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danger utilisation cannabis inde

12 réponses

Dernière activité le 10/05/2021 à 15:35 (consulter)

Avis non contrôlés
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Le 12 mars 2009
bonsoir à tous,
je prévoie de voyager un mois en inde du sud en aout,et aurais aimer avoir vos avis de routard confirmé , quant aux dangers de l'utilisation du cannabis là bas.
MERCI d'avance pour vos réponses !!!

Jepense que...

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Il y a 12 années
Et bien à ta place je m'abstiendrai.
La détention de cannabis peut entraîner une peine allant jusqu’à 6 mois de prison avec travaux forcés.
Sinon voilà.

Envie de tester les prisons indiennes ?

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Khun Séba
Il y a 12 années
Aurais-tu envie de tester les prisons indiennes ?

Re conso supéfiant

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Il y a 12 années
J'ai passé quelques jour a goa (anjuna) la semaine dernière, et j'ai vu beaucoup de hippie comme les appels les indiens fumer du cannabis.

Il faut savoir que les prisons de goa ne contiennent pas que des indiens.

Personnellement, l'aventure ne m'a pas tenter, mais après à chacun de mesurer les risques qu'il est prêt à prendre.

Le problème n'est pas tellement d'en consommer, mais d'en acheter, vu que les dealers ne sont en général pas spécialement des gens de confiance... En plus tu seras constamment fouiller par l'armée et ou la police chaque fois que tu visiteras un monument ou un temple donc gaffe!

Voir le guide version papier

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Il y a 12 années
Il y a un chapitre dessus... en gros c'est du genre:
1 à 10g :6 mois à 1 an de prison
10g à 100g: 2 à 5 ans
+: 10 à 20 ans

Et que parfois y avait des opérations spéciales, du genre des flics en civils débarquent dans un train et ne fouillent que les étrangers...

Bref (ne fumant pas) ça m'a bien fait rire !! (que des gens prennent le risque)

quelle est ta question?

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Il y a 12 années
de quels dangers parles-tu?
Pour la prison on t'a répondu.
Pour les effets...? peut etre un peu plus fort qu'ici.... Le danger c que tu dorme un peu trop. Si tu es en groupe: bonne marade! essai de pas devenir dingue!

Tu vas la bas juste pour ca? Un peu dommage non?

risque penal

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Il y a 12 années
salut ,

je compte faire un mois en inde du sud avec ma copine (dc en aucun cas j'y vais pour ca) , et j'aurais voulu avoir le point de vue de personne qui ont eu l'expérience de fumer la bas. pour me dire si vraiment je cours un gros risque (de me faire emprisonner ou autre ) ,si j'en consomme dans des endroits discrets et sans en transporter lors de voyage en train ou bus.
j'ai l'habitude de voyager en asie du sud est (thailande , laos ,cambodge, philippines) ou il est illégal d'en consommer, mais ou j'ai pu m'en procurer et en fumer sans problèmes (moyennant un minimum de bon sens et un maximum de discretion)
.
je voulais juste savoir si c'était le cas en inde ?

merci !

risque si tu es completement pete

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Il y a 11 années
oui dans le sud c'est tranquille pour fumer ,meme dans le nord

beaucoup de personnes viennent en inde pour consommer du cannabis,et qui reviennent en inde souvent,sans avoir des problemes

faut faire attention,surtout de ne pas fumer sur la plage,meme la nuit ou parfois il ya des descentes de police

du moment que tu n'en transporte pas sur toi,et que tu fumes dans une endroit tranquille,il n'y as pas de gros risque

de plus le nord c'est vendu dans la rue les gateaux avec drogue comme les lassis,sans que tu risques rien a consommer sur place

c'est que fumer ,ou c'est dangereux de fumer dans la rue

le seul risque que tu peux avoir avec ta copine c'est de te promener completement peter dans des endroits deserts sur la plage,la nuit

les indiens surveillent les filles seules,completement petees,et,les suivent la nuit pour leur faire subir de super mauvaises choses

moi,meme,avec plusieurs copains,on a sauve une fille completement petee qui passait un tres mauvais quart d'heure par 2 indiens sur la plage,la nuit

risque avec le dealer

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Il y a 11 années
le risque c'est que certains dealers sont en cheville avec la police et vont te denoncer

de plus pleins de touristes ont disparu a richikesh,d'apres les guides routar et lonelyplanet a cause de la drogue

la bas c'est les saddhous qui vendent la drogue et qui t'en proposent

une personne m'as raconte qu'un jeune est parti avec 2 saddhoux,je pense pour la drogue et qu'on l'as retrouve le lendemain egorge

en inde ca peut etre plus dangereux qu'en thailland d'acheter de la drogue

hello word-citizen

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LATUFAITLATUVU
Il y a 10 années
Bonsoir Word- Citizen,

Comment allez -vous depuis ce voyage en inde??? la fumette ça bien marché??

J e vous écrits une fois par an car mon fils est mort suite à diverses escalades de drogue et en fin de compte je vous aime bien et j'essaye de vous aider à être heureux avec votre compagne.

Bien amicalement

Re: risque penal

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Il y a 4 années
,, salut ,

je compte faire un mois en inde du sud avec ma copine (dc en aucun cas j'y vais pour ca) , et j'aurais voulu avoir le point de vue de personne qui ont eu l'expérience de fumer la bas. pour me dire si vraiment je cours un gros risque (de me faire emprisonner ou autre ) ,si j'en consomme dans des endroits discrets et sans en transporter lors de voyage en train ou bus.
j'ai l'habitude de voyager en asie du sud est (thailande , laos ,cambodge, philippines) ou il est illégal d'en consommer, mais ou j'ai pu m'en procurer et en fumer sans problèmes (moyennant un minimum de bon sens et un maximum de discretion)
.
je voulais juste savoir si c'était le cas en inde ?

C'est pareil en Inde oui.



merci !


Re: risque penal

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Il y a 4 années
Bonjour je suis allé en Inde du sud il y a 10ans maintenant.
Après m'être fait insulté en message privé sur le fait que je voulais comme toi fumer qq pétard le soir...

Il n'y a pas de gros risque si tu le fait discrètement comme tu dis,les vendeurs de souvenirs en vendaient même à Varkala dans leurs shop....
On risque de t'en proposer partout !
Si tu le fait intélligemment tu ne risque pas de tomber dans un coup fourré.

En définitive pas de gros risque,au pire tu donnes 20à 50 euros et le flic aura fait sa journée.

Bon voyage !

