Voyager avec un enfant

Le moutard crapahute

Le moutard crapahute
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Le nourrir

1. Allaitement artificiel et biberon

Prenez les modèles en plastique, que vous abandonnerez sans remords en partant ; le grand bébé arrivera très vite à soulever tout seul ses biberons d'eau minérale et se réhydratera ainsi à volonté. 

Attention : si vous partez dans un pays chaud ou tout simplement sous le soleil de la Côte d'Azur, la stérilisation est importante pour le nourrisson. D'une part la chaleur favorise la multiplication des germes, et d'autre part la qualité de l'eau peut parfois laisser à désirer dans certains pays. 

Pour des raisons de commodité, préférez la stérilisation à froid (voir le paragraphe sur l'alimentation).

2. Lait artificiel

Indispensable, même si vous avez commencé à diversifier l'alimentation. Pour les enfants de plus d'un an, le lait de vache fera l'affaire (sauf bien sûr en cas d'allergie avérée).

Pour les pays où l'hygiène est aléatoire, faites un stock d'eau minérale (dans l'hypothèse où vous avez une voiture). Dans les situations difficiles, utilisez à la fois le filtrage si l'eau n'est pas parfaitement transparente et les comprimés désinfectants Micropur, en respectant leur mode d'emploi (un comprimé par litre, laissez agir plusieurs heures avant consommation). Donner de l'eau seule, pas de boissons sucrées).

3. Allaitement maternel

En voyage, l'allaitement maternel comporte des avantages logistiques certains : pas trop de matériel à transporter, voir aucun, pas de soucis d'approvisionnement en lait. Encore faut-il penser à son petit matériel : crème, embouts... 

Attention : si vous prévoyez d'allaiter en zone impaludée ou dans une destination où sévissent des maladies comme la fièvre jaune, veillez à consulter un médecin avant de partir pour vous assurer que les vaccins et traitements n'ont pas d'effets néfastes. En effet, de nombreux traitements médicaux passent dans le lait maternel.

Autre bémol : dans certains pays, l'allaitement au sein n'est pas bien vu dans les espaces publics, et là, ça peut compliquer les choses.

4. Conseils pratiques

Prévoyez des petits pots pour les repas principaux à donner là où vous risquez de ne pas trouver de supérette en dépannage. Retarder d'une heure le repas de bébé pourrait bien gâcher une partie de la journée...

Ne soyez pas à court de petits pots dans les régions reculées, car c'est souvent là aussi que vous êtes exposés aux intoxications alimentaires. Faites un stock à votre arrivée : même dans les pays peu développés, la ville aéroportuaire possède généralement un supermarché " de luxe " où vous trouverez ce genre d'articles. 

Si vous êtes vraiment coincés, choisissez les aliments du meilleur aspect, en proscrivant fruits, viandes, poissons et laitages. Cherchez des féculents, pommes de terre, pain ou gâteaux secs, inoffensifs ; vous en ferez une bouillie, à éventuellement cuire avec de l'eau désinfectée. S'il vous reste du lait en poudre, vous pouvez laisser le bébé de moins de 5-6 mois quelques jours exclusivement au biberon.

Le moutard crapahute : le baigner

1. Pour se laver

Le bain est une question d'hygiène pour l'adulte, mais pas du tout pour le bébé qui se salit moins que l'adulte. On peut ne laver bébé que 2 fois dans la semaine. En plus, en voyage, le bain quotidien peut poser problème.

Voici quelques solutions pour le bain en voyage. La baignoire en plastique (décidément bien encombrante dans le coffre !), ou la baignoire gonflable. Pas de baignoire portative ? Il reste la grande baignoire de l'hôtel (vigilance extrême !) ou le bac à douche, plus acrobatique mais faisable. 

Comme à la maison, il faut faire attention à la température. Votre main ou votre coude n'étant pas un indicateur fiable, servez-vous d'un thermomètre de bain. Comme à la maison...

2. Pour s'amuser

La baignade en eau de mer, en eau douce ou en piscine présente une particularité : on n'en contrôle pas la température ! Il va donc falloir que le corps de bébé se thermo-régule, d'où de probables petits cris au premier contact. Dans un premier temps, on mouille la nuque de l'enfant avec la main pour qu'il se fasse progressivement à la température. 

Votre enfant passera sans doute par différentes phases (angoisses et joies de la baignade). Alors proposez, mais n'obligez pas. Bref, on n'aime pas voir des parents forcer leur enfant à aller dans l'eau. Le bain du bébé ne doit être que du plaisir, et de toute façon, il ne doit pas être trop long (10 minutes maximum au début pour éviter le refroidissement). 

