Escale à Santiago du Chili

Escale à Santiago du Chili
alobos Life - Flickr - CC BY-NC-ND 2.0

Santiago n’a rien d’excitant a priori. Cette capitale latino-américaine n’est bien souvent qu’un transit pour des destinations plus enchanteresses comme la Cordillère, l’Atacama ou la Patagonie. Pourtant, cette gigantesque agglomération (près d’un tiers de la population chilienne) mérite une halte pour découvrir le visage actuel du Chili. Visite guidée, le temps d’une escale.

Santiago, capitale aux visages multiples

Ville métisse, Santiago du Chili est une mégapole de plus de 6 millions d’habitants qui s’étire paresseusement le long du río Mapocho, sur fond de grande cordillère saupoudrée de neiges éternelles.

Fondée dans la première moitié du 16e siècle et demeurée depuis capitale du Chili, cette ville-lumière étonnamment méditerranéenne, offre cependant plusieurs visages. Parmi ceux qui justifient une escale, retenons-en trois : le Centro pour son animation diurne, son shopping  et ses musées, Lastiarra et Bellavista pour leur côté festif.

Le Centro : une Santiago plus américaine que latine

Dans le Centro, le cœur historique aligne, au fils d’artères tracées à l’équerre, une architecture néoclassique héritière de la grande tradition haussmannienne. C’est le siège du pouvoir et de l’activité économique, avec ses rues piétonnes ombragées, parcourues par un flux incessant de badauds, ses boutiques chic et ses musées.

La plaza de Armas en marque l’épicentre. C’est ici que, en 1541, le conquistador espagnol Pedro de Valdivia posa la première pierre d’une ville de garnison qui deviendra l’une des plus importantes capitales du continent sud-américain. Depuis, quelques révoltes indiennes et de nombreux tremblements de terre ont eu raison de sa superbe. Reconstruite à plusieurs reprises, la ville affiche aujourd’hui un éclectisme architectural à nul autre pareil.

Un des bijoux du Centro : le musée chilien d’Art précolombien, avec une très belle collection de totems et statuaire, poteries, tissages et bijoux mapuches. À ne pas manquer.

Plus « léger » parmi les choses typiques du Centro de Santiago : les Cafés con Piernas, littéralement « café avec des jambes », appelé ainsi car les serveuses sont en minijupe. Ce type de bar est né dans les années 1970 pour inviter la gent masculine à se rendre au café pour consommer de vrais expressos (alors qu’auparavant les Chiliens ne buvaient que du café soluble).

On en trouve sur Alhumada, l’une des rues structurantes du centre ville. Ils sont facilement reconnaissables, sombres et souvent couverts de miroirs. Ils portent des noms évocateurs : café Haïti, Brasilia, Habana…

Lastarria, un village en pleine ville

Plus loin, le Cerro Santa Lucia – sorte de réminiscence miniature de la cordillère –, coupe le centre ville en deux. Abandonnant au centro son activité exclusivement diurne, ses rues s’enchevêtrent pour dessiner Lastarria, un quartier bohême et branché qui se déploie autour du Centre Gabriela Mistral, véritable foyer de la culture mapuche. C’est ici que sont programmés les principaux spectacles.

Avec ses galeries d’art, ses ateliers de créateurs et sa flopée de petits restos et de bars, le quartier fait le plein tous les soirs et jusque tard dans la nuit. C’est, avec le Barrio Brasil (situé, lui, à l’ouest du Centro), l’un des endroits les plus authentiquement « graffés » de la capitale en raison de leurs nombreuses peintures murales.

Lastarria, c’est un peu Marrakech pour la couleur vieux rose de certaines façades et les alignements de jacarandas, un peu Rome pour ses terrasses, ses pizzas et ses verres de blanc, et un soupçon de Dublin ou de Berlin pour ses bières. Rien d’étonnant alors à ce que les artistes et intellectuels qui avaient fuit la dictature se soient retrouvés ici plutôt qu’ailleurs. En fin de semaine leurs livres, interdits durant les années Pinochet, réinvestissent les étals de la brocante qui marque la fin de semaine.

Côté musées, ce quartier n’a rien à envier au Centro. Épinglons le musée des Arts Visuels, et non loin de là, dans le parque forestal, le grand poumon vert de la capitale, le musée des Beaux-Arts et son alter ego (même bâtiment) le musée d’Art Contemporain. Devant ce dernier, se déroule chaque dimanche une grande braderie qui attire des centaines de jeunes.

