Forum Canaries

Creer un gîte ou des chambres d'hôtes à Tenerife?

5 réponses

Dernière activité le 23/05/2013 à 11:15 (consulter)

Avis non contrôlés
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Le 18 mai 2013
bonjour, j'ai vécu 3 ans à la Graciosa et cela fait presque 30 ans que je viens au Canaries plusieurs fois par an. Je suis cinéaste et j'ai réalisé un long métrage autour de ces îles . Mon compagnon, Antonio, est originaire de Lanzarote et est musicien.
Nous avons le désir de créer à Tenerife, un gîte et un centre de "tourisme poétique" afin de faire découvrir la culture des îles. Nous aimerions collaborer avec les locaux, créer un lieu convivial et interculturel.
Mais en m'informant je découvre que les notions de "gîte, logement chez l'habitant ou chambre d'hôte" sont totalement absentes des normatives
touristiques du gouvernement canarien.
Nous n'avons trouvé que statut de "maison rural" qui sont des logemenst jolis mais un peu chic et "muséifiés" et avec des normes architecturales très strictes qui ne correspondent pas à notre projet.
Il semble que tous ce qui exste et correspond à la notion de "gîte" soit illégal . Or les amendes sont lourdes.
qq aurait -il des solutions, d'autres informations?
Une piste?
Merci d'avance pour vos réponses,




pour générer des rencontres entre visiteurs et locaux.

Mystère?

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campone
Il y a 7 années
Je suis étonné, car il existe bien des B&B (chambres d'hôtes)- voir les sites airbnb et bedandbreakfast.Ceux-ci sont-ils en infraction?

Complément de réponse

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France (Tenerife)
Il y a 7 années
... notamment à Isabelle avec qui nous avons échangé sur la question par emails privés.

Les solutions de logements alternatifs n'ont tout simplement pas fait partie de l'offre touristique qui a été pensée, proposée et développée aux Canaries ces dernières décennies, tout a été misé sur l'hotel, l'hotel, l'hotel, répondant alors à une demande européenne en mal de soleil, de plage , de farniente, de Tout Inclu.

Au fils des années, et je ne crois pas me tromper en affirmant que ce fut sous la poussée des étrangers installés aux Canaries et habitués à d'autres façons de voyager, d'autres types d'hébergements correspondant mieux à d'autres catégories de voyageurs ont commencé à naître ça et là, sans aucune norme locale à laquelle se rattacher.

De nos jours, au vu de leur explosion (qui ne plait pas du tout du tout aux grandes chaînes hôtelières), il va être difficile aux autorités locales de ne pas prendre en compte cette offre et cette demande croissante de séjours en toute liberté et au plus prés de la vie locale qui ne veut pas entendre parler des hôtels du tourisme de masse, et qui n'en est pas moins le meilleur "public" pour l'archipel : celui qui se restaure dans les troquets locaux, qui fait ses courses dans les petits commerces, sur les marché, bref, qui consomme local.

Passé le premier réflexe du tout répressif, les choses ne pourront qu'évoluer dans le bon sens et trés vite :

en attendant, la solution c'est de prendre conseil auprés d'un "Gestor" afin de voir comment vous déclarer comme entrepreneur sous une des rubriques les plus proches de l'activité que vous souhaitez développer et qui pour l'instant n'existe pas clairement, cotiser tous les mois, déclarer vos revenus tous les 3 mois et payer vos impôts et votre Igic (TVA locale) en conséquence afin d'être fiscalement couverts en attendant que les textes sortent.

Celles et ceux qui s'annoncent publiquement sur des sites tels que AirB&B et ne sont pas au moins déclarés en tant que "autónomo" s'exposent effectivement à un certain nombre des soucis le jour oú Hacienda (les Grands Méchants "Impôts") ou la "policía turistica" iront mettre son nez sur ce site.