La meilleure position pour un enfant de 5-6 mois, c'est assis, tenu sous les fesses avec la paume de la main, dos contre votre ventre, donc face au spectacle de la piscine ou du grand large. Quand il est plus âgé, on le tient sous les aisselles. Vient ensuite le temps des bouées et des brassards (vers 2 ans, voire un peu avant).
On sèchera l'enfant dès sa sortie de l'eau.

3. Conseils de sécurité

Dans tous les cas, une surveillance de tous les moments est primordiale. Le risque de noyade est réel, même dans 20 cm d'eau.
Attention également aux chutes autour de la piscine.

Inutile aussi de vous rappeler les dangers de l'hydrocution : attention donc aux différences de températures entre l'air et l'eau. Évitez de baigner votre enfant après un repas lourd et mouillez-le avant de le plonger dans l'eau.

Et pour bien profiter du joli lac que vous avez trouvé en chemin ou de ce coin de paradis au bord de l'océan, prenez garde aux courants et lames de fond, aux marées (bien se renseigner auprès des maîtres-nageurs sauveteurs), ainsi qu'à la qualité de l'eau (auprès des offices de tourisme ou des gens du coin).

Le moutard crapahute : le faire dormir

Un bébé est capable de dormir sans difficulté dans la plupart des situations qui paraissent a priori inconfortables : dans un sac à dos, au milieu d'un spectacle audiovisuel, sous le feu de haut-parleurs tonitruants, dans une fête de village... Une chance pour vous, couple baladeur et avide de découvertes : imaginez que les deux tiers de vos journées soient immobilisés par les siestes impératives de bébé ! En fait, l'important n'est pas de savoir où il dormira, mais plutôt se s'assurer qu'il est confortablement installé pour s'endormir où et quand bon lui semble.
Le lit parapluie est sans doute le système le plus adéquat.

Dans tous les cas, à l'hôtel, ne laissez pas dormir bébé sur un lit d'adulte : tôt ou tard il se cassera la figure. Ne croyez pas qu'il ait besoin d'un confort identique au vôtre : il est souple. Si vous avez oublié le lit parapluie, il peut toujours dormir sur une moquette. Placez quand même bébé sur la couette bien épaisse que vous avez apportée, d'autant plus indispensable si le sol est carrelé.

Pour les enfants plus âgés, les vacances entraînent parfois, les premiers temps, une perturbation du sommeil : chaleur, moustiques, vent, altitude… Voilà de quoi les rendre nerveux. Faites le maximum pour que les conditions soient acceptables : moustiquaire, chambre fraîche, etc. C'est l'occasion d'inventer de nouveaux " rituels " pour la séparation nocturne, un peu d'imagination ! 

Autre chose à éviter : accepter que le bambin se couche de plus en plus tard, car il ne manquera pas d'accumuler la fatigue. Une ferme diplomatie devrait suffire.

Le moutard crapahute : le protéger

Sac à dos 

Réglez les bretelles de façon à ce que bébé ne dépasse pas trop au-dessus de votre tête. Il doit être bien calé. Pour passer un encadrement un peu bas, vous penserez à vous baisser, mais en zone boisée, vous ne pourrez peut-être pas lui éviter toutes les branches...Foules (à éviter !)

Laissez tomber le sac à dos, il vous bloquera et bébé risque d'être bien malmené dans la bousculade. Prenez-le dans vos bras, c'est plus sûr, ou sortez la poussette, elle aussi plus sécurisante dans ce type de situation.

En altitude 

Pas besoin d'adaptation particulière en dessous de 2 500 m. Au-delà, la migraine et l'essoufflement vont se faire sentir plus ou moins rapidement quand vous portez bébé, selon votre résistance personnelle. 

N'hésitez pas à le couvrir plus que vous, en particulier s'il y a du vent, ce qui est fréquent. Soignez également la protection contre le soleil, cruel en altitude.  

Attention, si l'enfant a une malformation cardiaque ou des problèmes respiratoires, demandez conseil auprès de votre médecin avant votre escapade en altitude.

Le soleil 

Les expositions au soleil sont fortement déconseillées entre midi et 16 h. Chapeau, lunettes de soleil et crème solaire à fort indice de protection sont obligatoires. 

Il existe sur le marché de nombreuses crèmes solaires conçues pour les bébés et les enfants. Enduire de crème toutes les 2 h. Rebadigeonnez-le à la sortie du bain. Méfiez-vous du vent, des nuages et de la neige : s'ils rafraîchissent, ils n'atténuent pas les UV.  

