La Côte d’Azur, côté jardins

La Côte d’Azur, côté jardins
Jardin du MIP © Olivia Le Sidaner

La Côte d’Azur ne se limite pas à ses plages.  Avec la douceur de son climat, son ensoleillement exceptionnel et sa situation, entre mer et montagnes, la Riviera a tout pour voir s’épanouir sur son territoire de magnifiques jardins.

De Menton à Grasse, en passant par Èze et Cannes, s’épanouissent des fleurs au parfum entêtant, des plantes méditerranéennes, mais aussi des essences exotiques venues du monde entier.

La Côte d’Azur compte aujourd’hui plus de 80 jardins ouverts au public, dont douze ont reçu le label « jardin remarquable ». Nous en avons sélectionné six, tous différents, pour une belle échappée printanière, entre la Riviera et le pays de Grasse, la capitale du parfum.

Le jardin Serre de la Madone, à Menton.

Le jardin Serre de la Madone, à Menton.
Jardin Serre de la Madone © Olivia Le Sidaner

À Menton, la célèbre « ville du citron », on trouve bien plus que des agrumes. Outre les nombreux espaces verts, cette jolie cité aux façades ocre, ouverte sur la mer, compte pas moins de quatre « jardins remarquables », sur les douze de la Côte d’Azur. Parmi eux, le jardin Serre de la Madone offre au visiteur qui vient s’y promener une parenthèse enchantée sur la route de Gorbio.

C’est un Anglais, le major Lawrence Johnston, qui l’aménagea à partir de 1924. Séduit par la douceur du climat, il décida de mêler aux plantes méditerranéennes les essences tropicales et les plantes rares rapportées de ses voyages à travers le monde. Abandonné après la Seconde Guerre mondiale, le jardin fut classé monument historique en 1990, acheté par le Conservatoire du Littoral en 1999 et restauré.

Aujourd’hui, à mesure que l’on s’avance à l’ombre des arbres sur le sentier qui serpente à flanc de colline, jusqu’à la bastide ocre, on s’immerge dans une nature luxuriante, passant sous des pergolas. En chemin, on croise des rocailles, des statues et des plans d’eau ornés de nénuphars.

Humant les senteurs des fleurs, on admire la riche collection de végétaux, avec, entre autres merveilles, les étonnants rosiers Sénateur Lafolette, des Protéacées de Nouvelle-Zélande et d’Australie, des eucalyptus, des Afrocarpus et des Podocarpus, un chêne tropical de l’Himalaya, une impressionnante Nolina du Mexique, mais aussi un verger d’agrumes, où le citron de Menton tient la vedette, aux côtés de ses cousins clémentiniers, mandariniers, bigaradiers et cédrats.

Le jardin exotique d’Èze

Le jardin exotique d’Èze
Jardin exotique d’Èze © Olivia Le Sidaner

Après une demi-heure de route en direction de Nice par la Grande Corniche, voici le village perché d’Èze. Après l’avoir traversé au gré de ses tortueuses ruelles pavées, vous arrivez au jardin exotique, juché tout à fait au sommet, à 429 m d’altitude, au pied des ruines du château médiéval.

De là-haut, la vue est tout bonnement époustouflante, avec en ligne de mire la grande bleue, contrastant avec le rouge chaleureux des toits de tuile et le vert des plantes du jardin. L’exploration végétale peut commencer.

Créé en 1949 par l’ingénieur agronome Jean Gastaud, le jardin compte des dizaines d’espèces de succulentes et de cactées – euphorbes, cactus, aloès, agaves… –, venant des régions désertiques, qui s’épanouissent sur le versant sud, côtoyant les sculptures en terre de Jean Philippe Richard. Des panneaux permettent de les identifier.

 La partie nord, rouverte en 2014, a été aménagée par le célèbre paysagiste Jean Mus. On y découvre des essences subtropicales et méditerranéennes, comme les myrtes, les cistes et les arbousiers, des grottes romantiques et une petite cascade. Un endroit bien agréable pour faire une pause rafraîchissante, lorsque le soleil tape dur, au plus fort de l’été.

Notons que cette année, le jardin s’agrandit encore, avec un nouvel « espace zen » également conçu par Jean Mus, qui devrait être terminé courant juin.

La villa Ephrussi de Rothschild, à Saint-Jean-Cap-Ferrat

La villa Ephrussi de Rothschild, à Saint-Jean-Cap-Ferrat
Villa Ephrussi de Rothschild © Olivia Le Sidaner

À quelques kilomètres d’Èze, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, il ne faut pas manquer d’aller visiter les neuf jardins de la villa Ephrussi de Rothschild, qui méritent bien le label de « jardin remarquable ».

Réalisé de 1907 à 1912, le jardin à la française fut imaginé par la baronne Béatrice Ephrussi comme le pont d’un bateau à vapeur. Se rêvant capitaine, elle avait même demandé à ses jardiniers de porter un béret à pompon rouge !