Re: danger utilisation cannabis inde

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yoda12
Il y a 2 mois
Mon séjour à la prison de Tihar (Inde de 1988 à 1991) : En juillet 1988 j’ai 18 ans et je viens de rater mon bac. Je décide de prendre un billet d’avion pour l’Inde, c’est une idée qui me trotte dans la tête depuis déjà quelques mois, j’en ai marre des études et mon année de terminale dans un lycées de Suresnes n’a franchement pas été terrible, je me traîne. J’ai planifié tout ça depuis trois ou quatre mois.Je me retrouve donc à Orly Sud un mardi de début avril avec un sac à dos de 40 litres comme unique bagage. J’ai pris un vol Paris Bombay avec une escale aux Emirats Arabes Unis. Le décollage à lieu vers 20h00 et j’arriverai le lendemain en fin d’après-midi heure locale. Le fait de partir seul effraie un peu mes parents, mais j’arrive à une période où tout me soule, les études comme ma famille, j’ai besoin d’air.Depuis l’année dernière un pote en première année à l’université a découvert le shit et en ramène souvent de son campus universitaire de province. On fume régulièrement, c’est peut-être ce qui a contribué à me faire rater mon année de terminale, mais ça ne me tracasse pas plus que ça, à l’époque je plane un peu à 1000 mètres, voir 2000, rien ne m’inquiète, je vais droit dans le mur mais les soucis de la vie d’adulte me paraissent encore trop lointains pour pouvoir me toucher, je suis jeune je me sens immortel. J’ai entendu tout au long de cette année deux amis de fac à mon pote nous raconter leur voyage en Inde, nous faisant saliver en nous disant que les gens sont gentils, la bouffe exceptionnelle et point important : qu’ils avaient fumé là-bas un shit costaud qui coûte une misère. Un copain de la fac en a ramené une savonnette et ça a été la fête sur le campus pendant un moment ! Donc j’ai bien l’intention d’en trouver dans les rues de Bombay, où il paraît que les touristes sont harangués par des locaux. A l’époque il n’y que le shit qui compte, c’est nouveau, ça se développe en force et attrape toute la jeunesse de la fin des années 80 par surprise. Je n’échappe pas au phénomène.Le vol se passe super bien, je suis assis à côté d’une vieille dame qui me raconte toute sa vie, elle me soule pendant les 10 heures que durera le vol, mais je l’écoute gentiment en pensant à mes vacances indiennes. Nous atterrissons en début d’après-midi avec une heure et demie de retard car l’escale aux Emirats Arabes Unis a été plus longue que prévue, sans qu’on sache pourquoi. Comme mon sac à dos est petit il a pu passer en bagage à main je sors donc très rapidement de l’aérogare dans avoir à patienter de longues minutes pour l’arrivée des bagages. Un taxi m’amène à l’hôtel pour trois fois rien. Je suis encore étudiant et j’ai pas un rond, juste quelques économies que j’ai mis plusieurs années à amasser sur un comte postal, et une grosse partie de mon budget et passée dans le trajet aérien, mon hôtel est donc assez miteux, mais ça reste quand même jouable. Mes parents m’ont forcé à prendre des travels chèques par sécurité.Le soir au pied de l’hôtel je me pointe à une petite échoppe qui vend quelques bricoles, je prends une soupe dans un grand gobelet fermé comme les cocas du MacDo, un grand sandwich et une pomme. J’aurai du mal à terminer la soupe tant elle est épicée. Tout ça pour 4 ou 5 francs de l’époque. Ce n’est pas cher du tout, et encore je pense que le vendeur m’a arnaqué voyant que je suis un jeune touriste tout juste débarqué. Je dîne dans la rue, assis sur un coin du trottoir avec tous les autochtones. Quel misère ! le nombre d’handicapés et d’éclopés est impressionnant, j’ai l’impression qu’il n’y a que des SDF, partout, partout... On m’avait prévenu mais c’est un sacré choc d’atterrir comme ça brutalement au milieu de toute cette misère. Avec ma peau bien blanche qui n’a pas encore eu le temps de bronzer, nombreux sont ceux qui viennent me solliciter une pièce ou une cigarette. Je repousse calmement les premiers assauts mais au bout d’un moment ça devient tellement ingérable que je décide de remonter dans ma chambre d’hôtel toute proche. J’espère qu’ils ne vont pas me souler comme ça tous les jours… Fatigué par le vol et le choc culturel face à autant de misère je me couche à 21h00. Malgré la mauvaise isolation phonique de ma chambre face au brouha de la rue je m’endors comme une masse après avoir pris soin de bien fermer ma porte à clé, avec toute la faune de la rue j’ai vraiment pas confiance.Je me réveille tôt le lendemain matin et pars découvrir un peu la ville. J’ai emporté toutes mes affaires avec moi, car mon hôtel est si miteux que c’est plus sûr ainsi. La chambre me revient à environ 11 francs (120 roupies je crois de mémoire), j’y reste une vingtaine de jours car son emplacement est stratégique, en plein centre-ville et pas loin de la gare routière d’où partent tous les autocars qui sillonnent le pays. Je m’offre un trajet en car pour visiter une zone désertique aux terres ocres dans les terres. Les indiens voyagent beaucoup en bus car c’est un moyen de transport économique très apprécié dans ce pays pauvre. Pour la seconde partie de mon voyage j’ai prévu de monter en car dans le nord du pays et de passer une quinzaine de jours à New Delhi. Il paraît que nord et le sud sont très différents. Je suis à Bombay depuis 3 ou 4 jours quand je finis par céder aux avances d’un indien, petit et maigre avec une fine et longue moustache qui lui barre le visage, qui me propose du haschich. Déjà dès la sortie de l’aéroport des autochtones m’avaient abordé. On sort de la rue principale et on se positionne dans une ruelle perpendiculaire très étroite et assez sombre où une voiture n’aurait semble-t-il pas la place de passer. Quelques passant vont et viennent et ne semblent pas prêter attention à nous, ni les marchands qui vendent de la boustifaille posée à même le sol sur des petits cageots. Il me vend pour quelques grammes de shit pour une somme dérisoire. C’est un shit très noir et gras, il colle aux doigts, de l’Afghan certainement car il ne s’émiette pas, je suis contraint de le rouler en allumette pour pouvoir le fumer. Le morceau que je lui ai pris me durera les 20 jours que je passerai à Bombay, il est tellement fort que je n’en fume que le soir à l’hôtel ou sur la plage sinon en journée ça me fait dormir. Et je ne suis pas venu ici pour passer mes journées au lit. Je me dis que si je ramène du hash de cette qualité en France je vais être le roi du monde auprès de mes potes qui n’ont que du shit marocain à fumer, shit qui doit plafonner à 1,5 % de THC et peut-être 2 ou 2,5% pour le double zéro.Les 20 premiers jours à Bombay se passent bien, je fais de nombreuses ballades dans la capitale, ça grouille vraiment de monde, j’adore ça, et on bouffe super bien, je suis très dépaysé j’ai l’impression d’être sur une autre planète. Je me fais une excursion en car dans une sorte de désert aride aux terres rouges. Je passe mes soirées à la plage où chaque soir des indiens viennent à ma rencontre, curieux et me posant en anglais toujours plein de questions sur la vie en France et la ville de Paris. Je leur baragouine quelques trucs en anglais, on se comprend à peu près. Pour cette première partie du voyage j’ai sympathisé avec quelques indiens donc, j’ai payé un coup à certains. C’est surtout le soir que je fais des rencontres, en fumant du shit sur la plage avec les locaux. Bombay aura été une expérience trop courte, on peut arriver ici, s’y perdre et se réveiller un jour sans jamais savoir depuis combien de temps on est là, le système de vie est trop labyrinthique pour le commun des mortels. C’est ce qui arrive à beaucoup, on croise de temps à autres de vieux touristes, on voit qu’il sont là depuis très longtemps, des années pour certains, ils ont parfois l’apparence de clodos. En tout cas dans les rues la misère y est vraiment choquante, j’ai du mal à m’y faire. Par contre jamais je ne me suis jamais lassé des couchers de soleil à rallonge de Bombay. Le 23 avril je quitte mon hôtel de Bombay et prends un bus qui doit me mener à New Delhi au nord du pays. Les deux villes sont distantes de plus de 1400 kilomètres, nous mettons deux jours pour effectuer le trajet qui me revient à environ 35 francs si j’ai bonne mémoire. En arrivant je suis épuisé après ces 2 jours de car sur des routes défoncées par endroits. Par endroits la route se transforme en piste explosive, quel tape cul !C’est en arrivant à mon hôtel de New Delhi que j’appelle ma famille en France pour la première fois pour leur donner des nouvelles. Ils n’ont toujours pas reçu ma carte postale postée il y a une dizaine de jours. La recevront-ils seulement un jour… Il parait que les employés des postes arrachent les timbres pour les revendre, et balancent les cartes postales à la poubelle. Arrivée à New Delhi :J’avais été choqué par la misère partout dans les ruelles de Bombay, mais en débarquant à New Delhi c’est encore pire, l’Inde m’apparaît comme un pays de SDF, tous les habitants semblent vivre dehors, et sont en guenilles pour nombre d’entre eux, presque tous sont en sandalettes misérables ou même souvent pieds nus. Dans ce pays j’ai l’impression que la classe moyenne vit dehors.L’hôtel est un peu moins piteux que le précédent, ce qui me redonne un bon coup au moral, mais il n’y a pas non plus de quoi se taper la bite sur le coin du caniveau. Arrivé en fin d’après-midi je sors aux environs de l’hôtel, sans trop m’éloigner car j’ai peur de me perdre, je ne connais pas encore le coin, et tout cette foule dans les rues c’est très désorientant, on se croirait aux puces de Clignancourt un samedi après-midi. Je m’achète de quoi dîner dans une gargote toute proche et monte me coucher, je ne sais pas ce que je mange mais c’est excellent, il est 20h30 lorsque que je m’endors, je suis raide.Le lendemain je pars visiter la ville à pieds. J’ai eu le temps de