Le Népal par Benoît Lucchini

Benoît Lucchini

Benoît Lucchini, rédacteur en chef adjoint au Routard, nous parle du Népal, où il s'est rendu pour réactualiser le guide.

Corse, élevé au grain du 9.3, il a commencé avec une Carte Interail à 17 ans, les terres chaudes avec passion deux ans plus tard puis les mers froides comme pêcheur (illégal) de saumon sur un chalutier américain, avant un grand tour du monde. Son credo depuis 30 ans au Routard : multiplier les rencontres, s’émerveiller et écrire pour partager ses émotions.

Pourquoi choisir particulièrement cette destination ?

Pourquoi choisir particulièrement cette destination ?
Montagne Everest © natalia_maroz - Adobe Stock

Pour les montagnes, pardi ! Puis, une fois sur place, d’autres arguments prennent le relais. Si bien peu de gens tutoieront vraiment les sommets, tout le monde aura accès à l’une des plus grandes richesses du peuple népalais : son sourire et sa bienveillance. Puis, il y a les temples, où le style architectural newar s’exprime dans toute sa splendeur. Autour de ces temples, à toute heure, on ne se lasse pas d’observer l’animation qui y règne et l’étrange alchimie des rituels qui s’y opèrent. Changement de programme du côté de Pokhara : place aux sports de nature ! La rando, évidemment, mais aussi le raft, le kayak et le parapente qui permet de découvrir les montagnes sans trop se fatiguer, mais sans rien perdre en termes d’émotions.

Un moment à partager ?

Rien de tel que de s’asseoir, le soir venu, avec les anciens (et parfois les plus jeunes), sur la terrasse surélevée d’un temple de Durbar Square, que ce soit à Bhaktapur, à Patan ou ailleurs, pour passer un moment à écouter les musiciens réunis autour de modestes candélabres pour jouer et chanter des mélopées lancinantes dans les lumières vacillantes, en échangeant des regards complices. Un moment unique, empreint de simplicité et de vérité.

Une activité à faire absolument ?

Une activité à faire absolument ?
Parapente - Himalaya © dzain - stock.adobe.com

Au delà des treks (pas d’inquiétude, il y en a pour tous niveaux !), à Pokhara, on conseille de faire votre premier vol en parapente (en tandem). À 2 000 m au-dessus de la vallée, avec en toile de fond une partie de la chaîne de l’Himalaya. Quel panorama ! La majesté des sommets force le respect. On virevolte comme un aigle, en toute liberté, profitant des courants ascendants pour monter, monter…

Un souvenir de voyage particulier ?

Début octobre, Dasain, fête nationale. Arrivée tardive à Patan. Un petit tour tout de même du côté de Durbar Square, au cœur de la vieille ville. Et l’on comprend pourquoi les ruelles du vieux centre sont vides. La ville entière s’est donnée rendez-vous sur la place. La foule est énorme. La population a revêtu ses plus beaux atours, les femmes sont maquillées, les hommes ont sorti leur costume traditionnel, on tape sur des tambours et à tour de rôle on grimpe sur une plateforme pour faire résonner l’énorme cloche de la place… en gardant la tête à l’intérieur ! Soudain, sortant d’un palais, apparaît la grande statue d’une divinité (on ne l’a pas reconnue !) que les jeunes portent à bout de bras pour la faire défiler dans les rues. Une soudaine ferveur s’empare de la foule, toujours bon enfant, s’étonnant avec plaisir de voir encore deux touristes, bien seuls, partager ces moments de grâce et de joie populaire. À deux pas, un gamin fait voler son cerf-volant. Un échange de sourire, il nous tend la ficelle et opine du chef comme pour dire « Vas-y, essaye, c’est facile, c’est Dasain !... ».

Une spécialité locale ?

Une spécialité locale ?
Dal bhat © chachanit - Adobe Stock

Pas cher, proposé à toutes les cartes, le plat national, le dal bhat, est nourrissant et très complet. Riz blanc, bouillon de lentilles accompagné d’un petit curry de légumes, et d’un mélange d’ingrédients divers et épicés. Et c’est le moment ou jamais d’y mettre les mains (enfin, plutôt une main, la droite obligatoirement). La moindre gargote le propose à un prix défiant toute concurrence. Pour un repas léger, on opte pour les momos, sans hésiter. Même si la recette est tibétaine, elle a traversé l’Himalaya sans perdre en saveur. Frites ou vapeur, ces bouchées de pâte de riz renferment une préparation aux légumes ou à la viande. Un délice !

Un souvenir à rapporter ?

Un souvenir à rapporter ?
Souvenirs népalais © Ocskay Bence - stock.adobe.com

Avant de rapporter, pourquoi ne pas apporter ? Vêtements qu’on ne porte plus, chaussures encore en bon état… Tout cela fera le bonheur de nombreux Népalaises et Népalais (les agences de treks sont souvent en contact avec des associations qui redistribuent aux personnes défavorisées). Une fois le sac vide, il faudra le remplir ! Un vrai pashmina (vérifier le certificat), un bijou népalais, un moulin à prières ?... Les rues de Kathmandu sont pleines d’échoppes bien tentantes. Question textile, on conseille de fréquenter les boutiques de fair trade (commerce équitable), qui vendent le produit du travail des femmes dans les villages, sans les exploiter. Ca existe !

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