Dali et ses environs, la perle du Yunnan

Dali et ses environs, la perle du Yunnan
Ivan Giovanelli

Beauté des panoramas et de l’architecture traditionnelle, variété des balades, savoureuse cuisine, shopping intéressant… Dali et sa région composent sans nul doute l’une des étapes chinoises les plus agréables pour recharger ses accus, au calme ou dans l’animation, selon ses affinités. Cap sur cette petite ville préservée du Yunnan, tout droit sortie de « Tigre et dragon ».

Dali, un esprit à part

À 350 km au nord-ouest de Kunming, la vieille ville de Dali (大理古) se trouve aux pieds des monts Cangshan () culminant à plus de 4 000 m, sur la rive ouest du lac Erhai () dont le trop-plein alimente le Mékong.

Comptoir majeur sur la millénaire route du Thé et des Chevaux (chama gudao ; 茶马古道), cette ville de 30 000 habitants précède Lijiang et Zhongdian-Shangri La, en direction du Tibet.

Sa fière allure rappelle son statut de capitale (8-13e s) des royaumes successifs de Nanzhao (南詔) et de Dali, s’étendant jusqu’en Asie du Sud-Est et envahissant à l’occasion leurs puissants voisins chinois et tibétains. La grâce et la noblesse des silhouettes des Trois Pagodes (Santa Si ; 三塔寺) témoigne de cet âge d’or.  

Le choix de sa voisine Xiaguan (下关) comme capitale administrative et industrielle a protégé l’architecture ancienne de Dali : remparts de pierre, portes médiévales, demeures traditionnelles… Ce patrimoine fait la fierté des Bai (baizu ; ), ethnie régionale majoritaire, aussi douée pour l’agriculture et l’artisanat que cultivée.

Pas bigleux en la matière, les post-hippies arrivés dans les années 1980 font de Dali leur petite Katmandou chinoise. À la même époque, la ville attire des artistes et libres penseurs chinois, avides de grand air et de cette tolérance qu’on prête aux « minorités » ethniques.

Si le vent a tourné depuis 2008, il rafraîchit toujours l’esprit et le corps qui s’épanouissent en harmonie à Dali, nourris de bonne cuisine, assouplis par les massages et les cours de Tai-Qi. Fuyant les mégalopoles fiévreuses et polluées, les bobos chinois ont fait de la cité l’un de leurs QG.

Avec Yangshuo (province du Guangxi), Dali reste la ville la plus « Laowai (étranger)-friendly » du pays. Même les autorités jouent le jeu : les visas touristiques de 30 jours sont facilement prolongés d'un mois.

Promenade dans la vieille ville

Protégée par ses murailles, Dali reste bel et bien le fief des Bai, contrairement à Lijiang, dénaturée par le départ de ses véritables habitants, les Naxis.

Reliant les portes nord et sud, la rue Fuxing (复兴路) est la plus touristique. Elle conserve cependant la majorité des vieilles demeures d’un étage qui font la beauté de la ville. Panneaux de bois rouges, flancs ornés de lavis, toits recourbés et couverts de tuiles végétalisées par le temps qui passe…

La rue Huguo (护国路) la coupe à angle droit, d’est en ouest où les guides, tous fanions dehors, rappellent à leurs ouailles chinoises son surnom de « rue des Étrangers » (Yangren Jie ; 洋人街), datant des premiers routards qui la colonisaient.

Parallèle à Huguo Lu vers le sud, Renmin Lu (人民路) aligne des restos chinois en tout genre, qui se mélangent avec des établissements d’inspiration  occidentale, dont le Bad Monkey (bière maison, concerts, etc.) est la référence.

Plus au sud encore, le style contemporain-bai du quartier de Honglongjing (红龙井) peine à se fondre dans la cité, à l’exception de sa jolie ruelle est-ouest, égayée par un ruisseau.   

La moitié nord de la ville, et surtout sa partie basse, vers le lac, est moins fréquentée par les touristes.  

De superbes alentours

- À 2 km au nord de Dali, les 3 pagodes de Santa si (三塔寺) dominent le paysage. Prix d’accès élevé, d’aucuns se contentent de les admirer depuis la route en contrebas.

- 20 km au nord, après être passé sur la rive est du lac, l’ancien comptoir marchand de Xizhou (喜洲) concentre de nombreuses et parfois somptueuses demeures typiquement Bai. Sur sa jolie place, goûtez aux renommés baba () – de riches galettes de blé salées ou sucrées.

- 7 km plus loin, sur la route parallèle côté montagne, le village de Zhoucheng (周城) s’ouvre par une grande place animée d’un marché photogénique et quotidien. La quitter par la ruelle grimpant dans le bourg pour réaliser une jolie boucle. Les batiks locaux sont très réputés, et la fabrique se visite. Sur l’autre rive, Shuanglang (双廊) est chéri des artistes pour son petit cap semé de belles maisons Bai.

- Pour une rando facile (), prendre le télésiège rejoignant le monastère Zhonghe (中和寺) puis s’engager sur Yudai Lu (玉带路), un sentier plat et empierré qui épouse les ondulations des monts Cangshan, en délivrant de superbes panoramas sur la plaine et le lac. Au choix : 11,5 km jusqu’à la télécabine du temple Gantong (感通寺) ou 4 km en redescendant à travers la Cité du Cinéma (电影城; Dianying Cheng). 

- 140 km au nord de Dali, Shaxi (), antique comptoir commercial sur la route du Thé et des Chevaux s’est figé dans le temps et sa campagne sereine : maisons Bai, vieux temples, théâtres, portes et ponts. À proximité, Shibaoshan (石宝) veille sur son « Trésor de Pierre » bouddhique et royal, constitué de sculptures rupestres  vieilles de 1 300 ans, dans un écrin de nature protégée.