bronzer durant les 20 premiers jours aussi les autochtones ne me prennent pas autant le chou, et j’ai aussi vite appris à m’en débarrasser en les ignorant tout simplement. Les snober, y’a que ça qui marche.Les jours se suivent et se ressemblent : promenade au milieu des rues noires de monde, et fumette le soir avec les gens du coin dans le Buddha Jayanti Park. J’ai acheté un morceau de shit à un couple d’anglais de l’hôtel.En rentrant en taxi un jour où j’avais fait une longue ballade, je tombe sur un chauffeur assez jeune qui me demande tout de suite « Haschich ? ». A croire que ça devait être écrit sur mon front… Mais en fait beaucoup de jeunes viennent ici pour le hash. Il parle un peu anglais et on finit par se mettre d’accord pour une vente. Il me conduit chez lui dans le nord de la ville. Là, je fais la connaissance de sa famille : sa femme m’accueille super bien et retourne dans le local qui leur sert de cuisine, elle semble y passer ses journées et n’en sortir que pour s’occuper de leur 4 enfants. Le couple est jeune mais ils ont déjà 4 gosses, je n’en revient pas, ils sont à peine plus âgés que moi !On s’installe dans la pièce principale sur un vieux sofa hors d’âge avec le chauffeur de taxi qui me dit s’appeler Aarav, les enfants sont envoyés dans une pièce du fond. Aux murs sont accrochés des tantras qu’il a lui-même dessinés, un est en cour de réalisation sur une petite table qui lui semble réservée pour ses dessins. On discute un peu il me dit qu’il fait aussi de la calligraphie, me demande mon nom et l’écrit avec une fine tige de bambou en jolies lettres sur le coin d’une feuille. C’est très beau. Mais on ne traîne pas autour du pot, très rapidement on se met d’accord sur notre transaction : je lui prends une plaquette de 400 grammes de hash qu’il me cède à 150 dollars. Un sacré morceau que j’ai l’intention de ramené en France, des potes m’ont dit l’avoir déjà fait, je ne me pose pas plus de questions que ça. Je n’ai jamais vu un aussi gros morceau, je me demande si ce n’est pas un peu trop mais c’est le plus petit des blocs qu’il m’a présenté. A ce moment-là je ne me rends pas compte du danger que je cours… On finit notre thé rapidement puis il me reconduit à mon hôtel en me faisant cadeau de la course.J’arrive à la fin de mon séjour, je reprends l’avion dans 2 jours à l’aéroport de New Delhi. Je passe mes derniers jours à découper mon shit en plaquettes. Je passerai la douane après me les être collées au corps avec du sparadrap.Le jour « J » arrive et je suis un peu tendu même si je suis allé la veille déambuler dans l’aérogare et observer l’air de rien s’il y avait beaucoup de policiers, et comment se passent les contrôles à la douane. C’est un grand aéroport mais les contrôles des passeports et des valises me semblent bien sommaires. On montre son passeport, un douanier l’examine mollement comme des milliers d’autres et on passe. Fingers in the nose. Et je n’aperçois aucun chien renifleur nulle part…Le 8 mai 1988 je me présente donc aux guichets d’embarquement, avec une quinzaine de plaquettes de hash scotchées autour du ventre. Un douanier me demande mon passeport, l’examine, fait signe à un collègue et me demande de patienter un moment. Allons bon, c’est quoi cette histoire… Trois douaniers me demandent de les suivre dans une pièce toute proche. C’est pas vrai, je vais avoir droit à une fouille ! J’apprendrai plus tard que c’est une tradition en Inde : les vendeurs dénoncent leurs clients aux autorités dans la plupart des cas. Donc voilà : mon gentil chauffeur de taxi m’a sûrement balancé. Je suis dans une merde noire, tout s’écroule, j’ignore ce qui va m’arriver.Je suis menotté et conduit presto au commissariat le plus proche de l’aéroport. Dans une pièce équipée d’une simple table et d’une seule chaise je suis debout, à poil après une fouille minutieuse. Interrogatoire, interrogatoire et encore interrogatoire, les questions s’empilent… J’ai du mal à parler, à trouver mes mots, la peur m’a plongé dans un curieux état. Bien qu’étant des policiers donc des hommes d’état, je sens ces gens dangereux, on n’est vraiment pas fait du même métal. Je suis presque au garde à vous, raide comme un point d’exclamation. Ici c’est le moyen âge, pas d’ordinateurs modernes, ils sont restés à la plume d’oie, au papier et à la gomme. On m’a tout confisqué, mes bagages, mes fringues et mon passeport. Un traducteur est arrivé rapidement du consulat de New Delhi pour assister l’agent qui m’interroge et les questions continuent de pleuvoir : « Nom ? Prénom ? Et qui vous a vendu le haschich… ». J’ai beau leur répéter que je ne suis pas un trafiquant, que c’était juste pour fumer avec les copains, rien n’y fait… Je reste là toute la journée où les agents des douanes se succèdent et me reposent à chaque fois les mêmes questions, et en fin d’après-midi on m’amène dans une cellule du commissariat, et le traducteur m’informe que je serai conduit en prison demain matin. Il me fait tout le descriptif des jours à venir mais je ne l’écoute pas vraiment, je suis KO debout. Génial… L’arrivée en détention :Je passe une nuit dans une cellule du commissariat où je suis seul, c’est très sale. Je ne m’endors que tard tant je cogite. Au petit matin, un agent m’apporte une grande tasse de café avec un espèce de pain brioché vraiment pas bon ainsi qu’une banane. J’ai dormi tout habillé, je ne me sens pas propre, on m’accompagne aux toilettes menotté. Je sens tout de suite que c’est une expérience de laquelle je vais ressortir rétréci au lavage. Il doit être 9h00 quand une escorte de 2 gardiens reviennent me chercher, me menottent et m’enchainent à un autre prisonnier, ils nous conduisent dans un fourgon qui stationne dans la cour du commissariat, un panier à salade ouvert avec des grilles sur le côté, tout le monde peut nous voir quand on traverse les rues de la ville.La première vision que j’ai eu du dortoir restera à jamais gravée dans ma mémoire, je me suis senti repartir à l'époque de la préhistoire où nos lointains ancêtres taguaient des mammouths dans les grottes. Je dors mal, cette nuit je n’ai jamais du atteindre le stade du sommeil paradoxal. Partout, ça pète et ça rote, et plein d’autres trucs dont le bon goût ne sort pas toujours vainqueur. Les chiottes et leur odeur de pisse… Certains parlent fort même durant la nuit, j’ai l’impression qu’ils ne savent tout simplement pas parler à voix basse. Chez certains détenus du dortoir les pets et les rots constituent l’hymne matinal de leur groupe, et ça peut durer quelques minutes parfois ! Ils font dans le sonore et le dégueulasse, c’est leur style.Nous sommes vite arrivés à la prison de New Delhi, la prison de Tihar à 7 kms de la ville. Elle rassemble 11 000 détenus, c’est un grand complexe de plus de 100 hectares, et à côté d’elle Fleury Mérogis la plus grande prison d’Europe fait pâle figure avec ses 3500 détenus. J’apprendrai plus tard que Tihar est la plus grande prison d’Asie et que les conditions de détentions font régulièrement l’objet de signalements auprès des autorités et consulats étrangers. Espérons que mon procès arrive vite et que j’arrive à trouver un avocat qui réussisse à m’obtenir une liberté sous caution. Franchement là, moralement c’est dur.Mon avocat, maître Esin, sera commis d’office, ce qui est souvent la règle pour les touristes. Nous aurons 3 entrevues dans les semaines qui suivent mon incarcération au cours desquelles il m’apprendra beaucoup de choses sur la manière dont fonctionne le milieu carcéral et juridique du pays. J’apprendrai que la justice est très lente dans ce pays, qu’on peut attendre son procès pendant des mois et des mois, et que pour les questions de drogue les peines sont souvent assez lourdes. Il m’a brossé un tableau de la prison de Tihar qui m’inquiète quelque peu : les passages à tabac y sont réguliers, aussi bien par les détenus entre eux que par les gardiens sur les détenus. Avec mes 60 kilos tout mouillé je crains de ne pas faire long feu. Il m’apprend également que si on a un peu d’argent il est possible d’acheter les gardiens pour obtenir un passage à l’infirmerie, un repas amélioré, des cigarettes, couverture, timbres et enveloppes… Même si je ne suis pas Crésus cela me laisse un peu d’espoir.A mon arrivée à Tihar je me sens en « Permanent Fatal Error », on me conduit donc rapidement dans cet immense dortoir après m’avoir confisqué mon sac à dos et toutes les affaires qu’il contient. Après avoir rempli sommairement un dossier avec toutes les infos me concernant, on me confie une écuelle en inox et une cuillère en alu. Je suis au dortoir n°4 du bloc 5. La prison comporte 9 grands blocs tous entourés de murs de 4 mètres. A l’intérieur les gardiens sont armés de matraques, seul le chef des gardiens détient une arme à feu. Entre les différents blocs les gardiens se déplacent en véhicules blindés et sont armés de fusils d’assaut. C’est sale, enfumé par les détenus qui fument et cuisinent, c’est suffocant et très bruyant. Le dortoir doit contenir 100 ou 120 détenus, je ne saurais le dire exactement c’est impossible de compter, ça grouille, ça donne le tournis. Tout le monde est assis par terre sur des couvertures, parfois sur une simple petite couverture en toile de jute, un bout de tissu ou à même le sol en terre battue par endroits où la fine dalle en ciment est brisée, on se croirait sur une plage bondée du sud de la France en plein mois d’août. Un gardien m’amène à l’entrée de mon dortoir et crie un nom en faisant un grand geste du bras. Au fond un détenu se lève, enjambe tout le monde comme il le peut et me conduit dans un coin où il fait s’écarter deux types, je m’assois entre. A ma droite se trouve un gros indien, pourvu qu’il ne me roule pas dessus pendant la nuit, je mourrai étouffé il est énorme ! La largeur d'une de ses fesses fait la largeur des deux miennes. Les places sur les côtés le long des murs sont les plus prisées, mais