hameau de Paron (accessible en combi depuis Caraz).

Les taxis collectifs stationnent à côté du marché, à l’endroit où nous avons pris un bus pour Pamparomas. Inconvénient d’être dans une ville peu touristique personne d’autre que nous ne souhaite se rendre à la laguna Paron. Nous négocions un taxi pour effectuer le trajet vers le lac, à une trentaine de kilomètres de là (2 heures).

 Avant même d’être sortis de la ville la route asphaltée se transforme en piste. Elle serpente sur les contreforts de la Cordillère, longeant une rivière qui coule depuis la laguna Paron. Nous traversons plusieurs villages et hameaux, où les scènes de la vie quotidienne se déroulent une nouvelle fois sous nos yeux. Ici tout le monde vit de l’agriculture ou élève quelques vaches ou moutons. 

En prenant de l’altitude nous pénétrons dans une étroite vallée, bordée de parois rocheuses impressionnantes. Au détour d’un virage un couple d’allemands, qui montaient à pied, nous fait signe. Ils sont exténués et souhaitent profiter de « notre véhicule » pour s’épargner la fin de la randonnée.


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La piste s’arrête au bord du lac. Aucun effort à faire pour admirer le paysage qui s’offre à nous. Pourtant le lieu est très peu touristique. Seul le dimanche est un jour d’affluence lorsque les péruviens vivent passer la journée et pique-niquer dans ce décor grandiose.

L’eau de la laguna Paron prend une couleur turquoise presque irréelle lorsque le soleil l’illumine. Il s’agit probablement du plus beau lac que nous ayons vu ! A l’autre extrémité la montagne Piramide se dresse vers le ciel. Elle est encadrée par deux pics de plus de 6000 mètres, à droite le Chacraraju, à gauche l’Artesonraju. Même si nous sommes encore en matinée de nombreux nuages s’amoncellent et recouvrent rapidement les sommets.

 Nous passons au « refuge » afin de signaler que nous dormirons là ce soir. Pas de problème il reste de la place, nous pouvons partir randonner l’esprit tranquille ! A gauche du lac, un sentier longe la rive jusqu’à son extrémité, quatre kilomètres plus loin. La randonnée ne présente aucune difficulté. Le chemin est globalement plat. Nous sommes à 4200 mètres d’altitude mais nous ne nous en rendons même plus compte !

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Nous sommes émerveillés par le cadre en face de nous. Cette eau turquoise est hypnotisante. Les nuages sont de plus en plus présents, atténuant quelque peu la beauté du lac. Mais le contraste entre les parties illuminées par les rayons du soleil et le reste est alors extraordinaire. A mesure que nous avançons le temps devient plus menaçant. Dire qu’une heure plus tôt le ciel était totalement dégagé… Nous passons, au milieu de quelques arbustes, à côté d’un troupeau de vaches.

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Arrivés au bout du lac, nous grimpons vers la laguna Artesoncocha. Quelques gouttes de pluies se mettent à tomber. La laguna Artesoncocha est nichée au creux d’un cirque rocheux. Les parois abruptes qui s’élèvent devant nous sont spectaculaires. Une petite cascade dévale d’un glacier quelques centaines de mètres au-dessus et vient alimenter le lac. Quelques lupins apportent une touche colorée dans cet univers minéral. Nous explorons les alentours. Une crête offre une vue magnifique sur la laguna Paron.

Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyages

Nous sommes, comme depuis le début de notre périple au sein de la Cordillère Blanche, toujours aussi surpris d’être seuls dans des endroits aussi extraordinaires !

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Nous reprenons le chemin en sens inverse. En seulement quelques kilomètres le temps change totalement. Alors que nous étions sous les nuages au bout du lac nous arrivons au refuge sous un franc soleil.

Nous découvrons le lieu dans lequel nous dormirons cette nuit et ce n’est pas franchement rassurant. Une famille vit sur place et s’occupe du « refuge ». Deux pièces font office de chambres, une dizaine de personnes peuvent y dormir. Il y a des toilettes rudimentaires. Quelques tables et bancs permettent de manger dehors.

Nous retrouvons les deux allemands pris en stop le matin, ils dormiront également là. En dehors de nous quatre et de la famille péruvienne il n’y a personne. Le soir la femme cuisine, à l’extérieur, au feu de bois. Il n’y a évidemment pas d’électricité. Au menu des frites et du porc grillé.

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La nuit est tombée, nous sortons dehors admirer les étoiles. La porte d’entrée du refuge se referme en claquant. Nous sommes bloqués dehors, dans le froid ! Mais la voie lactée scintille au-dessus de nous. Nous voyons des centaines ou des milliers d’étoiles, c’est extraordinaire. En contournant le bâtiment nous trouvons un accès ouvert qui nous permet de regagner la chambre. Ouf !

Nous passons une nuit plutôt mauvaise, les lits défoncés ne sont pas confortables et nous avons trop chaud dans nos sacs de couchage prévus pour des températures négatives.

Seul point positif, nous sommes réveillés aux aurores (5h30) ! Nous décidons de grimper sur le promontoire rocheux pour assister au lever de soleil sur le lac. Nous entamons l’ascension au pas de course (30 minutes de marche). Nous ne savons pas à quel moment le soleil passera au-dessus des montagnes et ne voulons pas louper cet instant ! Une fois en haut nous profitons du spectacle qui s’offre à nous.

 Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyages

A gauche du lac, le mont Caraz sera le premier à être illuminé par les rayons du soleil. Puis l’Artesonraju (dont la forme a inspiré le logo du studio hollywoodien Paramount Pictures) et le Piramide. L’astre lumineux s’élève, à droite du lac. Les montagnes passent progressivement dans la lumière tandis que la laguna Paron reste plongée dans l’ombre. Lorsque les rayons du soleil atteignent le lac il prend une incroyable teinte turquoise. Nous sommes bouche bée…


Re: 3 mois dans la Cordillère des Andes. 1ère partie : La Cordillère Blanche - surlaroutedenosvoyages

Nous n’avons jamais vu un lever de soleil aussi beau, sentiment renforcé par le fait d’être seuls à plus de 4000 mètres d’altitude, au milieu d’une nature aussi majestueuse.

Le Soleil poursuit sa course dans le ciel, le lac devient intégralement turquoise. Nous sommes maintenant à contrejour. La parenthèse hors du temps que nous venons de vivre se termine. Retour sur terre.

 Nous redescendons au refuge récupérer nos affaires. Nous espérons trouver un véhicule qui pourra nous ramener à Caraz. Nous sommes un dimanche, des péruviens devraient profiter de leur journée de repos pour découvrir le lac. D’ailleurs deux voitures font rapidement leur apparition.

Dans l’une d’elle un jeune couple prend quelques photos et selfies, se balade rapidement et s’apprête à repartir. Nous leur demandons si nous pouvons profiter de leur véhicule, ils acceptent avec plaisir. Ils participent à un déjeuner de famille, à midi précis, à Caraz. Le début de la descente se passe bien, même si leur petite citadine n’est pas la voiture la plus appropriée pour ce trajet.

 Au détour d’un virage nous tombons sur un 4*4, arrêté en plein milieu du chemin. Compte tenu de la largeur de la chaussée, personne ne peut passer. Renseignements pris, l’essieu avant du véhicule est cassé, après avoir été malmené sur cette piste. Une des roues à l’avant part vers la droite, l’autre roue vers la gauche ! Au fur et à mesure d’autres véhicules, remplis de péruviens venus pique-niquer à la laguna Paron, arrivent dans le sens inverse et se trouvent également bloqués. Pendant une heure chacun propose une solution pour dégager le passage. Finalement avec quelques bouts de fils métalliques un bricoleur effectue une réparation de fortune. Les deux roues avant sont à nouveau parallèles. L’essieu ainsi « réparé » ne tiendra pas longtemps. La décision est prise de pousser le 4*4 en arrière jusqu’aux bas-côtés du virage en contrebas. Tous les hommes présents participent à la tâche. Une fois la piste dégagée chacun retourne à sa voiture et reprend sa route. La solidarité a ses limites au Pérou ! 

Alors qu’il conduisait jusqu’alors prudemment notre conducteur, énervé par l’attente et le temps perdu, reprend la descente sur les chapeaux de roue. Il craint d’être en retard pour le déjeuner de famille. Arrivés à quelques kilomètres de Caraz il ne peut éviter une pierre saillante, qui explose les deux pneus du côté gauche de la voiture… Comment réparer alors qu’il n’y a qu’une roue de secours ?Plusieurs véhicules, voiture, minibus, vélo, moto, passent à côté de nous, personne ne s’arrête pour nous aider. Décidément l’entraide n’est pas le fort des péruviens. Nous commençons à changer une des roues. On verra par la suite pour la seconde. En plein effort nous apercevons dans le lointain l’homme qui nous a conduit à la laguna Paron la veille. Devant nos grands signes il est bien obligé de s’arrêter !

 Après discussion une solution est trouvée. Nous finissons de changer la première roue. Le conducteur intrépide reste là pendant que sa femme va acheter un nouveau pneu dans un garage de Caraz. Nous partons avec elle, notre présence n’est plus vraiment utile. Nous sommes un peu mal à l’aise d’abandonner ce conducteur qui nous a gentiment pris en stop.

Pour nous remettre de ces émotions et au vu de l’heure avancée nous mangeons dans un petit restaurant de Caraz. Entrée, plat, dessert pour cinq soles. La fille de la maison, rentrée de l’école pour la pause déjeuner, aide ses parents en faisant le service. Des clips de musique traditionnelle péruvienne passent à la télévision. Nos oreilles néophytes ont du mal à faire la différence entre des rythmes et des paroles qui se ressemblent tous, tandis que les mêmes paysages péruviens défilent en boucle !

Après cet intermède musical et culinaire nous embarquons dans un des nombreux minibus qui circulent sur la route principale de la vallée, en direction de Yungay.

 Dans cette ville qui a conservé un fort caractère indigène les hébergements sont peu nombreux et les touristes encore plus rares ! Nous avions repéré l’hostal Gledel mais il est fermé. Un voisin nous indique que les propriétaires se sont absentés pour quelques heures. Nous marchons dans la petite ville à la recherche d’un autre hébergement et nous atterrissons à l’hostal Las Rosas. Un nouvel étage est en construction, pourtant nous sommes les seuls à séjourner dans l’établissement cette nuit !

A Yungay l’eau est disponible uniquement quelques heures en début de journée et le soir à partir de 18 heures. Les habitants et hôtels doivent remplir des cuves s’ils veulent disposer d’eau toute la journée. La douche chaude tant attendue après ces deux jours de vadrouille sera pour plus tard. En revanche dans la cour de l’hôtel les bacs de lavage sont remplis, nous en profitons pour effectuer une lessive bienvenue.

 Informations utiles !

 Taxi Caraz – Laguna Paron : 80 soles pour le véhicule

Refuge Laguna Paron : 10 soles

Hostal Las Rosas (chambre matrimoniale) : 40 soles



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Date de l'expérience : 21/09/2019

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