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Les vagabonds irlandais

3 réponses

Dernière activité le 27/10/2016 à 17:12 (consulter)

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nistarok
Le 27 octobre 2016
Bonjour,

Voici le récit de notre voyage en Irlande effectué sur deux semaines en Août 2015.
Je suis Florian, j'ai 22 ans et mon ami Alexandre a 29 ans au moment du voyage.
Bonne lecture !

Nota : Je l'ai écrit sur une période très courte (dix jours) et je n'ai pas eu le temps de tout relire pour el moment, ce qui sera chose faite en temps réel.



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Vendredi 14 Août :


Chanson suggérée : The Dubliners & The Pogues : The Irish Rover.


 [URL=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=222908Alexetflo1.jpg][IMG]http://img4.hostingpics.net/pics/222908Alexetflo1.jpg[/IMG][/URL]


15h : Je suis en mon ami, mon frère de cœur à l’aéroport d’Orly. Ma petite amie nous a salués, nous transmettant chaleureusement ses vœux pour l’accomplissement de notre voyage. Elle ne viendra pas avec nous, seuls moi et Alexandre embarqueront d’ici quelques minutes pour Dublin, la fabuleuse capitale des celtes d’Irlande.


 


Ce n’est pas la première fois que nous voyageons ensemble, Alexandre et moi, c’est pour ainsi dire notre cinquième voyage ensemble, en mode routard, la main sur le volant et le pied sur la pédale de la voiture, filant comme une étoile éphémère et éclatante dans de lointaines mais si proches contrées du fin fond de notre chère vieille Europe.


 


Ainsi, après avoir laissé notre emprunte sur les routes goudronnées, parfois cabossées, parfois défoncées, ensablées voire même inondées, de l’Espagne, de la Croatie, de l’Italie, du Monténégro et autre Portugal nous partons à la découverte de ce pays de légende. Ah toi la belle Erin, terre de promesses et de mystères, aux landes d’émeraudes tapissant ton sol, aux côtes déchirées et à l’océan déchaînée, à ton climat capricieux et à ton peuple chaleureux, à ton histoire tourmentée et à tes légendes enchantées, nous venons conquérir ton cœur, à moins que ce ne fusse toi qui ne nous conquisse !


 


Nous ne sommes pas des parfaits débutant de l’exploration, puisque, comme je l’ai indiqué plus haut, nous avons déjà exploré, et aimé avec passion, la belle cousine écossaise, indomptable et sauvage qui trône fièrement au-dessus du rival anglais, telle une couronne posée sur celle-ci. Un comble quand on sait que Le Royaume-Uni dont fait partie l’Ecosse a comme épicentre du pouvoir royal Londres, capitale de la Perfide Albion, et donc de l’ennemi des écossais. Mais ce ne sont plus que des rivalités désormais désuètes. Ou presque.


 


Mais ne nous épanchons pas dans une longue rhétorique sur la politique de nos chers voisins d’outre-manche, cela n’est pas le propos. Pour être honnête ici assis sur le siège de mon avion, prêt à prendre son envol et à transpercer les cieux, je m’inquiétais de ce que je pouvais trouver, moi et mon ami, en Irlande. En effet, l’Irlande et l’Ecosse peuvent sembler trop similaires quand on y prête à réflexion. Deux peuples celtes réputés pour leur nature sauvage, avec une vraie tradition musicale, deux peuples chaleureux et il est vrai, un penchant inné pour les soirées endiablées où l’alcool coule à flot. Cependant comme je le découvrirai prochainement, ces deux pays fraternels bien que similaires sont totalement uniques, à leur manière.


 


18h : Nous sommes arrivés à Dublin après un vol très court d’à peine deux heures. La voiture, notre comète pour notre voyage temporel, nous a été remise. Une anonyme petite berline qui nous offrait suffisamment d’espace pour deux adultes et leur paquetage.


 


               Nous filâmes par la suite en direction du centre-ville et déjà les choses étaient différentes. Une heure en moins sur le cadran horaire et la circulation à gauche. Très Alex dû reprendre ses réflexes de pilotage apprises en Ecosse d’autant plus que la circulation sur la voie rapide menant à Dublin (l’aéroport se situe en réalité à 15 kilomètres au nord de la ville). Puis déambulant péniblement dans les rues de la ville, nous arrivâmes à notre destination, MEC Hostel.