je suis plutôt au centre, dans le passage. Tout le monde me demande pourquoi je suis là, je leur réponds volontiers au début puis au bout d’une vingtaine de fois, assommé par tout ce qui m’arrive, j’en ai marre et je leur dit que j’ai enculé une vache (animal sacré en Inde).Sur les coups de 11 heures les gardiens se présentent à l’entrée avec les chariots repas. Tout le dortoir s’ébroue et une foule s’entasse à l’entrée. Je ne sais pas trop quelle attitude adopter, j’observe tout ça depuis mon emplacement où je manque de me faire piétiner dans la bousculade générale. Je n’ai pas faim.Lors de ma première sortie dans l’immense cour de terre battue écrasée par le soleil le matin de mon deuxième jour, j’ai l’impression de refaire surface après une longue apnée, je me sens comme détaché de la matrice, c’est comme si je me détachais de mon corps et me regardais de l’extérieur, j’ai l’étrange sensation de voir mon environnement au ralenti. C’est un vrai choc, je commence à réaliser. La porte est en métal avec une large fenêtre sans carreau et munie de barreaux. Le sol de la cour est couvert de mégots, de feuilles de journaux, de pelures d’orange, de morceaux de verre brisé… C’est très sale, et poussiéreux. Dans la prison de Tihar :Cela fait plusieurs semaines que je suis en détention à Tihar et je commence à en comprendre les grandes lignes. Deux ou trois fois des bagarres ont explosées dans le dortoir, c’est souvent vite réglé mais cela m’effraie. J’ai finalement réussi par obtenir une place près d’un mur, j’en suis ravi car être au milieu du dortoir était très inconfortable, on y est sans cesse dérangé par les détenus qui passent. Il y a 3 toilettes à la turque dans le fond gauche à l’opposé de l’entrée. Elles ne sont jamais nettoyées et avec les détenus qui pissent à côté une odeur d’ammoniaque a envahi les lieux. C’est immonde. La plupart des détenus sont pieds nus, je m’estime heureux d’avoir encore mes basquets aux pieds, mais je ne les quitte jamais même pour dormir afin d’éviter de me les faire piquer.J’ai rapidement fait connaissance avec un français Julien et un anglais Mark. Mark parle un peu français et Julien un peu anglais. On ne se quitte plus, à trois on est plus fort que tout seul. Ils m’apprennent qu’ils sont là pour consommation de shit, ils ont pris 5 ans pour Julien et 4 ans pour Mark. Ils m’apprennent aussi que la majorité des étrangers se font gauler pour le shit. Eux avaient chacun une dizaine de grammes sur eux lors de leur interpellation, mais on trouve ici pas mal de détenus qui prennent 20 mois pour un simple pétard. Donc ça circule beaucoup, les prisonniers entrent, font leur 20 mois et repartent, ça brasse pas mal, y’a beaucoup de turn over du fait surtout que la prison est bondée et qu’ils ont du mal à y enfermer des détenus supplémentaires. Ils ont dû attendre 8 mois avant d’avoir leur procès et quand ils apprennent que je me suis fait choper avec 400 grammes ils froncent les sourcils et me disent que je risque beaucoup plus qu’eux. 10 grammes passent encore pour de la consommation personnelle mais 400 grammes me fera à coup sûr passer pour un trafiquant et là les peines sont beaucoup plus lourdes, surtout que c’est à la douane que je me suis fait choper... Julien me dit :- « En Inde ils sont coincés, complètement verrouillés avec la drogue, tu ne peux pas arriver ici et repasser la douane avec des quantités pareilles, il faut respecter les distances de freinage ! »L’Inde est un pays islamiste et on ne rigole pas avec ça. Maintenant je le saurai. Néanmoins Mark me dit que si je trouve un avocat compétent et que j’arrive à acheter certains hauts fonctionnaires de la justice je peux arriver à m’en sortir avec une libération sous caution, puis fuir vers le Pakistan tout proche d’où je peux ensuite prendre un vol pour l’Europe. Le Pakistan et l’Inde sont de grands ennemis de toujours et jamais le Pakistan ne renverrait en Inde un de leurs prisonniers échappés. Cela leur permettrait de faire un joli pied de nez à l’Inde. Officiellement il n’y eu en tout que 5 ou 6 évasions de la prison depuis sa création dans les années 50, mais en réalité il paraît qu’il y en a une douzaine chaque année, le plus souvent depuis l’hôpital où certains se font transférer. Mais l’administration pénitentiaire ne l’ébruite pas de peur de créer des émules. Mais je ne me vois pas organiser un truc pareil dans un pays dont j’ignore finalement tout. Et puis si je m’évade, sitôt dehors je fais quoi ? Je serai toujours en Inde et recherché, et je ne me vois pas mener une vie clandestine dans ce pays pour le restant de mes jours. Sur le coup mon moral sombre…Julien me met en garde contre les indiens :- « Méfie-toi d’eux, me dit-il, ça vole, ça agit sournoisement par derrière, ils peuvent même essayer de t’enculer à la moindre occasion, un conseil : dors sur le dos. La vie au milieu de tous ces cons peut vite te faire perdre la boule, tu dois avant tout prendre soin de ta santé mentale, c’est le plus important ici, il n’y a que ça qui compte tout le reste c’est juste de l’air sous la bite. »Mark me précise que le gouvernement indien allait peut-être accorder une amnistie à des prisonniers mais qu’il ne sait pas si cela concerne les nouveaux arrivants. Il a lu ça dans un journal il y a quelques semaines. Il ajoute :- « Il faudrait choper le type du consulat la prochaine fois qu’il descendra ici, mais c’est pas facile parce qu’il ne vient pas souvent ». Cela ne me rassure pas, j’ai tellement de questions à lui poser.Je suis très inquiet par la description que mon avocat m’a fait de la prison et je lui demande si les détenus se font tabasser par les gardiens. Ils me répond que les gardiens ne cognent que les indiens et pas les étrangers, ou alors ils leur faut vraiment une bonne raison. Parce qu’il paraît qu’il y a quelques temps ils avaient passé à tabac un autrichien mais celui-ci s’était plaint au consulat, ce qui avait causé un grabuge terrible. Ils lui avaient quand même brisé la cheville à coups de matraque ! Pas glop…- « Depuis ils essaient donc de ne pas trop abîmer les étrangers », me dit-il pour me rassurer.Julien n’est pas bête, je sens tout de suite que ce sera un allié de poids. Il me dit qu’il va falloir que je m’habitue vite à ma nouvelle demeure, que j’en comprenne vite le fonctionnement car, sans aller jusqu’à l’extrême, les gardiens ne sont pas tendres avec ceux qui mordent le trait, y compris les nouveaux. Il me dit que ce n’est pas si terrible au quotidien et qu’il ne faut donc pas cracher dans la soupe, ni se rouler dedans non plus, mais qu’il y a un juste milieu à trouver : c’est le bord de l’assiette. En clair ce n’est pas le paradis mais ça peut s’en approcher.Dans un coin, sous les fenêtres du fond se trouve une vieille cuisinière avec 2 feux électriques.- « Un de ces 2 feux est réservé à Rahul me prévient Julien. Tu n’y touches pas ».Rahul a été nommé l’année dernière, avant lui c’était un népalais qui occupait ce poste. Le dortoir est grand, la cuisinière est le seul meuble de cette grande salle, et donc l’ameublement y est si chétif que lui donner le nom d’ameublement c’est violer le sens des mots.Je lui demande :- « Avant lui c’était donc un népalais qui était chef du dortoir ? »Julien me précise :- « Oui ils nomment souvent des népalais à ces postes-là car les népalais haïssent les indiens, ils ne leur font donc pas de cadeaux et ils mènent les dortoirs d’une main de fer. L’administration pénitentiaire est ainsi assurée que tout roule comme il faut. Mais le prédécesseur de Rahul se défonçait ».- « Ah bon ? Et qu’est-il devenu alors ? », lui demandai-je en m’approchant pour que mes paroles ne soient pas couvertes par le brouha ambiant.- « Il a fini par faire une overdose qui lui a donné un aller simple pour aller voir le barbu d’en haut. Les matons l’ont ramassé sur sa paillasse un soir. Il avait encore la seringue dans le bras, aucun des détenus n’est venu porter secours à cet enflure »… Silence…Sur son feu attitré Rahul fait chauffer en permanence de l’eau pour préparer du thé qu’il vend aux détenus du dortoir. La direction nomme comme responsable un détenu en qui ils ont confiance donc, une sorte de manager à deux roupies et trois balles. Sa position l’autorise à vendre quelques bricoles aux autres, ce qui est sinon interdit pour le commun des prisonniers (je verrai plus tard qu’en réalité tous les détenus font du commerce entre eux, il faut juste ne pas se faire piquer c’est tout). Mark et Julien me préviennent de me méfier de ce fayot qui est toujours prêt à tout pour obtenir un petit quelque chose des vrais matons. N’empêche que c’est auprès de lui que ceux qui le peuvent achètent du shit, c’est peut-être pour cela qu’il ne nous cherche pas de noise : parce qu’ils nous voit comme ses clients.Le second feu de la cuisinière est aussi pris en permanence, il y a toujours un détenu qui cuit quelque chose et il y a souvent la queue. Personnellement je ne m’en servirai jamais. Par contre ce petit coin cuisine génère des fumées qui ajoutées à celle des cigarettes (tout le dortoir fume) plongent la salle dans une sorte de brume grise. Il y a plus de fumée là-dedans qu’il n’en a fallu pour élire tous les papes ! Encore heureux que les 3 petites fenêtres et la porte soient sans carreaux, cela permet de faire circuler un peu l’air. Le revers de la médaille c’est que la nuit… et ben… il fait pas chaud. Pourtant les 3 fenêtres sont petites mais quand le vent descend des montagnes du Népal au Nord-Est ça caille un peu.On peut se faire envoyer de l’argent à la prison, aussi mes parents m’ont prévenu qu’ils m’enverrai tous les mois 300 francs pour améliorer l’ordinaire qui sont transformés en dollars dès leur arrivée à la prison. Ça peut paraître peu mais en Inde cela représente pas mal à cette époque. Pour mes parents ce n’est pas une somme anodine car il n’y a que mon père qui travaille et ils ont encore ma