Aprés ça, le principe même du B&B de part le monde a toujours été un habitant qui offre un chambre et un petit déjeuner à un voyageur qui ne demande rien d'autre et choisis librement de se loger chez l'habitant, justement en vue d'une meilleure immersion dans le pays vistié, cette formule a souvent aidé des locaux aux faibles revenus non pas à s'enrichir (quand on sait le prix d'une nuit en B&B dans certains pays !) mais à arrondir leurs fins de mois en échange de la qualité de leur accueil et au prix de la mise en veilleuse de leur intimité et de leur espace privé le temps d'un séjour, vu sous cet angle, on peut aussi se poser la question de la nécessité des normes, de textes, des lois qui envahissent systématiquement notre quotidien et les relations humaines.

Ayant pour ma part pas mal voyagé en Amérique Latine, toujours chez l'habitant, je sais combien mes séjours ont pu pu aider économiquement mes hôtes. La profusion d'offres actuelle sur les sites de B&B aux Canaries est sans doute à mettre en parallèle avec la situation économique chancellante de
l'Espagne, c'est en ce sens que les autorités vont sans doute devoir être créatives en la matière : mieux vaut permettre aux gens de travailler au grand jour que de comptabiliser 30% de la population active au chômage ou en fin de
droits.

Et au passage, rester aveugle face aux mutations et à la diversification de la demande touristique

Bien cordialement,
France (Tenerife Autrement)

Tout a fait d'accord

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Il y a 7 années
Merci France je suis tout à fait d'accord avec vous. Après enquête je découvre qu'il existe une foule d'offres alternatives au tourisme de masse, riches personnelles et créatives, comme la vôtre. Ou simplement des Canariens qui arrondissent leur fin de mois. Autant de portes sur un autre tourisme.Une partie des logements qu'on trouve sur airbnb sont cependant reconnus comme "casa rural" c'est à dire des logements extrahotelier (alojamiento extrahotelero) correspondant à certaines normes. Il faut par exemple une maison faisant partie du patrimoine architectural canarien. C'est à dire une maisons d'un certain prix.
Les habitations troglodytes (bien que courante depuis des siècles dans la zone de Guimar-Fasnia) ne sont pas acceptées, loger dans une grotte serait donner une image qui ne correspond àl 'image d'Epinal des "Canaries authentiques" vendue par le tourisme rural.
Bref, les normes mises en places ne permettent d'accueillir des touristes hors d'un cadre hotelier que si ont dispose d'une maison d'un certain prix correspondant à une image muséifiée et "folklorisante" des Canaries.
Rencontrer les canariens dans leur vie de tous les jours, loger dans une ferme ou une famille ouvrière dans un quartier populaire de Santa CRuz est illégal.

Certes, mais aprés ça...

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France (Tenerife)
Il y a 7 années
...les normes sont aussi faites pour être transgressées : loger chez l'habitant à Tenerife si on veut on peut, sans aucune obligation de le crier sur les toits.

C'est ce que j'ai fait lors de mon arrivée ici il y a des années, en commençant par partager le domicile d'une brésilienne sans papiers offrant dans le célèbre journal d'annonces local " El Baúl" des massages plus ou moins thérapeutiques, puis celui d'une jeune femme de bonne famille déchue bien sous tout rapport qui étudiait le français en vue d'être prof et avait mis une annonce au consulat pour héberger des français(es) ou des belges et au passage ça lui faisait un peu de sous, rajoutons que l'université locale fait que de nombreuses familles logent des étudiants chez eux, quant aux hébergements alternatifs pour les voyageurs, c'est sous la poussée de ceux qui les proposent que les choses finiront par bouger, et sous la pression des voyageurs si de plus en plus nombreux, ils optent pour ce type de logements et pour la proximité avec la vie locale.

Les Casas Rurales : pas seulement le prix, il faut aussi que les maisons aient un certain nombre d'années attestées et tout un tas de normes qui font que les propriétaires s'arrachent les cheveux. Pour clôre le chapitre Air B&B, certains B&B sont aussi en fait des hotels 1 étoile qui se vendent comme tels. Un vrai B&B, ça reste quand même Chez l'Habitant.