Bellavista, pour la vie nocturne

À un jet de pierre de Lastarria, sur la rive droite du río Mapocho, Bellavista est le quartier de la vie nocturne par excellence. Coincé au pied du Cerro San Cristóbal, la colline boisée dominée par une Sainte Vierge bien plus kitch que le Corcovado, ce haut lieu de la cuite pour fils-à-papa est devenu hautement touristique.

En journée, rien de spécial à y faire, si ce n’est arpenter les rues pour découvrir quelques œuvres de street art, visiter la Chascona, (la maison de Pablo Neruda) ou prendre le funiculaire pour gravir les 320 m de dénivelé qui séparent le quartier du sommet du cerro, d’où la vue plongeante sur la ville est tout simplement grandiose.

Mais dès la tombée de la nuit Bellavista prend toute sa dimension, quand les tables se remplissent de convives et que la bière coule à flot. Ici, on trouve même des bars exclusivement réservés aux étudiants (aux gosses de riches, devrait-on dire, quand on sait qu’au Chili le prix d’un mois d’étude supérieure en école privée varie entre 500 et 1 800 dollars, ce qui en fait le 2e pays le plus cher du monde pour les études !). Entrée réservée aux détenteurs de cartes d’étudiant !

Les autres se rabattront sur le patio Bellavista. Pas désagréable pour y dîner le soir aux beaux jours, même si son côté un peu trop standardisé ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. Quant aux petits budgets, ils resteront dans la rue Pio Nono ou décamperont pour écumer les rades du barrio Brasil à quelques stations de métro de là.

Fiche pratique

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Une escale de quelques heures

Si vous ne disposez que de quelques heures de transit à Santiago, pas de problème. Pour une escale de jour, rien de plus facile pour se rendre dans le centre ville, il suffit de prendre le bus Tur Bus (départ ttes les 20 min 6 h-23 h) pour le Terminal Alameda, puis de là, le métro jusqu’à la station Santa Lucia.

Compter 30-40 min de transfert. Prix du transfert aller-retour : 2 800 + 1 300 = 4 100 pesos, soit environ 5,50 €. Pour une escale en soirée ou de nuit, se rendre de préférence dans le quartier de Lastarria ou Bellavista. Avant 22 h 30, prendre la combinaison bus + métro identique à celle ci-dessus mais pour revenir, taxi obligatoire (compter 25 €).

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Où manger ?

En journée, vous pouvez déjeuner indifféremment dans l’un des 3 quartiers. Si vous êtes plutôt musées, optez pour le Centro, voire Lastarria.

Café Glamour : Namur 29 (rue perpendiculaire à O’ Higgin’s sur le côté droit du GAM). Y aller le midi pour la formule-déjeuner 3 plats à 3 500 pesos, boisson comprise. Personnel accueillant, cuisine familiale.

Où boire un verre ?

Dans le barrio Lastarria (à l’arrière du GAM) le Bar El Barisino. Bonnes bières du sud. Quelques snacks et pizzas. Bonne ambiance.

Aussi : Café del Museo (José Victorino Lastarria 305-Plaza Mulato). Pour un petit break wifi en journée.

Dans le patio Bellavista : Casa en el Aire : excellente caïpirinha et très bon live d’un guitariste qui reprend les tubes de Mercedes Sosa. On passe un bon moment.

Une escale d’un jour ou deux (avec une nuit)

Où dormir ?

Une adresse centrale : Che Lagarto Hostels (San Antonio, 60) mais uniquement pour l’auberge de jeunesse, car les suites sont d’un mauvais rapport qualité-prix (à cause du bruit). Compter 14-18 USD pour une nuit en dortoir. C’est propre, bien placé et le personnel sympa.

Où prendre son petit déj ?

Dans le Centro, El Naturista (Moneda 846). Ouvre dès 8 h 30. Agréable petit déj en terrasse dans la rue l’été. Mais aussi une bonne adresse resto pour le reste de la journée.

Dans le barrio Brasil : Café Cronica Digital  (au fond de la plaza Brasil). Café « engagé ». Bien pour boire un petit jus de fruits frais le matin.

Texte : Eric Milet

Mise en ligne :

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