Attention, les crèmes solaires gardées d'une année sur l'autre sont susceptibles d'être inopérantes. 

Un enfant se déshydrate sans s'en apercevoir. Alors n'oubliez pas de le faire boire abondamment et surtout régulièrement, même s'il ne le demande pas, et même s'il n'en a apparemment pas envie.

Pour prévenir insolation et brûlures : ne surtout pas le laisser s'endormir au soleil !
Et si un coup de soleil devait quand même advenir, il faut enduire l'enfant de Biafine... et redoubler d'attention !

Vives, méduses & Co 

Les sandales en plastique sont la meilleure solution pour éviter de voir revenir le bout d'chou en pleurs, alors qu'aucune blessure n'est visible.

Insectes 

Quelques règles élémentaires pour les éviter. Il vaut mieux mettre en permanence des chaussures et porter des vêtements qui ne soient pas trop vifs (ils attirent les abeilles). Pendant les repas, ne pas laisser trainer les déchets qui entraînent les insectes bourdonnants et autres rassemblements de guêpes. Les bouteilles de sirops ou de sodas sont à refermer scrupuleusement après avoir vérifié qu'aucun insecte ne s'y trouve. Enfin, expliquez au bambin qu'il vaut mieux fermer la bouche en présence d'insectes volants.

Dans les pays où sévit le paludisme, privilégiez, particulièrement quand la nuit est tombée et que les moustiques sont de sortie, les vêtements amples et longs (pour couvrir au maximum la peau), les chemises et pantalons légers. Pensez aux lotions anti-moustiques efficaces, comme Insect Ecran Enfant ou Cinq sur Cinq (dès 2 ans pour l'imprégnation des vêtements, dès 30 mois en spray sur la peau) et aux serpentins à brûler dans votre chambre ou devant la tente.

Le moutard crapahute : spécial sécurité domestique

La vigilance ne doit pas s'évanouir avec l'arrivée des vacances (au contraire) ! Dans l'espace souvent non sécurisé qu'est la maison de vacances, l'hôtel ou la tente, il ne faut pas oublier les bons vieux réflexes et souvent même, il faut redoubler de vigilance. Les escaliers et les fours bas doivent être surveillés, les appareils électriques (fer à repasser, sèche-cheveux, réchaud...) débranchés et rangés, la pharmacie et les produits d'entretien hors de portée, les manches des poêles et casseroles tournés vers l'intérieur... et on en passe. 

Ne laissez pas votre moutard seul avec des animaux domestiques et faites attention à tout ce qu'il peut mettre à la bouche (cailloux, plantes...). Les cache-prises sont aussi recommandés (bon marché ; n'hésitez pas à en acheter avant le départ) et ayez en tête que plus d'un enfant a réussi à s'étouffer avec un simple sac en plastique.

Le moutard crapahute : l'amuser

Selon son âge, le moutard s'occupe différemment. Ses jeux sont en relation directe avec l'univers qui lui est accessible. Avant 3 mois, son monde est restreint : lit, couffin, table à langer, et les bras de papa-maman et de leurs copains. Le nourrisson entend, regarde, et commence à toucher. Un simple mobile ou boîte à musique le satisfont amplement.

Entre 3 et 6 mois, c'est l'âge des premiers vrais sourires et des tentatives pour porter à sa bouche toutes sortes d'objets. Ce qui l'amuse : les portiques, les hochets de dentition et les jeux d'eau dans le bain.

De 6 à 9 mois, même si son univers est sensiblement le même, les jeux deviennent plus sophistiqués. C'est le temps des tableaux de découverte, des miroirs ou des peluches.

Après 9 mois, c'est le temps des grandes découvertes et de tous les dangers. Le moutard se déplace et a bien compris comment fonctionnent ses menottes. Il faut qu'il regarde, touche et mordille tout ce qui se trouve à sa portée. Les jeux à encastrer l'amusent, autant que le sable, l'eau ou la pâte à modeler. Les vacances vont lui permettre de découvrir les choses de la campagne : herbes, cailloux, terre. Mais attention, car bébé se sent obligé de goûter à tout cela. Ouvrez l'œil et le bon !

Pour un bébé ou un jeune enfant, tout est jeu, tout est découverte, tout est passionnant... surtout si c'est nouveau !

Pour les plus grands, pensez aux ballons, livres, BD, coloriages ou jeux de société pour les temps morts.

Sinon, il est évident que lui faire rencontrer d'autres enfants est le remède miracle. D'autant plus que le langage du jeu est comme celui de l'amour : il franchit les barrières de la langue !

Texte : Dossier revu et corrigé par Marie Borgers

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