 


Et nous voici donc dans la cuisine commune à essayer de préparer du café en compagnie de deux américaines avec lesquelles nous conversons formellement. C’est notre première soirée au  pays, les lits en dortoirs sont de qualité correcte mais il nous faut des adaptateurs électriques pour pouvoir brancher et recharger nos appareils électroniques. C’est, la joie aux lèvres que nous descendons cette rue résidentielle tranquille aux hautes maisons de briques rouges, témoin du passé industriel de Dublin vers le centre-ville quelques centaines de mètres plus loin. Ce soir rien de bien fameux au programme, si ce n’est notre première rencontre avec des celtes, des bretons bien de chez nous, passablement enivrés et célébrant leur jeunesse estudiantine dans une ville réputée pour ses pubs et ses soirées enflammées. Reposons-nous mon cher ami, demain un sacré programme nous attend !


Re: Les vagabonds irlandais

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nistarok
Il y a 4 années
Samedi 15 Août : 9h : La météo est radieuse, le thermomètre dépasse aisément les vingt-deux degrés Celsius. C’est avec mon guide de voyage confortablement glissé dans la poche de mon jean arrière que je dirige avec Alexandre, carte approximative de la ville piochée à l’hostel après un copieux petit déjeuner, vers le centre-ville. L’idée est simple, n’ayant qu’une seule et unique journée à consacrer à Dublin, il faut se concentrer sur les principaux points d’intérêt qu’a à offrir cette chère Baile Atha Cliath, histoire de faire un rallye photo intense et concentré (Alex est un passionné de photographie).                 Alors après un stop de convenance dans une coûteuse boutique de souvenirs pour la forme, où d’horribles bibelots bariolés côtoient les incontournables T-Shirt made in china aux couleurs de la belle Erin, nous descendons l’artère principale puis le pont qui traverse la paisible rivière Liffey vers le vieux Dublin. A droite posé au bord du fleuve se dessine Temple bar, endormi comme un gros ours mal embouteillé, fatigué par la folle nuit qui vient de s’écouler. Nous choisissons de percer le cœur du centre-ville, et de dévaler Grafton Street jusqu’à ce que la non moins prestigieuse Trinity College, faculté la plus prestigieuse du pays où a notamment fait ses classes un certain Oscar Wilde, se dessine sur notre gauche.                Je ne sais que penser de cette ville mais je sais que je l’apprécie. Il y règne une atmosphère libérée et frénétique, où la mélodie funky d’un saxophone alto se mélange à l’agitation et brouhaha de la foule, clamant leur joie de vivre et d’être. L’architecture quoique industrielle et bien moins raffinée que celle de villes françaises telles Paris, Bordeaux ou Strasbourg n’est peut-être pas le premier centre d’intérêt. Ici à Dublin les têtes ne sont pas levées pour observer et caresser du regard moulures, gargouilles, panneaux de bois, vitraux ou autres motifs taillés dans la pierre mais ces ensembles de briques rouge vif et robustes donne de la force et une identité à Dublin. Industrielle et maritime oui (n’oublions pas que Dublin est un port fondé par les vikings descendus de leur Scandinavie), mais également sérieuse, imposante, et avec du caractère. 
Re: Les vagabonds irlandais - nistarok
Revenons-en au Trinity College of Dublin ou TCD. La foule qui se précipite pour visiter ce haut monument de la culture et du patrimoine irlandais est oppressante et opaque. Telle une vague qui s’écrase avec fracas sur les récifs et happe tout nageur imprudent vers ses profondeurs. Il faut dire que j’ai une peur panique de la foule, et la perspective d’entrer dans ce temple du savoir envahi par des dizaines des milliers d’étrangers me me(t relativement à l’aise. Alex, lui, a l’enthousiasme d’un enfant s’apprêtant à déchirer le papier de son cadeau de Noël. Alors je prends mon courage à deux mains, nous nous faufilons comme des anguilles silencieuses à travers la marée puis nous nous joignons à un groupe de francophone et à leur guide dans la cour intérieure de l’université. Cette ravissante étudiante irlandaise parle un français parfait, en plus de connaître l’anglais et le gaëlique. Elle nous apprend, enfin tente de nous apprendre, quelques mots dans la langue irlandaise, sans succès, puis nous révèle que seul cinq petits pourcents de la population de l’île parlent le gaëlique. En effet, ici c’est l’anglais langue de l’ennemi héréditaire qui domine. 
Re: Les vagabonds irlandais - nistarok
