Toronto, la ville-monde

Toronto, la ville-monde
Quartier Kensington Market © Sarah Négrèche

En partenariat avec Destination Canada   Destination Canada

À Toronto, le voyage commence au coin de la rue. Métropole à la qualité de vie remarquable, la capitale de l’Ontario revendique à raison le titre de ville la plus cosmopolite au monde. Les chiffres sont impressionnants : plus de la moitié des habitants sont nés à l’étranger et quelque 140 langues y sont parlées.

Composée de multiples quartiers ethniques, Toronto a fait de la diversité et  de la mixité l’étendard même de son identité. Au pied de la Tour CN et des gratte-ciels de Downtown, c’est une ville-monde qui donne rendez-vous aux voyageurs : une ville riche en couleurs et en accents du monde entier, dont la gastronomie se pare de toutes les saveurs du monde et où la culture, de musées en festivals et de salles de spectacle en bars musicaux, se fait résolument plurielle.

Partez donc explorer les rues-mosaïques de Toronto et n’ayez surtout pas honte de votre accent français : ici, presque tous les habitants parlent anglais avec un accent venu d’ailleurs !

Un melting-pot réussi

Un melting-pot réussi
CN Tower © Sarah Négrèche

Toronto, pour le voyageur, c’est tout d’abord une icône indissociable de la ville : la Tour CN, une gigantesque tour en forme de fusée couronnée d’une grosse boule qui  s'élève à 553 mètres (antenne comprise) de haut. Une visite incontournable, ne serait-ce que pour prendre la mesure de la capitale économique du Canada, à travers un panorama des plus spectaculaires.

En moins d’une minute, des ascenseurs à parois de verre vous hissent à 346 m d’altitude, au niveau du belvédère, où se trouve notamment un impressionnant plancher de verre.  Encore plus haut, le Sky Pod, situé à 447 m, offre une vue à couper le souffle sur les gratte-ciels, les îles Toronto  et le lac Ontario. Voilà pour le spectacle…

Mais pour découvrir le véritable trésor de Toronto, il faut redescendre 350 mètres plus bas et arpenter les rues de cette cité formidablement vivante, humaine et attachante. Car la première métropole du Canada (6,1 millions d’habitants) est aussi la ville la plus multiculturelle du monde : la moitié des Torontois est née à l’étranger et pas moins de 140 langues et dialectes y sont parlés. Une multitude de quartiers culturels parsèment la ville, de Little Italy à Chinatown, en passant par Greektown ou Koreatown.

Dans cette ville dont la devise est « la diversité est notre force » (Diversity Our Strength), tout le monde se mélange. La capitale de l’Ontario est en fait un authentique « village global » où les communautés vivent en harmonie. Ainsi, Little Italy, Little Portugal ou Greektown ne sont pas réservés aux seuls Italiens, Portugais ou Grecs.

Prenez Little Portugal, sur Dundas Street, par exemple. Fief historique de l’immigration portugaise dans les années 1950, le quartier s’est ouvert à toutes les communautés et connaît désormais un phénomène de gentrification. Outre une boutique de produits ibériques, on trouve aussi sur Dundas Street W des galeries d’art, des boutiques de designers, et quelques restaurants végétariens. Toronto, ville ouverte…

Chinatown, grouillante de vie

Chinatown, grouillante de vie
Chinatown © Sarah Négrèche

Au croisement de Spadina Avenue et Dundas Street, une forêt d’enseignes en chinois prolifère sur les façades. Grâce aux photos sur les vitrines, on comprend qu’il s’agit de centres d’acupuncture, de massages ou de boutiques de souvenirs. Les marchands s’emparent des trottoirs pour vendre leurs bibelots, tout en discutant en chinois avec la clientèle.

Ce Chinatown-là n’est peut-être pas aussi important que celui de San Francisco ou de Vancouver. Mais il est assez typique pour nous dépayser : on croise encore d’étranges échoppes d’herboristes, d’authentiques restaurants chinois et… une synagogue.

Car ce district n’a pas toujours été un Chinatown. Entre 1920 et 1945, 30 000 Juifs venus d’Europe centrale pour fuir les persécutions se sont entassés dans ce quartier. Pour eux, la municipalité fait une exception : elle autorise les commerçants juifs à ouvrir le dimanche, le samedi étant une journée sacrée. Quand le flot de Hongkongais débarque dans les années 1960, il s’amasse dans le quartier juif. Pourquoi ? Parce que c’est le seul où ils peuvent ouvrir une boutique 7 jours sur 7… un bel exemple du multiculturalisme torontois !

Contrairement aux autres quartiers culturels, Chinatown compte encore une communauté chinoise forte de 200 000 âmes. Mais elle est loin d’être la seule : vietnamien, thaïlandais, espagnol… Pas moins de 68 langues sont parlées rien que dans le secteur !