sœur à charge.Les grilles lourdes de notre dortoir restent ouvertes toute la journée et ne sont refermées à clé avec un cadenas que le soir à 20h00, ce qui permet aux détenus d’aller et venir à leur gré jusqu’à la cour de promenade, y passer la journée, mais interdiction d’entrer dans un dortoir autre que le sien. Certains s’y sont essayés, ils l’ont regretté.Julien et Mark m’apprennent qu’on peut travailler aux ateliers ou aux cuisines de la prison, mais quand ils m’annoncent le salaire misérable je préfère rester à glander comme eux, surtout qu’avec l’argent qu’on m’envoie je suis large, je ne suis pas gêné aux entournures, et je peux ainsi réfléchir à ma situation, je ne vais pas bosser 8 heures par jours pour gagner 3 roupies. Les cigarettes coûtent trois fois rien mais on ne trouve que des cigarettes indiennes, et régulièrement j’achète un fruit frais auprès des gardiens. C’est tout bête mais le fruit frais quotidien m’aide à garder le moral, à avoir l’impression d’être toujours vivant. De m’être fait 2 copains aussi ça me rassure. Il y a plein de choses comme ça dans la vie de tous les jours auxquelles on ne prête pas attention mais qui dans certaines situations prennent une importance capitale.Il est plus facile d’acheter du hash ici qu’à l’extérieur, et donc on ne se prive pas. En même temps il n’y a que ça à faire. Certains arrivent même à se procurer des armes blanches, ou en fabriquent à partir de n’importe quel morceau de métal qu’ils affûtent en le limant contre le sol cimenté du dortoir. Au final ils ont là une arme qui tient plus du couteau à beurre que du sabre d'abordage, mais qui peut néanmoins causer de sérieux dégâts. Mon simulacre de procès mars 1989 :10 mois après mon arrivée en détention mon jugement à lieu au tribunal de New Delhi, nous sommes en mars 1989. Bizarrement j’ai un pris un peu de poids malgré la bouffe infecte. C’est sûrement dû à l’inactivité, il est vrai qu’on passe la majeure partie de nos journées assis sur nos paillasses à discuter, jouer aux cartes et échafauder des plans à 2 balles pour s’échapper. Pour faire bonne impression j’ai lavé mes vêtements car mon Jeans tenait debout tout seul tant il était crade.Un matin un gardien vient me chercher et crie mon nom depuis l’entrée du dortoir. Il me demande de le suivre dans la cour de stationnement où un fourgon m’attend pour m’emmener au tribunal.Arrivé au tribunal je retrouve mon avocat maître Esin que j’ai vu pour la dernière fois il y a 6 mois environ. Il me prend un peu à part et me rappelle que ce pour quoi je suis accusé est très grave en Inde, le trafic de drogue est considéré comme un crime. Il me prévient aussi de ne rien dire, de ne pas intervenir quoi qu’il arrive durant le procès.Le procès s’ouvre donc dans une langue que je ne parle pas, je ne comprends rien à ce qui est dit. Quand le procureur prend la parole je sens que le ton monte, j’en mène pas large. Je jette plusieurs regards inquiets à mon avocat qui est tout près de moi, il me rassure en me disant à voix basse « ne vous inquiétez pas, c’est juste technique ». Il mènera pour moi une courte plaidoirie avec un ton posé qui tranche face à celui du procureur.Le procureur est un jeune indien. Je pensais naïvement qu’il y aurait plus de chances qu’un jeune compatisse, qu’il comprenne ma situation de jeune occidental naïf, mais tout au long du procès il ne cesse de revenir à l’attaque en vociférant des choses que je ne comprends pas, me pointant du doigt à plusieurs reprises. Après une heure environ le juge interrompt la séance et toute la cour se retire pour réapparaitre une trentaine de minutes plus tard. C’est le juge qui parle à présent et comme tout à l’heure, je ne comprends toujours rien de ce qui se dit. Une fois qu’il a fini sa tirade de 2 minutes à peine, mon avocat m’annonce que j’écope de 16 ans de réclusion. Je tombe des nues, 16 ans j’y crois pas ! Pas moi ! Il croit me rassurer en m’annonçant que je ne ferai probablement que 13 ans pour bonne conduite. Je suis assommé par le verdict. Il me redit :- « Ce pourquoi vous avez été arrêté est très grave en Inde, le procureur réclamait une peine de 30 ans. Vous n’écopez que de 16 ans, ça fait une grosse différence quand même ! »Cela veut dire que je sortirai en 2005… De l’eau aura coulé sous les ponts d’ici là, mes copains en France seront mariés depuis belle lurette, auront des enfants, un travail, et dans la famille on parlera de moi comme un vieil oncle ou un cousin complètement allumé qui moisi quelque part au fin fond d’une prison en Inde. Je suis dégoûté et c’est complètement assommé que je retourne à la prison de Tihar avec le fourgon cellulaire. Vie quotidienne en prison :Je finis malgré tout par refaire surface tant bien que mal. Reverrais-je un jour mon Paris, ma France bien douillette ? Le soutient de mes deux codétenus-amis Mark et Julien m’aide beaucoup. Ils sont arrivés en même temps par le même fourgon cellulaire il y a plusieurs mois il ne leur reste plus qu’un et deux ans à purger. Tout le monde est mélangé si bien que se trouvent enfermés ensemble des dealeurs avec des braqueurs, des violeurs ou des types qui n’ont simplement pas payé leur pension alimentaire !Les conditions d’incarcération sont difficiles, impossible par exemple de prendre une douche, on se lave comme on peut à la salle d’eau mitoyenne au dortoir qui contient une dizaine de vieux lavabos. Cela ressemble plus à une toilette de chat frileux. Sans compter que cette salle d’eau sent la serpillère mal rincée. Le plus souvent la toilette s’effectue à l’eau froide, il n’y a pas toujours d’eau chaude et quand il y en a elle peut couler une heure comme seulement 5 minutes. Un roulement par ordre alphabétique est mis en place pour les lavabos, moi j’y vais les jeudi. La promiscuité est un facteur qui augmente la pénibilité, souvent des bagarres éclatent à cause prêt d’argent ou de cigarettes qui n’a pas été remboursé, ou parfois simplement parce que certains sont complètement défoncés aux acides. On est tellement serrés que ça me donne l’impression de vivre dans une cage. Mais attention, même si foutre une raclée à un autre détenu permet de se faire respecter en montrant qu’on ne se laisse pas faire il arrive que les gardiens viennent séparer les bagarreurs et les emmènent dans le quartier des gardiens où ils sont tabassés en bonne et due forme sans autre forme de procès pour leur passer l’envie de foutre le bordel. Certains sont revenus avec de sacrés gnons, lèvres ouvertes…Le jeu est interdit dans l’enceinte de la prison, certainement pour éviter les bagarres. Mais on est néanmoins nombreux à jouer aux cartes et aux dés. Au poker on mise des effets personnels, des cigarettes, une ration de bouffe, ou n’importe quoi d’autre. J’ai gagné un pull ! Cela paraît ridicule comme gain mais dans ce trou à rats c’est un produit de première nécessité. Il a même un indien qui organise dans un coin du dortoir des courses d’insectes, des sortes de scarabées qui ressemblent à des hannetons, et certains misent là-dessus. C’est pas le tiercé à Longchamps mais ça y ressemble ! C’est la quatrième dimension ici, ce pays est vraiment dingue.Les nuits sont parfois très fraîches il peut geler notamment en décembre et janvier, le nord de l’Inde a un climat plus continental que la région de Bombay au sud. Cela s’explique par les montagnes qui nous entourent au loin. L’été il pleut à mort, c’est la saison des pluies, tout est humide et rien ne sèche, souvent la pluie commence à tomber vers 17h00 après que les nuages se soient amoncelés pendant toute la journée.Les détenus ont tendance à se grouper par nationalités afin de mieux se comprendre, ça aide à fraterniser, ici il faut faire feu de tout bois. Un groupe de 6 pakistanais est arrivé un soir, ils sont très bruyants, parlent fort et rient comme s’ils étaient tout seuls, et ce jusque tard le soir. C’est le genre de comportement qui amène les bagarres. De toutes façons à plus de 100 planquins dans le dortoir il y a toujours du bruit la nuit. On passe notre temps à se gratter, on a tous des poux, dans de telles conditions ces créatures du malin sont presque impossible à éliminer.Un jour dans le local aux lavabos, on a laissé couler l’eau chaude qui ce jour-là a duré un bon moment. La vapeur a très vite tout envahi, transformant le local en un hammam de fortune. C’était super agréable, c’est le genre de rares bons moments que je garde. L’année 1989 se termine, on est déjà fin décembre. Ces 20 premiers mois sont finalement passés assez vite. On se fait à tout. Mon cercle d’amis entre les murs s’est élargi. J’ai lié connaissance avec un groupe de turcs de mon dortoir, on passe de longues heures à discuter, fumer, jouer aux cartes discrètement ou à discuter dans un coin ombragé de la cour poussiéreuse. Le responsable des prisonniers Rahul sait qu’on joue aux cartes mais ne nous dénonce pas pour ce genre de choses, parfois il joue lui-même aux dés avec d’autres. Parmi mes nouveaux potes turcs se trouve Cubir, un grand chauve d’une quarantaine d’années qui est ici depuis 11 ans, il a les yeux clairs, il est presque beau. Son crâne c’est le Kilimandjaro, y’a même les neiges éternelles. Il est crade, il pue mais il est hyper sympa, il a le charme du garçon qui souffre, essayant toujours de faire croire que tout va bien. Il se défonce pas mal par contre, il prend tout ce qui traîne. On voit tout de suite que c’est un vrai dur, c’est pas un lapin de 6 semaines… Il ne parle pas français du tout, avec lui on ne parle qu’en anglais, enfin personnellement je baragouine comme je peux mais on se comprend toujours. Et puis on ne se lance pas dans de grands débats philosophiques, les sujets qu’on aborde ne nécessitent pas de vocabulaire très technique… Un jour, alors que je lui demande s’il n’a jamais songé à s’évader il me confie que si, bien des fois, toutes les nuits même, mais que c’est impossible, que certains s’y sont essayés sans succès : les murs d’enceinte de notre bloc sont trop hauts (environ 4 mètres), il faudrait du matériel adapté, et qu’ensuite il faut également franchir les hautes murailles de l’enceinte extérieure et là c’est mission impossible. Nos illusions d’évasion perdent de leur épaisseur…- « Et par les toits on te tire comme des lapins », me dit-il les yeux écarquillés.