Elle nous explique l’histoire de la fondation du collège, les règles en usage dans les dortoirs, l’histoire des présidents importants ayant dirigés la faculté ou encore l’intégration des femmes dans l’université (celle-ci étant au début non mixte). Une visite très intéressante en soi, mais nous nous esquivons la file d’attente interminable pour visiter le livre de Kells. Je ne doute pas de l’intérêt que nous pouvons prêter au plus vieux manuscrit de l’Irlande mais est-ce bien raisonnable d’attendre autant de temps et de payer un ticket relativement cher pour ce qui ne semble être qu’une attraction touristique ?                 Alex semble partager mon opinion semble-t-il, nous reprenons notre chemin vers la cathédrale Saint Patrick et son charmant jardin. Une fois cela fait nous traversons le musée Dublinia par l’extérieur puis nous nous engageons dans le château à l’allure médiéval (mais restauré) de la ville. Etant fatigué, je laisse le soin à mon ami de capturer en photo chaque détail, chaque mur et chaque tableau des parties visibles gratuitement le temps que je me repose sur les marches, observant la valse des voitures angoissées dans les canaux goudronnés de la ville.                 13h : Le temps est beau nous prenons notre temps. Nous traversons des zones résidentielles plus pauvres pourtant pas si éloignées du centre et de ses attractions touristiques. Des zones plus modestes et désertes, qui toutefois donnent un air triste jusque-là méconnu de nous. C’est pourquoi, recommandations du guide en tête, nous décidons de marcher vers les quartiers excentrés. Bien que la marche ne soit pas d’une difficulté irraisonnable, la chaleur sans ombre où nous abriter cumulé à l’effort dû à notre longue marche (déjà quatre heures tout de même), nous voulons changer de transport et louer un vélo. Mais hélas, bien que nous essayions de toutes nos forces de comprendre le système de location des véhicules (diable bien plus compliqués que les Vélib parisiens !), nous abandonnons. Ce n’est qu’à 14h que nous atteignons notre objectif : Kilmainham Gaol. Cependant deuxième mauvaise nouvelle, la prison, puisqu’il s’agit d’une prison d’Etat historique ayant eu un grand rôle durant les troubles irlandais, est seulement ouverte à la visite le matin et sur réservation.                 Le cœur déçu, j’active un plan de secours, Phoenix Park. Ce parc, ou plutôt ce domaine boisé public est méconnu du grand public et pourtant il s’agit du poumon vert de Dublin. Et pour cause, le parc est bien plus étendu que les renommés Hyde Park à Londres, Central Park à New York ou Golden Gate Park à San Francisco. A lui seul, Phoenix Park occupe un bon cinquième de la surface de la cité de briques. C’est ainsi que, jeu de cartes en main, nous nous posons prêt du monument emblématique du bois.                 Après une pause bien méritée, nous décidons de quitter le parc puis d’intercepter un autobus direction du centre-ville. Longeant la Liffey, nous découvrons les quais du fleuve sous un autre angle. Nous descendons à. un superbe bâtiment au dôme vert. Nous remontons une colline industrialisée jusqu’à la St James’ gate, sacro-saint lieu où l’on brasse la célébrissime bière stout Guinness. Mais loin de nous l’idée de dépenser le prix d’admission exorbitant pour visiter la brasserie, une pause photo devant l’imposant portail noir en contre-plaqué affichant le logo de la marque suffira. 
Re: Les vagabonds irlandais - nistarok
20h : Je suis accoudé à un comptoir d’un pub dans Temple bar, Alex est à l’extérieur au téléphone. Ce soir il y a un match important préparatif à la prochaine coupe du monde de rugby en Angleterre. L’Irlande s’est imposée de justesse à domicile face aux voisins écossais. La France elle, affronte l’Angleterre dans un test match qui s’annonce bouillant. Je ne suis pas seul, avec moi se trouve une bande d’amis anglo-australiens. Je ne me rappelle pas de tous les noms, si ce n’est un Josh, un Andrew. Des gars et des filles sympas et tapageurs, embrasant le pub à chacune des actions des leurs. Evidemment en tant que français de service, il fallait bien que je défende ma patrie, que je clame mon amour pour elle en chantant et en dévalant des pintes de bières (bientôt imité par Alex, revenu du téléphone). Bras français dessus-bras anglais dessous nous sautillons et faisons la fête. Mais finalement c’est une victoire anglaise sèche et sans bavure. Nous restons bon joueurs puis nous éclipsons vers un autre plus discret où nous rencontrons, entre autres, deux hongroises. Et puis fin de la partie, passablement éméchés nous rentrons péniblement en taxi à l’auberge de jeunesse. Demain, nous décollons enfin !

