Voyager écolo

A la mer

A la mer
© sawitreelyaon - Adobe Stock

Sous les mégots, la plage

Littoraux bétonnés, plages jonchées de mégots... Les ravages du tourisme balnéaire de masse sont visibles, donc connus de tous. Étrangement, certains en profitent pour se donner moins mauvaise conscience. A quoi bon me lever pour jeter mon mégot, alors que la plage en est déjà truffée ? Du coup, beaucoup de municipalités tamisent le sable à l'aide de tracteurs pour redonner un coup de propre à leurs plages : super efficace pour détruire tout l'écosystème au passage !

L'écosystème marin subit d'autres agressions que vous ne soupçonnez probablement pas. La faute aux plaisanciers, par exemple. Selon l'organisation mondiale de protection de l'environnement WWF, certaines plages sont interdites à la baignade à cause de la mauvaise qualité de l'eau... souillée à force de leur servir de toilettes géantes. Et un sac plastique jeté à la mer peut être fatal à une tortue, qui s'étouffera en croyant gober une méduse...

Les plongeurs non plus ne sont pas tout verts. Donner à manger aux poissons interfère dans l'équilibre entre les espèces, et les incite à modifier leur comportement naturel. Les titiller jusqu'à la porte de leur maison peut les stresser à tel point qu'ils laisseront leurs rejetons à la merci des prédateurs. Prélever ou abîmer un morceau de corail réduit à néant un travail de la nature qui a duré des années. Une branche de 10 cm met un an à se former ! On peut ainsi retarder de plusieurs années la formation d'un récif. Les coraux ont pourtant déjà fort à faire pour résister au réchauffement climatique et autres pollutions humaines. Certains scientifiques ont émis l'hypothèse qu'à un tel rythme, la Grande Barrière de corail, déjà mal en point, pourrait être entièrement détruite d'ici vingt ans...

Les commandements du petit baigneur écolo

À la plage

- Rien dans le sable, tu ne jetteras.
- À la pêche aux moules, la taille minimale et les quantités autorisées tu respecteras.
- À l'érosion des dunes, tu ne contribueras pas, les sentiers balisés, tu emprunteras.

En bateau

- Tes besoins dans l'eau, tu ne feras pas [NDLR : la rédaction, magnanime, ne te tiendra pas rigueur en cas d'envie pressante].
- Aucun déchet par-dessus bord, même biodégradable, tu ne jetteras.
- L'ancre près d'un récif corallien, tu ne jetteras pas.
- Les tailles de capture minimales et le matériel autorisé, tu respecteras.

En plongée

- À manger aux poissons, tu ne donneras pas.
- La faune sous-marine, tu ne dérangeras pas.
- Les coraux, tu ne toucheras pas.
- Rien tu ne prélèveras.

Comment limiter les dégâts sans gâcher son plaisir ?

À la plage

- Pour fabriquer un magnifique cendrier portatif, utilisez une boîte de pellicule photo. Gardez-la toujours avec vous !
- Un autre petit truc : utilisez du lait solaire. Au contraire de l'huile, il ne se dissout pas dans l'eau. Près des côtes, l'huile solaire forme un écran à la surface et ralentit la photosynthèse des végétaux sous-marins.
- Si vous ramassez des coquillages, replacez les pierres que vous retournez.

En bateau

- Utilisez les poubelles et les toilettes du port.
- Installez sur le bateau un système de canalisations fermées avec un réservoir (cuve à eaux noires) pour recueillir toutes les eaux usées (toilettes, évier...). Videz-le au port, dans les installations prévues à cet effet.
- Lavez le pont avec des détergents sans phosphates. De l'eau claire et du savon de Marseille feront parfaitement l'affaire.
- Utilisez des enduits, peintures et vernis non toxiques.
- Prévenez les fuites d'huile ou de carburant. Un litre d'huile contamine jusqu'à deux millions de litres d'eau !

En plongée

- Contentez-vous de toucher des yeux la faune et la flore sous-marines : prenez des photos !
- Pour éviter d'abîmer les coraux, utilisez des palmes courtes et nagez doucementFixez bien votre matériel près du corps pour qu'il ne racle pas les récifs.

Pour aller plus loin

- Plongeurs, jetez un oeil sur la Charte internationale du plongeur responsable, établie par l'association Longitude 181 Nature. Elle réunit notamment quelques anciens copains du commandant Cousteau : Longitude 181.

Texte : Clémentine Bougrat

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