- Je lui demande : « Donc tu t’es résigné à mourir entre ces murs ?»Il me répond un truc philosophique typique de lui, du Cubir tout craché, quelque chose que je traduirais par :- « Je m’en fous de mourir ici ou ailleurs, ce qui m’importe c’est où je vais ressusciter ».On voit bien que c’est type qui n’a pas un quotient intellectuel à 3 chiffres mais j’avoue que sur ce coup-là le beau turc aux yeux clairs me laisse à cours d’adjectifs…Quand je lui ai dit que j’avais 16 ans à tirer il m’a dit « Getchmiss olsun » ce qui en turc signifie « ça passera vite ». Il n’arrête pas de sortir cette phrase à tout bout de champs, comme un tic de langage, comme s’il n’était pas capable de dire autre chose, on dirait qu’il beuggue. Son histoire est effrayante : il me dit qu’il était venu en Inde en 1978 avec une copine et qu’ils se sont fait attraper avec des buvards d’acide de LSD 25 et 200 grammes de hash à l’aéroport lors de l’embarquement. Ils se sont retrouvés tous les deux ici, mais séparés l’un de l’autre car sa copine est allée au bloc des femmes, le n°6. Quelques mois plus tard le père de son amie est venu en Inde, a renvoyé leur avocat commis d’office et leur en a payé un autre, commun à tous les deux me dit Cubir. Mais lors du procès l’avocat a plaidé que la fille était innocente et que c’était Cubir qui avait tout manigancé.Je lui demande : « Et alors ? »- « J’ai pris 30 ans », me dit-il d’une voix devenue à peine audible. 1990 :Après 2 ans ici j’ai peu à peu lié amitié (c’est un bien grand mot) avec des gardiens de mon bloc. L’un d’eux m’a demandé si j’avais des combines, des bons plans pour venir à Paris. Je lui baratine deux ou trois infos, mais comme je ne suis par guide touristique, les infos que je lui donne sont souvent très sommaires, je lui parle surtout des monuments.... Parfois, les week-ends il m’invite à jouer avec un de ses collègues au badminton dans un coin réservé de la cour ou au ping pong sous le préau. Les autres détenus se méfient de moi du coup, en me voyant copain avec les gardiens ils doivent se dire qu’il ne faut pas me chercher des noises.Depuis 2 ans j’ai pas vu une fille, je crois que je serais capable de me taper une chèvre, la simple vue d’une grappe de raisins suffit à me faire bander, j’ai la zézette qui frémit au moindre coup de vent. Et pourtant l’administration pénitentiaire indienne nous met (comme dans toutes les prisons du monde) du bromure dans la bouffe pour calmer nos ardeurs. Mais au bout d’un moment quand il faut, il faut… Seulement ici, impossible de se tirer sur l’élastique car on n’est jamais tranquille, il y a trop de promiscuité. Non, l’idéal serait de trouver la clé du dortoir des filles du bloc 6…Année passée à fumer, fumer, fumer… Et à attendre. Aujourd’hui, si je fume ça toute la journée j’explose !Il arrive parfois que Johan, un danois de notre dortoir, sorte sa guitare et pousse la sérénade en anglais. Un indien prend alors sa flute et l’accompagne. Curieux mélange que la guitare et la flûte, mais la magie opère, et dans ces moments-là je suis étrangement heureux. Je ne crois pas qu’on puisse rester éternellement bloqué sur le mode « tristesse ». Pour l’avoir vécu je crois que passé un certain temps le cerveau dit stop et on embraye sur la gaité. Les indiens adorent la musique, ils autorisent donc les prisonniers à garder leur instrument. Avec une guitare on peut jouer d’autres choses qu’avec les instruments traditionnels du folklore indiens que sont le santoor et le sitar, cela donne tout de suite des musiques plus pops et rocks, et ces musiques occidentales dépaysent tout le dortoir qui est majoritairement rempli d’indiens. Il arrive que Johan me prête sa guitare et que je gratouille un peu. A l’époque je ne joue pas si bien qu’aujourd’hui, en 30 ans j’ai quand même fait pas mal de progrès, mais ça a l’air de plaire, on m’écoute. On dit que la musique adoucit les mœurs mais il est vrai que lorsque les notes résonnent l’ambiance semble s’apaiser, le dortoir reste en suspens, tout le monde se tait et tend l’oreille, le brouha diminue. Emporté par la musique, on se met tous à rêver de liberté. Durant mes 3 années passées à la Tihar Jail j’aurai écrit quelques chansons, évidement les textes sont un peu sombres…Alors que j’essaie de remplir une vulgaire grille de mots croisés force 2 envoyée par mes parents, je me rends compte que ma puissance intellectuelle diminue, je me ramolli à rien faire de la journée. Mais je ne lâche pas et essaie de garder le moral.Un matin, alors que le dortoir est presque vide, je profite du calme. Un peu de solitude… Ce sont des moments rares ! Deux indiens s’affairent autour de la cuisinière. Ils font des sortes de crêpes, ça sent bon. Il fait chaud en cette saison et avec la chaleur de leur cuisinière ils n’y tiennent plus et se sont mis en slip. La nudité est interdite en Inde, ou du moins c’est très mal perçu donc ils sont en slibard. Comique comme situation. Je me prends à philosopher : on nait à poil, on repart à poil, ce qui se passe entre les deux n’est finalement pas si important, on fait juste un peu de tourisme.De temps en temps Mark prend un calepin et griffonne des bricoles. Quand je lui ai demandé ce qu’il écrivait il m’a répondu que ce sont des poèmes, et d’ajouter :- « J’en écris pas mal. Parc qu’ici si tu veux tenir le coup il faut faire quelque chose »Tous les jours il y a la prière, c’est l’occasion pour les gardiens de faire l’appel et de vérifier que personne ne manque. Même ceux qui comme moi n’y participent pas doivent se présenter à l’appel, ensuite ils peuvent retourner à leur place. On s’y fait.Je me fais à tout. Même à la nourriture qui est loin d’être folichonne. J’ai bien conscience qu’on n’est pas au Hilton mais franchement certains jours c’est border line… Souvent je me prends à rêver, je me vois devant une grande table couverte de victuailles avec des sodas à boire, entouré par mes potes du lycée, ces visions surgissent souvent par surprise sans que je le veuille, elles claquent devant moi comme des fouets. J’ai pas mal de fantasmes bouffe. Dans ces moments je me sens un peu autre. Ce sont les détenus qui travaillent aux cuisines qui préparent les repas. Ce sont également des détenus qui effectuent la distribution via de lourds chariots. Dessus sont chargés de grands seaux en plastique, seulement le temps de venir depuis les cuisines la nourriture arrive souvent tiède, froide même parfois. Enfin on n’est pas là pour se régaler... C’est sûr qu’on pourrait se plaindre auprès de la direction ou des gardiens, mais personne n’ose l’ouvrir. Et donc ils considèrent que tout est ok. Mais comme disait un mec écrasé au sol : ce n’est pas parce que personne ne se plaint que tous les parachutes sont sans défauts. Suivant les détenus qui sont détachés aux cuisines, certains jours la bouffe est plus épicée, et comme je suis plus sensible du boyau que les autochtones ça me colle une chiasse de tous les diables. Je fonce aux toilettes et me lance alors dans l’art abstrait… J’ai quand même l’étrange sensation de m’enfoncer dans le vide, sans rien devant ni derrière.Le matin je suis quelques fois réveillé de bonne heure. Tout le monde pionce encore profondément. J’aime ces moments-là, c’est calme, comme le calme avant la tempête. Je reste allongé sur le dos et je médite, ça aide. J’écoute tous les petits bruits de la prison, les bruits de la tuyauterie, l’air qui parfois siffle doucement dans les 3 petites fenêtres sans carreau, le cliquetis des clés des gardiens dans la cour… Mais petit à petit, ça bouge, les détenus se réveillent, se préparent pour l’appel de la prière, et le brouha revient. Avant de me coucher, certains soirs je vais griller une cigarette à la grille d’entrée du dortoir en prenant soin de ne marcher sur personne ce qui me transforme en véritable artiste de cirque option acrobatie tant il est difficile d’avancer au milieu de tous ces corps. Quand le temps est clair j’observe les galaxies lointaines et cherche celle où j’irai passer mes prochaines vacances. Parce que quelque chose me dit que pour l’Inde c’est terminé ! Transfert à l’hôpital psy d’Abohar :Les semaines et les mois s’empilent. 