Re: Les vagabonds irlandais

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nistarok
Il y a 4 années
sérieusement c'est quoi cet éditeur ou on peut pas modifier son post et où les photos mangent le texte ?

Re: Les vagabonds irlandais

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nistarok
Il y a 4 années
Dimanche 16 Août : 10h : Le bout de la route et tout autour une rangée de tristes maisons préfabriquées nous encercle, c’est une impasse. Le ciel est mélancolique et je panique, je ne sais pas où l’on doit se diriger nous avons raté la bonne sortie et nous sommes au milieu de nulle part avec une carte sommaire en guise de navigation assistée et personne pour nous indiquer le chemin. L’enthousiasme a vite cédé à l’anxiété, celle du voyageur qui, malgré toutes les précautions prises et tous les efforts d’organisation du voyage, se retrouve face à l’imprévu, au spectre de la galère et de la désillusion qui plane sournoisement au-dessus de sa proie, prêt à fondre les serres ouvertes comme des pinces retors et mécaniques.                 Et puis je reprends mes esprits, j’indique à Alexandre qui attend patiemment mes instructions pour la route. Nous faisons demi-tour, l’air est frais, les roues crissent sous la manœuvre du conducteur, dérapent puis avalent goulûment les kilomètres de bitume qui défilent au loin. Nous nous dirigeons vers le sud-est, à deux kilomètres de là. La banlieue de Dublin est triste, nous la dépassons et laissons derrière nous sans remords. Bientôt, aux voies à accès rapide se substitue des tourbières tapissées de bruyère violette, de touffes d’herbes sauvages et de petits arbustes. Là-bas un peu plus loin, le sol se soulève, se courbe et se tend de tout son ventre vers son acolyte céleste, forme de grandes collines lilas rebondies et de petites montagnes encaissées et vallonnées. Un mystère inextricable semble se dégager de cette lande, un parfum d’herbes sauvages se mêlant à l’air frais de la montagne envoute les sens du pèlerin de passage. Non loin de là, un petit monastère du sixième siècle tout en pierre et mignonnet observe de ses yeux centenaires avec sérénité le spectacle offert par la nature. Là une cascade, ici un lac, artificiel, mais paisible et endormi, retenu par un barrage hydroélectrique. C’est sur la route descendant jusqu’à l’entrée du barrage que nous décidons de déjeuner sur les hauteurs prêt des cheptels de moutons sauvages. 17h : Nous sommes au Sud-Est du pays. Après avoir traversé les monts Wicklow et son fameux monastère de Glendalough, puis d’anonymes cités de pêcheurs sans grand charme, nous voici à Kilmore Quay, un charmant et minuscule village de la région de Wexford. Un peu à l’écart du centre, nous longeons le front de mer sauvage, là une statue de pierre représentant deux personnages à l’air effaré, ici une réplique miniature d’un bateau en bois commémorant la mer. Quelques rares vélos profitent de la balade tandis que nous nous dirigeons vers une allée de pierres déposée sur l’océan Atlantique. Nous empruntons le chemin avec prudence puis nous arrivons sur un petit récif au milieu de la mer. L’écume nous caresse les joues, les vagues fouettent fougueusement nos chevilles et le vent souffle furieusement dans nos cheveux. 
Re: Les vagabonds irlandais - nistarok

Mais nous devons nous hâter pour trouver un campement pour planter notre tente. Hélas le seul endroit correct pour s’installer ici est déjà pris ! Nous reprenons à contrecœur la route mais non décidons cette fois-ci, de nous affranchir des axes routiers principaux. Nous choisissons donc de bifurquer vers des chemins de traverse perdus en pleine campagne irlandaise et évidemment non répertoriées sur la carte puis, dans ce qui semble être un hameau, nous nous arrêtons. Une imposante ferme aux couleurs turquoise se profile à l’horizon et nous décidons de rester à distance respectable de la propriété. Nous surplombons une longue plage sauvage, le soleil décline, nous jetons la tente. Nous allumons un feu, nous dînons, nous sommes heureux à nous raconter des histoires qui se veulent amusantes ou effrayantes, à jouer aux cartes et à picorer dans le sachet de cacahuètes. Demain on va à Cork !

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