- 35 km au sud de Dali, le village de Donglianhua (东莲花) illustre parfaitement l’ancestrale culture caravanière des musulmans Hui. L'architecture de la grande mosquée et les demeures début 20e s. mélangent avec réussite l’influence architecturale Bai et chinoises aux règles islamiques.

- 35 km plus loin, la petite ville de Weishan (巍山) a été préservée des destructions-reconstructions. Sa montagne sacrée, la taoïste Weibaoshan (巍宝), est semée de temples – deux d’entre eux sont particulièrement zen – et sillonnée de sentiers de randonnées.

Fiche pratique

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Transport

– Bus : 5 h de trajet depuis Kunming. 7 h-minuit env, plus de 100 liaisons/j. tt type de bus confondus ! (Bus de luxe, ttes les 20 mn env). Compter 140-180 ¥, 5 h de route. Attention : arrivée en général à Xiaguan (下关), d’où il reste encore 18 km jusqu’à Dali vieille ville (大理古; Dali Gucheng) : bus urbain (ligne 4 ou 8), env 2 ¥ ; taxi, compter 60 ¥.

Depuis Dali : départs très nombreux vers tt le Yunnan. Pour choisir son type de bus, connaître le lieu de départ – vieille ville (le plus pratique) ou l’une des gares de Xiaguan (parfois nécessaire) – ou louer une voiture avec chauffeur, se rens auprès des hostel/AJ ou des petites agences de la ville comme celle à l’intersection de Bo’Ai lu et Huguo Lu.

– Train : Kunming-Dali plusieurs départs/j. (train de nuit conseillé), env 8 h de voyage et 110 ¥ ; Dali-Lijiang, 5/trains/j., env 2 h de voyage.

– Avion : quelques liaisons avec des grandes villes chinoises (Pékin, Shanghai, Shenzhen, etc.). Peu intéressant par rapport au bus depuis Kunming ou Lijiang (à cause des temps de transport et d’enregistrement).

Où dormir ?

– Jade Emu et Jade Roo (金玉缘; Jinyu Yuan) : de l’autre côté de la grande route depuis la porte ouest (mais tt proche). 西门村十组 (« porte » repère : 红龙井城门). Lit en dortoir/double avec sdb à partir de 30 ¥ / 170 ¥. Petit déj en sus. 2 sections complémentaires pour cette très bonne GH. Bon accueil, infos sur la région, résa de transports.

Mao Mao Cool Guest House (猫猫果儿): 419, Renmin Lu. Double/duplex à partir de 180/320 元. Petit déj non compris. Un boutique-hôtel à la chinoise, fréquenté par des habitués. À réserver bien à l’avance.

– Gurong Hotel (古榕会馆): 59, Bo’Ai Lu. Double à partir d’env 680 ¥, petit déj à l’occidentale compris. Le meilleur hôtel de luxe de la vieille ville.

Où manger ? Où boire un verre ?

Les meilleurs restos et bars se trouvent sur Renmin Lu. Se fier à la fréquentation et… à son instinct. Dans sa section est (partie basse de la ville), le Meizijing Jiujia (sur la droite en descendant, dans l’allée desservant le petit marché de jour) est remarquable pour son cadre traditionnel et les spécialités Bai (dont l’alcool de prune maison).

2 adresses à « l’occidentale », également plébiscitées par les Chinois :

– Bad Monkey : Renmin lu, partie haute. Pizzas, burgers, fish and chips, bière brassée maison, cocktails, etc. Proprios anglo-saxon pittoresques, « survivants » du Dali « Old Skool ». Rock’n’roll attitude, concerts. 

– The bakery n°88 : 88, Bo’ai lu. Tél. : (0)872-2679129. Super petit déj avec confiture et pain maison, bon café. Petits plats et gâteaux, le tt à des prix très corrects. Net et calme.

Shopping

Ce qui est exposé sur les tréteaux dans les rues est souvent de mauvaise qualité. Pour les tissages ethniques, batik de Dali, les bijoux et autres artisanat et babioles, préférer les boutiques ayant pignon sur rue. Avertissement : 99 % des antiquités sont fausses ; l’argent traditionnel n’est pas sterling (92,5 %).

Excursions

– Location de voiture : compter 600/800 ¥/j. avec chauffeur – Attention : ils ne parlent pas anglais, sauf de rares exceptions, et ne sont pas guides : s’assurer que le programme désiré a bien été compris. 

– Transport publics : pour Shaxi, il faut transiter par Jianchuan (剑川). Pour Weishan, bus depuis la gare de l’est de Xiaguan (东站). Possible de s’arrêter en route pour visiter Donglianhua, situé à env 4 km de la nationale (moto et taxis à l’embranchement). Pour Weibaoshan, compter 50-60 ¥ en taxi depuis Weishan.

Festivals

– Sanyue Jie (三月节;) : en-dehors des murailles, en allant vers la montagne. 15 au 21 du 3e mois lunaire (en avril d’habitude). C’est le plus grand rassemblement régional. Course de chevaux, foire, etc.

– Le Festival des 3 temples (绕三灵; Raosanling): le plus religieux. 23 au 25 du 4e mois lunaire (fin mai généralement). Circumnavigation à pied autour de 3 sites.

– La Fête des Torches (火把节; Huobajie) : calendrier lunaire (autour de fin juillet-août). Fête d’origine animiste (chasser les mauvais esprits, garantir de bonnes récoltes), commune aux Bai et aux Yi. Torches, feu d’artifice et courses de bateau.  

Texte : Dominique Roland

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