Kensington Market, le rendez-vous des bohèmes

Kensington Market, le rendez-vous des bohèmes
Quartier Kensington Market © Sarah Négrèche

Juste à côté de Chinatown, Kensington Market dégage lui aussi une belle énergie. Ici, les superbes maisons victoriennes en brique rouge, typiques de Toronto, dévoilent des façades multicolores.

La plupart d’entre elles abritent des friperies, des bars et des cafés. Repaire des hippies et des rastas traînant sur les perrons, Kensington Market garde un esprit punk et contestataire. Une identité forte qu’elle doit, elle aussi, aux immigrés. Dans les années 1950, les nouvelles minorités hongroises et italiennes s’installent dans ce quartier populaire, où elles retrouvent une manière de vivre en prise avec la rue. Puis les premiers « objecteurs de conscience » américains viennent se réfugier là au moment de la guerre du Vietnam.

Les habitants veillent constamment à ce que leur quartier ne se laisse pas dévorer par les marques internationales et les grandes chaînes de restaurants. Un combat qui paie : malgré l’afflux de touristes, le quartier conserve des commerces de bouche et des boutiques indépendantes. Cette vie locale lui donne le charme fou d’un petit village.

Kensington Market accueille un vrai marché le dernier dimanche du mois, de mai à octobre. Le reste du temps, on y trouve de tout, des marchands de fruits et légumes aux objets tibétains en passant par des tatoueurs. Quelques boutiques de mobilier vintage, comme Bungalow et Citizen, proposent aussi des objets de très bon goût à prix correct. Vous l’aurez compris, Kensington Market est l’un de nos quartiers préférés.

Queen Street West, cool et arty

Queen Street West, cool et arty
Graffiti Alley © Johann Wall

Qui aurait pu imaginer, il y a quelques décennies, que ce quartier ouvrier allait devenir l’un des plus branchés de Toronto ? C’est sur Queen Street West, en plein cœur du Art + Design district, que se réunissent designers et créateurs. Ne soyez pas intimidés par ces boutiques épurées (et souvent très chères) : les patrons sont des passionnés qui vous parleront avec plaisir de leurs créations, même si vous repartez les mains vides.

On vous conseille de commencer la balade au niveau de Gladstone Street pour remonter Queen Street West vers le centre-ville. Peu de touristes s’aventurent jusque-là, alors que cette partie regorge de galeries d’art où l’on aimerait rester des heures.

Rien que pour le plaisir des yeux, franchissez la porte du Gladstone Hotel. Tout est resté dans son jus : la façade en briques de la fin du XIXe siècle, le parquet au sol, l’ascenseur. En plus de ses quelques chambres, ce boutique hôtel dispose d’une salle de réception, d’un bar, d’une salle d’exposition et d’un café-restaurant. Le menu s’adapte à l’exposition en cours : si l’artiste est jamaïcain, le plat le sera aussi.

Plus loin, faites aussi un tour au Drake Hotel. Avec seulement 19 chambres, ce magnifique boutique hôtel voit défiler plus de Torontois que de touristes. On y vient pour boire un verre dans son sublime bar et sur son rooftop, pour écouter des concerts au sous-sol ou pour jeter un oeil à l’exposition du moment.

Vers l’est, les portes du paradis des photographes s’ouvrent sur Graffiti Alley, De son vrai nom Rush Lane, cette longue et étroite allée parallèle à Queen Street West est « tatouée » de la tête aux pieds. On y croise des grappes de touristes et des mariés en pleine séance photo. Plus on avance, plus les œuvres sont monumentales.

Il faut avoir l’œil pour repérer celle de Banksy, perdue au milieu des autres. On vous recommande la visite guidée (en anglais) par Tour Guys : vous y apprendrez un tas de choses sur l’histoire du graffiti, la législation au Canada et le langage du street art. C’est gratuit, mais un bon pourboire est toujours le bienvenu.

Sur Bloor Street, un corridor multiculturel

Sur Bloor Street, un corridor multiculturel
Royal Ontario Museum © Ontario Tourism

Pour le plus grand plaisir de nos gambettes, bon nombre de points d’intérêts se concentrent au même endroit. Conservatoire, musées, cinéma et instituts culturels s’articulent tous autour de Bloor Street, dans un quartier huppé au nord de la ville.

En 2014, ils ont eu la bonne idée de se réunir en une association, le « Bloor Street Culture Corridor », un petite Tour de Babel à lui seul. Dans un périmètre d’1,5 km, entre les rues Bathurst et Bay, s’égrainent l’Alliance française, l’Institut culturel italien, le centre de la communauté juive, le centre des Aborigènes, et un petit musée estonien à l’intérieur du Tartu College, une résidence étudiante.

Loin d’être autocentré, chaque établissement offre souvent une programmation très éclectique, tournée vers les cultures du monde. Le Royal Conservatory, lui, accueille aussi bien du reggae que de la musique classique. Montez au quatrième étage pour admirer l’architecture très surprenante du bâtiment, imbriqué sur une structure déjà existante.