1990 a laissé la place à 1991, presque 3 ans que je sèche au fond de mon trou. Mark a été libéré il y a 4 mois, on ne s’est retrouvé que tous les deux avec Julien, on tient le coup. Cubir se défonce de plus en plus à la dure et ne sort pratiquement plus en promenade dans la cour, il est tout le temps écroulé sur sa paillasse, la dernière fois qu’on l’a vu debout c’était il y a plus de 6 mois. Tout dialogue avec lui devient difficile, il dort tout le temps, il est dans le gaz la plupart du temps. Quand on lui parle, soudain il s’arrête, perd le fil, le regard dans le vide et demande :- « De quoi on parlait ? » …Avec Julien on commence à maîtriser toutes les combines à la mort-moi-le-nœud pour obtenir ce qu’on veut de la part des gardiens qui, vu leur salaire de misère, sont très faciles à corrompre. Julien sera libéré à la fin de l’année 1992 après quoi je me retrouverai vraiment seul, car même s’il y a quelques autres français enfermés ici je n’ai jamais accroché avec eux car trop vieux et pas branchés sur la même longueur d’onde, et pour tout dire je les trouve à moitié tarés.En prison on peut tout acheter auprès des gardiens : nourriture, toutes sortes de drogues, cigarettes, vêtements, canifs même… Rahul le chef du dortoir nous sert souvent d’intermédiaire avec les matons.Julien et moi parlons souvent évasion, même si lui n’y songe pas sérieusement car vu le temps qui lui reste à faire le jeu n’en vaut plus la chandelle. Comment s’évader d’ici… On passe un temps infini à analyser la question. C’est une chose de se la poser, c’en est une autre de trouver la réponse. Mais il m’a appris qu’on pouvait se faire admettre à l’hôpital psy qui est un détachement de la prison près de la frontière pakistanaise à presque 400 kms au nord-ouest. Il en connait un qui s’y est fait transférer pour 10 jours, la durée habituelle pour un examen complet. Un détenu d’un autre dortoir nous en avait parlé aussi un jour dans la cour, visiblement la combine est connue. Toutefois cela ne signifie nullement qu’il suffit d’y être transféré pour s’en échapper et retrouver la liberté en un claquement de doigts. En tout cas il semble qu’il serait plus facile de s’échapper de ce fameux hôpital que de Jihar où la sécurité est très élevée. Mais il paraît aussi que ça se paye… Là-haut la surveillance y serait donc plus relâchée, les détenus qui deviennent tout à coup des patients sont libres d’aller et venir dans le parc de l’hôpital tout l’après-midi jusqu’à l’heure du diner. Les chambres ne sont pas fermées à clé paraît-il, mais il y a quand même des gardes armés qui patrouillent jour et nuit.Mais le plus dur est de s’y faire admettre, les gardiens qui acceptent de vous inscrire sur la liste de transfert se font payer cher ce service-là.Je me considère comme un détenu riche avec l’argent et les colis que mes parents m’envoient chaque mois. J’achète des cigarettes et c’est ça qui sert principalement de monnaie d’échange avec les geôliers. D’ailleurs deux ou trois des gardiens m’apprécient car je leur offre souvent une cigarette et discute avec eux de Paris et des parisiennes qui les font rêver. Je leur ai bien dit :- « Ici vous faites des mariages forcés, mais en France si vous faisiez ça vous iriez en prison »Je demande à Julien ce qu’il en pense et il me confirme qu’il serait possible d’acheter un des gardiens avec des cigarettes genre Marlboro, très appréciées ici car différentes des cigarettes indiennes que tout le monde fume ici, un espèce de foin infâme qui n’est bon qu’à rouler des pétards.Ainsi je mets au point une stratégie : pendant plusieurs jours je m’arrange pour beaucoup parler avec un gardien que j’ai repéré et que je classe dans la catégorie « sympa ». Je lui offre régulièrement des cigarettes et me plains de perdre le moral, en m’efforçant d’avoir l’air déprimé.  Je joue à ce petit jeu pendant plusieurs jours puis je finis par lui demander si un transfert à l’hôpital d’Abohar serait envisageable afin de pouvoir consulter un des psys pénitentiaires. Je lui offre 2 paquets de Marlboro pour qu’il m’inscrive sur un bulletin de transfert, mais il sait que j’ai des moyens, que je reçois de l’argent et des colis, aussi il négocie une cartouche de Marlboro. Le chacal ! Je lui lâche sa cartouche et il m’assure qu’un rendez-vous sera pris. Donc j’attends, mais là pour le coup j’ai envie de montrer le majeur ! C’est la deuxième fois que je tente le coup mais la fois précédente le gardien à qui j’avais donné deux paquets de clopes n’avait pas tenu parole et je l’avais eu dans l’os : if you pay peanuts you get monkeys. Lors de cette première tentative Julien était parvenu à m’obtenir une carte auprès d’un détenu du dortoir d’en face de la zone frontalière avec le Pakistan pour un paquet de cigarettes. Je l’ai toujours.Alors attention, il ne s’agit nullement d’une carte précise comme en produit l’IGN français. L’échelle est au 1/100 000ème donc pas assez précise pour s’orienter à vue en tant que marcheur, mais y’a rien d’autre donc je ferai avec. J’attends plusieurs jours encore, tout en m’efforçant de garder mon air triste et déprimé pour ne pas éveiller les soupçons, et en relançant de temps à autres le gardien. J’arrête aussi de sortir dans la cour du jour au lendemain. Je ne sais pas encore sur quoi je vais tomber à l’hôpital, si mon plan fonctionnera ou pas, en fait je ne suis sûr de rien... Puis un beau matin on vient crier mon nom à l’entrée du dortoir. Je me précipite et un gardien m’emmène jusque dans la cour où il me fait monter dans un fourgon cellulaire, on m’explique que je vais être transféré pour 10 jours à l’hôpital pour qu’un médecin m’examine. J’essaie de me contenir, intérieurement je boue, je vais tout faire pour m’échapper de cet enfer. Croisons les doigts.Julien est parfaitement au courant de mes intentions mais je sais qu’il ne parlera pas j’ai entièrement confiance en lui, on est comme des frères, solidaires, soudés. Cubir est aussi au courant mais trop défoncé pour dire quoi que ce soit.Il faut compter 8 heures de route pour effectuer les 380 kms qui nous séparent d’Abohar au nord-ouest. Le fourgon cellulaire qui m’y emmène avec deux autres détenus est différent : comme il s’agit d’une longue distance il est entièrement fermé.Nous arrivons en début de soirée à l’hôpital. C’est une petite structure qui comprend 3 ou 4 bâtiments très propres, des allées de terres rouge bordées de petites pierres blanches et d’un parc assez grand. Il semble à première vue y avoir dans les 200 ou 300 patients dont certains n’ont pas l’air de faire semblant, ils ont l’air vraiment tarés, se balancent comme des autistes, certains bavent, d’autres me fixent longuement quand on se croise comme s’ils cherchaient à pénétrer mon âme, d’autres parlent à des êtres imaginaires qu’ils sont les seuls à voir.Je crois que cette structure n’existe plus aujourd’hui et qu’elle a été reconvertie en camping dans les années 2000, trop de patients devaient s’en échapper peut-être…Lors de mes entrevues quotidiennes avec les psys on m’a expliqué que l’établissement n’était pas dédié aux hospitalisations longues, on ne vient ici que pour effectuer un bilan, et suivant le diagnostic final on repart au trou ou on est transféré dans une autre unité dédiée aux hospitalisations plus longues basée à New Delhi. L’évasion :Je suis ici depuis une petite semaine et les jours défilent à la vitesse grand V, car avec ce grand parc j’ai l’impression d’être en liberté. Passer devant les psys chaque matin est une épreuve. Je me rend compte qu’il faut je me décide à me sauver parce qu’ils ne vont pas tarder à me renvoyer à la case prison, je me réalise bien que les psys devant lesquels je suis passé ne semblent pas hyper convaincus. Je me tire demain soir, après le dernier appel du soir juste avant l’extinction des feux, c’est décidé. Et puis adviendra que pourra, ma devise est désormais : mort ou dehors.J’ai vite arrêté d’avaler les petites pilules roses qu’on nous donnait au petit déjeuner et au dîner, ça me rendait mou comme un légume. Il s’est agi ensuite de ne pas éveiller l’attention en gardant un air ramollo.Avant d’être transféré ici j’avais déchiré ma carte pour n’en conserver que la partie qui m’intéresse, celle de la zone frontalière avec le Pakistan, c’est un petit bout de papier de 30 cm sur 20 cm qui une fois plié et replié ne prend pas de place et peut se planquer facilement dans une chaussette ou ailleurs. Par contre sans boussole ça risque d’être compliqué… Ces jours-ci j’ai quand même repéré une chaine de collines dans le lointain, ce sera le cap à suivre, la nuit les lumières d’un pylône qui s’y trouve clignotent.Le lendemain soir après le dîner au réfectoire je regagne ma chambre tôt et me mets au lit. J’ai tout préparé et répété dans ma tête, tout mon argent, un morceau de pain gardé du réfectoire ainsi qu’un morceau de ce qu’ils osent appeler « fromage », j’ai également mon morceau de carte et mon vieux pull gagné au poker car nous sommes en mars et les nuits peuvent encore être froides. J’attends que mes compagnons de chambrée s’endorment assommés par leur médicaments, ce qui ne tarde pas. Je fais mine de me diriger vers les toilettes dans la semi-obscurité du couloir désert et silencieux, je sais qu’un gardien surveille l’entrée du bâtiment. Il n’est pas super assidu au travail, il lit, mais cela rend néanmoins toute sortie nocturne impossible. Mais comme on est au rez-de-chaussée je passerai par une fenêtre des toilettes que j’ai repérée durant la semaine. J’ai remarqué qu’elle s’ouvrait facilement et sans couiner. Je passe une jambe par la fenêtre, mais au moment où je m’apprête à passer la seconde un gardien qui fait sa ronde se pointe. Je ne l’ai vu qu’au dernier moment j’aurais été beau si j’avais sauté à ce moment-là ! Je repousse vite fait la fenêtre sans la fermer complètement et m’accroupis en boule dans les toilettes. J’entends ses pas sous la fenêtre pas complètement fermée : il passe sous la fenêtre et se dirige vers l’autre bout du bâtiment, là-bas j’entends clairement qu’il disparaît en tournant à l’angle car le sol est couvert de graviers qui crissent un peu sous ses pas. Je saute le plus discrètement du monde dans le jardin et retire la fenêtre pour qu’elle paraisse fermée, mon cœur tambourine, je ne peux plus faire marche arrière, les choses sérieuses commencent. Putain ce que j’ai peur ! J’ai jusqu’à demain matin avant que l’alarme pour mon absence ne soit donnée à l’appel de 7 heures, il n’y a pas de ronde dans les chambres la nuit, ils font confiance à leurs pilules. Hé hé… Ma fuite :Il est 21h00 passées, je rampe dans le parc le plus rapidement et discrètement possible en me dirigeant vers sa partie ouest. J’aperçois à l’horizon le pylône qui me servira de cap. J’ai repéré un endroit où le mur d’enceinte est facile à escalader grâce à de la végétation qui l’a envahi et à laquelle je pourrai m’agripper. Je dois être très prudent car autour du bâtiments des dortoirs un gardien surveille le complexe. Je le distingue à l’autre bout de la bâtisse il est immobile il s’agit de ne pas se faire repérer. Je patiente un peu allongé immobile dans l’herbe. Je vois la flamme de son briquet, il semble allumer une cigarette puis il finit par repartir continuer sa ronde en disparaissant de l’autre