Comme je vous l'ai commenté en "off", le jour oú les B&B seront "normés" votre maison au charme et à la simplicité familiale va se transformer en bunker avec des sorties de secours, des flèches dans tous le sens, des illuminations pour trouver la sortie la nuit, fini la cuisine de Grand Mère il faudra la troquer contre
une cuisine industrielle, vous habillée en cosmonaute pour faire vos petits déjeuners, les fruits de votre jardins devront être traités, ne vous avisez pas à servir un oeuf à la coque il faudra des oeufs en poudre, et tout ceci, afin de sécuriser le séjour de vos hôtes qui eux, ce qu'ils veulent, c'est prendre le risque de partager votre quotidien, manger les fruits non traités, vous voir faire la tambouille dans la cuisine en papotant, et se foutent comme d'une guigne que les "z'autorités" locales pensent pour eux leur façon de voyager.

Et pour peu qu'on vous fasse refaire votre maison du haut en bas car elle ne rentre pas dans les normes pondues par 3 obscurs fonctionnaires locaux, il ne vous restera plus qu'à répercuter le prix sur vos voyageurs là oú vous aviez opté pour un accueil sympa et possible pour tous en ces temps économiquement peu florissants.

Voilà pour ces quelques réflexions sur les incohérences de notre Temps.

Bien cordialement,
France (Tenerife Autrement)

l'aspect republique bananière

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Il y a 7 années
Je ne pense pas que les normes des gîtes, ou chambre d'hôte seraient nécessairement aussi contraignantes si justement il était établi qu'il s'agit d'un logement chez l'habitant.
Je comprends très bien le fonctionnement que vous avez choisi mais comme vous le disiez nous sommes à une époque de crise et de changement et je crois que même au niveau institutionnel quelque est en train de se transformer.
Le tourisme de masse est en crise et même des institutions aussi peu révolutionnaires que Caja Canarias ont organisé fin 2012 un colloque sur la nécessité d'un tourisme différent.
Et puis surtout l'illégalité et la discrétion ont des effets secondaires qui peuvent être très pervers.
Fonctionner dans l'illégalité et détourner les normes est le fonctionnement commun aux Canaries que ce soit au sein des institutions universitaires et culturelles ou au niveau de de l'urbanisme et de l'organisation du territoire(pour parler seulement des domaines que je connais et où j'ai travaillé).Ce n'est pas pour autant une douce liberté anarchique . Au niveau de l'urbanisme les constructions illégales prolifèrent ou les "cuartos de apero" (cabane à outil) qui ont deux étages, une salle de bain et une cuisine. Tout va bien tant qu'on reste discret, qu'on a un ami à l'ayuntamiento ( Mairie) ou qu'on s'entend bien avec ses voisins. Mais il suffit d'une dénonciation et les amendes peuvent aller jusqu'à 100 000 euros.
Résultats : les normes urbanistiques pourtant bien nécessaires à Tenerife ne sont pas respectée. C'est aussi un système qui favorise la corruption, comme à Berrugo à Lanzarote où en 2002 ce n'est pas "un cuarto de apero" qui a été construit de manière illégale mais tout un complexe hôtelier.
De plus ce système entraine une culture de la peur et du silence, tant que les choses sont floues, ambigues et pas tout a fait légales, on reste caché et on ne parle pas trop fort . A tout moment la dénonciation peut être faite et l'amende peut tomber.
Pour revenir aux gîtes et chambre d'hôtes et autres (il y a par exemple de fantastiques résidences d'artistes et des centres de dévellopements personnels), il serait magnifique de publier un guide reprenant ses offres et de promouvoir ces "Canaries autrement". Tant que ceux-ci reste cachés, l'image qu'on diffuse de l'archipel est toujours celle décidée par les tours opérateurs et les nationalistes canariens au pouvoir : une image de papier glacé. Pourtant cet archipel est magnifique et sa richesse culturelle et humaine est surprenante. Le faire connaitre autrement à partir des initiatives comme la vôtre, pourrait contribuer à sa protection. Le projet de César Manrique à Lanzarote était visionnaire bien qu'il ai été lui aussi transformé en "attraction touristique" . A côté de son oeuvre picturale, il y a ses écrits plus que jamais d'actualité.

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