Chose rare, trois passionnants musées sont collés les uns aux autres, à l’angle de Bloor Street et Queens Park : le Royal Ontario Museum (l’équivalent du Louvre au Canada), le Bata Shoe museum (musée de la chaussure) et le Gardiner Museum (musée de la céramique). Cette artère mérite à elle seule deux journées de visite !

En continuant vers l’ouest, on glisse doucement vers Koreatown. Ses devantures surannées n’ont rien de spectaculaire, mais il se dégage de ce quartier peu fréquenté une atmosphère paisible. Intéressant si vous souhaitez manger coréen et pas cher.

Tour du monde gastronomique

Tour du monde gastronomique
Saint Lawrence Market © Sarah Négrèche

À Toronto, le multiculturalisme mijote aussi à feu doux dans l’assiette. Ses restaurants proposent toutes les diversités culinaires de la planète. Quel que soit le quartier, on peut dénicher de bonnes adresses italiennes, indiennes,  thaïlandaises, argentines, chinoises, mexicaines… L’offre, gargantuesque, a de quoi à donner le tournis.

Dans le St Lawrence Market, au coeur du Old Town, les étals exhibent des produits frais et alléchants : bagels, fromages, charcuterie, vins, spécialités méditerranéennes au doux parfum d’olive. Plusieurs tables permettent de rester déjeuner sur place. En face du stand vegan, observez la fresque en l’honneur du multiculturalisme de Toronto. Très calme en semaine, le marché devient bondé le samedi.

On mange aussi très bien à Kensington Market. Des gaufres belges au restaurant italo-jamaïcain (!), en passant par le typique boui-boui chinois, vous avez l’embarras du choix. À quelques pas de là, les amateurs de dumplings, de roulés aux crevettes et de canard laqué iront s’installer chez King’s noodle, en plein Chinatown. Une institution où règne un joyeux chaos.

Très animée le soir, Ossington Avenue fourmille de restaurants hype et de cafés de qualité, toujours bien décorés. Enfin, si la cuisine mexicaine vous tente, foncez à El Catrin, dans le très bobo Distillery District. À l’intérieur, observez la décoration monumentale et l’arrière du comptoir, rempli de bouteilles de mezcal et de tequila. L’enseigne dispose de 120 labels en tout. L’attente vaut le coup : les tacos et les empanadas sont délicieux.

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Fiche Pratique

Office de tourisme de Toronto

Office de tourisme de l'Ontario

Destination Canada

Y aller

Vols directs quotidiens depuis l’aéroport de Paris Charles de Gaulle avec Air Canada et Air France. Vols directs réguliers depuis Paris Charles-de-Gaulle avec Air Transat.

Où manger ?

Saint Lawrence Market : 91 Front Street East. Un bon endroit pour déjeuner, prisé par les Torontois, avec des échoppes proposant tous types de nourriture. Faites une halte à la Carousel Bakery pour ses viennoiseries et son fameux sandwich au peamal bacon, une sorte de jambon fumé

El Catrin : 18 Tank House Lane. Cuisine mexicaine. À la carte, gros bols de guacamole à partager, ceviche,  tacos et plusieurs spécialités maison. 18, Tank House Lane dans le quartier historique de la Distillery. Environ 15 $ le plat (hors taxe, toujours).

Lena : 176 Yonge Street. Cuisine argentine. On aime la sublime déco très chic et rétro, ainsi que la cuisine vraiment excellente. On retrouve des tapas classiques (patatas bravas, croquettes de jambon, empenadas et jambon ibérique), mais aussi un large choix de plats à base de poisson. Un poil cher et guindé, toutefois (comptez entre 10 et 19 $ l’entrée, et entre 24 et 46 $ le plat).

Trattoria Nervosa : 75 Yorkville Ave.  Cuisine italienne. L’un des restaurants transalpins les plus réputés de la ville. Service impeccable et cuisine excellente. Réservation fortement conseillée le soir.

Frings : 455 King Street West. Cet élégant bistrot sert une délicieuse cuisine fusion East meets West avec de judicieuses touches asiatiques.

King’s Noodle : 331 Spadina Avenue. L’une des valeurs sûres de Chinatown, où l’on se régale de copieux nouilles, dumplings et autres spécialités chinoises.

Où boire un verre ?

Fika Café : 28 Kensington Avenue. Un café cosy comme on les aime, lovée dans une maison bleue. On peut se poser dans son adorable jardin à l’arrière, où sont disposés hamac et tables de pique-nique. Idéal pour déguster un délicieux café glacé et des pâtisseries maison.

Rush Lane : 563 Queen Street West.  Ce bar sert de savoureux cocktails, aux mélanges recherchés, dans une ambiance festive et tamisée.

Texte : Sarah Négrèche

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