côté. Ça devient bon pour moi. Je continue de ramper et une fois assez loin dans le parc je me lève et cours plié en deux dans l’obscurité vers le mur d’enceinte de l’ouest du parc. J’y arrive rapidement, l’escalade en moins de deux, et me laisse tomber de l’autre côté. Libre ! Mais tout ne fait que commencer, la frontière se trouve à 25 kms à l’ouest, j’ai toute la nuit pour l’atteindre, mais sans vraiment être persuadé de pouvoir la franchir…Je file rapidement dans la campagne, malgré mon pull je suis glacé. Très vite les lumières de l’hôpital derrière moi deviennent de petits points lumineux au loin. Je passe au large d’une grande bâtisse qui doit être une ferme, j’entends les aboiements d’un chien, pourvu qu’il soit attaché et ne vienne pas me mordre. Je trottine à travers les cultures, je les piétine dans le noir, la lune m’éclaire d’une petite lumière blafarde. Je continue de courir à travers les cultures en franchissant plusieurs grands fossés d’irrigation. Ils me ralentissent un peu car ils forment des sortes de petites ravines glissantes au fond desquelles je m’embourbe un peu. Je suis hyper crade, mon pantalon est recouvert de boue jusqu’aux genoux, et j’ai perdu une de mes basquets dans la vase d’une de ces grandes rigoles. Dans l’obscurité je n’arrive pas à la retrouver après avoir fouillé sommairement dans la vase. En plus dès qu’on la remue cette boue dégage une puanteur terrible, je perds trop de temps. Je décide d’enlever l’autre et de la jeter car avec une seule chaussure j’ai l’impression de boitiller. Après 3 heures de cavalcade j’atterris sur une route que je décide de quitter rapidement pour éviter de me faire repérer, je repars en direction de l’ouest en passant par ce qui semble être un verger. Sans m’arrêter je mange mon morceau de pain et le fromage, le froid et mon footing nocturne m’ont ouvert l’appétit. J’ai envie de fumer mais je suis parti le plus léger possible je n’ai pas emporté mes clopes. J’ai froid, je grelotte un peu dès que je ne suis plus en mouvement et je tousse. J’essaie d’étouffer ma toux pour gagner en discrétion.Je passe encore plusieurs heures à bourlinguer plus ou moins au hasard mais toujours en direction de l’Ouest vers le pylône et ses lumières que je ne quitte plus du regard. J’espère que je ne dévie pas trop et ne vais pas me retrouver dans le centre-ville de New Delhi ! J’ai moins froid à présent.Il doit être 5 heures du matin, l’Est derrière moi commence à rosir avec le lever du soleil, cela me confirme que je suis dans la bonne direction. Même si je n’ai plus froid grâce à la marche rapide, je suis épuisé. La boue de mon pantalon a partiellement séché avec la petite brise fraîche. Mais je dois m’arrêter quelques minutes à l’orée d’une forêt car je cours en chaussettes dans la campagne depuis peut-être une vingtaine kms au milieu des cultures et j’ai des trucs plantés dans les pieds, des épines, échardes ou je ne sais quoi. J’enlève ce que je peux mais certaines résistent, tant pis je ferai avec.J’arrive bientôt au niveau du Gang Canal que je traverse en empruntant un pont. Tout est désert, rien ne bouge, la moitié des lampadaires qui l’éclairent ne fonctionnent pas, ce qui m’arrange. Sitôt fait je quitte le réseau routier et repars à travers la campagne. Je sais pour l’avoir vu sur mon bout de carte que la frontière ne se trouve plus qu’à un ou deux kilomètres de là.Une heure plus tard le soleil me cogne le dos et me réchauffe, comme s’il m’encourageait à continuer, pourtant il est encore bas sur l’horizon. J’aperçois plus loin face à moi une chaine de petites collines. Sur la plus élevée je distingue un poste de garde et des soldats qui patrouillent fusil à l’épaule, ils sont 7 ou 8. Et le fameux pylône qui m’a servi de repère pour me diriger leur sert pour les transmissions, il y a tout un tas d’antennes dessus. Impossible de passer ici, mais ce doit être la frontière avec le Pakistan, j’approche du but, aucun doute. Je reste quelques longues secondes tapis derrière un buisson à épines et j’observe… Je vois passer au loin un berger avec un petit troupeau de moutons, j’entends le son de leur clochettes, le bruit porte loin il faudra donc que je tâche d’être totalement silencieux.A cette heure-ci on a dû découvrir mon absence à l’hôpital et l’alerte aura été donnée, les postes frontières du secteur doivent tous avoir un avis de recherche avec ma photo, je suis tellement fatigué par cette nuit passée à randonner que j’ai l’impression d’avoir des hallucinations auditives dans lesquelles j’entends des aboiements et des bruits de moteur de voiture. Je tente de me ressaisir, il serait trop con de me faire attraper après tous ces efforts, si près du but. Je décide de dévier un peu vers le sud où j’aperçois une immense zone de vergers, ce sont peut-être des oliviers je ne sais pas. D’ici je n’arrive pas à distinguer, mais ces arbres me camoufleront et m’aideront certainement à passer inaperçu. J’atteins le verger en marchant plié en deux et en rampant la moitié du temps pour échapper aux douaniers des collines que je ne perds pas de vue. Mes habits sont couverts de boue et de terre, je suis dans un de ces états ! Je pénètre dans le verger et caché par les arbres je peux me remettre debout et avancer en marchant normalement.J’essaie de presser le pas mais j’ai vraiment plus de jus, je suis sec. Je traverse une route pavées avec des briquettes, j’avance comme un somnambule d’un pas mécanique dans un chemin très étroit bordé d’arbustes et de gros buissons, quand soudain quelqu’un pousse un cri, me crie quelques mots et une baillonette vient se positionner à quelques centimètres de mon visage. C’est un soldat en uniforme, un douanier certainement, mais je ne comprends rien à ce qu’il me dit, ce n’est pas la langue indienne qu’il parle. Il me crie des questions, il est en mode « diarrhée verbale ». Je crois qu’il a été surpris et aussi apeuré que moi ! Je suis à genoux avec les bras en l’air, il appelle des renforts par talkie-walkie. Il ne parle pas indien, il parle une langue que je ne connais pas c’est donc que j’ai réussi à passer au Pakistan ! Ma carte chèrement payée ne m’aura finalement servi à rien car dans l’obscurité je n’ai jamais réussi à la consulter.Je suis conduit manu militari au poste frontière où l’on m’enferme dans une cellule.Je serai interrogé dans un anglais bancal durant une petite heure où je leur expose ma situation en m’aidant de gestes. On me renferme en cellule, m’apporte du poulet frit et une portion de frites que je dévore, puis je m’endors sur une banquette en lattes de bois. Je pense qu’ils ont enfin compris toutes mes explications désespérées, je crois qu’à présent ils savent qui je suis. En début d’après-midi un traducteur arrive pour épauler le chef de poste, incroyable dans ce trou paumé ils ont trouvé un mec qui parle un peu français, on dirait un habitant du coin car il n’a pas l’air d’être militaire ni policier. Je leur fait part de mon impatience quitter le pays par avion le plus rapidement possible mais le chef finit par s’irriter et me dit qu’il a encore pas mal de questions à me poser et le traducteur me précise :- « Nous avons trois possibilités à votre sujet, soit vous répondez à nos questions et vous repartirez libre, soit on vous remet aux autorités indiennes pour être entré illégalement au Pakistan, soit on vous emmène au fond d’un bois et on vous tue. Personne ne le saura jamais » …- « Ok je réponds à vos questions »Dans la soirée je suis conduit au commissariat de Minchinabad, la plus grosse agglomération du coin. J’y passe une autre nuit dans une cellule individuelle. Le lendemain je suis autorisé à appeler le consulat. Très rapidement Charles, un grand blond tout bouclé, déboule et prend connaissance de la situation, il va m’aider à organiser mon retour. Il m’a apporté des vêtements propres ainsi que des chaussures. Les fringues sont un peu grandes pour moi, j’ai quand même vachement l’air d’un guignol mais bon je ne vais pas faire la fine bouche… Il me dit :- « Vous avez eu beaucoup de chance ! »- « Oui je sais, c’est fou ce que je suis verni, lui dis-je en plaisantant, tout ce que je touche se transforme en or !»Il précise :- « Non vous ne comprenez pas : la zone frontalière que vous venez de traverser est minée. Vous avez eu beaucoup de chance ! »Je lui fais part de mon impatience à retourner en France et nous regardons les horaires des vols possibles sur un vieil ordinateur qui semble dater du néolithique, Charles passe un coup de fil à l’aéroport de Lahore. Un avion décolle dans l’après-midi de Lahore avec une escale aux Emirats Arabes Unis pour une arrivée à Orly. J’insiste pour partir avec ce vol mais il me prévient que les Emirats ont signé un accord d’extradition avec l’Inde et il est fort à parier qu’ils ont déjà ma photo, et me renverront en Inde s’ils me choppent à la correspondance.Je prendrai finalement un vol le lendemain avec une escale à Hambourg. Charles m’accompagne jusqu’à l’embarquement.J’atterris en France en fin de matinée en mai 1991, je n’ai pas réussi à dormir durant le vol retour à cause de l’excitation, mais ça y est, le cauchemar est bel et bien terminé et je ne suis pas près de retourner en Inde.Je passerai quelques mois en vacances dans différents coin de France avec de la famille, puis en novembre 1992 je finirai par trouver un travail et je retrouverai une vie « normale ».Ces 3 ans au niouf ont chromé ma vie d’une certaine manière, ça m’a fait voir les choses sous un autre angle, en oblique. Dans les mois qui ont suivi j’ai appris que Julien s’était installé dans l’ouest de la France en Vendée, mais je n’ai jamais cherché à rentrer en contact avec lui. Je n’ai plus eu aucune nouvelle de Mark, quant à Cubir condamné à 30 ans, il doit toujours être en train de sécher dans un coin de Tihar. « Getchmiss olsun » -en espérant que ça passe vite-

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