De sa villa, elle pouvait admirer ses parterres, ses oliviers centenaires, le temple de l’Amour et sa cascade, et les grands bassins, qui sont aujourd’hui animés par des jeux d’eaux musicaux.

C’est après la mort de la baronne que furent aménagés les huit autres jardins thématiques. En les parcourant, on chemine d’un continent à l’autre, voyageant à travers les essences végétales artistement disposées.

À l’heure de la floraison, la roseraie embaume l’atmosphère, tandis que, dans le jardin exotique voisin, les cactées et les succulentes vous transportent en terre aride. Le jardin provençal vous ramène sur le rivage méditerranéen.

Avec ses bas-reliefs, ses chapiteaux et ses gargouilles de pierre noyés dans la végétation (camphrier, laurier de Californie, azalées, rhododendrons…), le jardin lapidaire évoque l’imaginaire romantique du 18e siècle.

Dans le jardin espagnol, on se croirait transportés du côté de Séville. Enfin, le jardin japonais porte bien son nom : Cho-Seki-Tei, qui signifie « jardin où l’on écoute tranquillement l’agréable bruit des vagues au crépuscule ». Conçu par le professeur Masao Fukuhara, il a été restauré en 2016. On y retrouve le traditionnel pavillon en bois, le petit pont et les lanternes. « Zénitude » assurée !

La villa Domergue et le jardin de la villa Rothschild, à Cannes

La villa Domergue et le jardin de la villa Rothschild, à Cannes
Jardin de la villa Rothschild © Olivia Le Sidaner

Installée sur les hauteurs de Cannes, dans le quartier de la Californie, la villa Domergue – autrefois surnommée villa Fiesole – a vu passer le gratin du 7e Art. C’est là que, jusqu’à récemment, le jury du Festival de Cannes avait coutume de délibérer pour désigner l’heureux gagnant de la Palme d’Or.

Conçue par l’artiste Jean-Gabriel Domergue dans les années 1930, l’élégante villa Art déco est entourée d’un jardin aménagé en terrasses, qui offre une vue imprenable sur la ville de Cannes et sur la mer. Avec ses bassins et ses cascades, ses cyprès, ses pins et ses plantes méditerranéennes, il est directement inspiré de la Villa d’Este, près de Rome. Des sculptures d’Odette, l’épouse de Jean-Gabriel, y sont disposées. Le couple repose ici, dans un étonnant mausolée.

En revenant dans le centre de la ville, on peut se mettre au vert en se baladant dans le parc de l’imposante villa Rothschild, où est aujourd’hui installée la médiathèque. À vous de choisir si vous souhaitez simplement vous y détendre, lire un livre à l’ombre des palmiers, ou alors découvrir le jardin, réhabilité cette année, à l’aide de l’appli Cannes Jardin.

Une manière ludique de repérer les nombreux spécimens précieux et les essences variées qui y sont plantés.

Les jardins du MIP, en pays de Grasse

Les jardins du MIP, en pays de Grasse
jardins du MIP © Olivia Le Sidaner

Cette année, les jardins du MIP (Musée international de la parfumerie) fêtent leurs 10 ans. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils ne se trouvent pas du tout au même endroit que le musée, mais à 11 km au sud de Grasse, à Mouans-Sartoux.

L’idée était ici de créer un conservatoire du patrimoine botanique et floral de l’industrie de la parfumerie en pays grassois. Derrière ce descriptif, certes un peu austère, se cache un vaste jardin étendu sur 2,5 hectares, où il est fort agréable de se balader.

On peut choisir de suivre un jardinier lors de la visite guidée proposée chaque week-end, ou bien se promener librement, au gré de ses envies, sur les sentiers qui parcourent le jardin, séparé en deux espaces par l’ancien canal d’écoulement des eaux pluviales.

Dans le jardin du parfumeur, c’est le nez en éveil que l’on suit un parcours olfactif, humant les doux effluves des fleurs à parfum ou des plantes aromatiques, et effleurant les feuillages odorants.

De l’autre côté, dans la partie plein champ, entre les oliviers, les vignes et les blés, s’épanouissent la lavande, le jasmin, le vétiver, le cassis ou encore le géranium rosat. On découvre également, sur pied, tout l’arbre généalogique de la rose Centifolia. Et comme, décidément, on se sent bien dans ce grand jardin, pourquoi ne pas y pique-niquer à l’ombre d’une pergola ?

Fiche pratique

Retrouvez les infos pratiques, bons plans et adresses de la région dans le Routard Côte d’Azur en librairie.

Pour préparer votre séjour, consultez notre guide en ligne Côte d’Azur

Côte d’Azur Tourisme

Comment y aller et se déplacer ?

- Avion : vol direct Paris-Nice (1 h 25).

- TGV : Paris-Nice en 5 h 40 environ.

- Sur place, un bon réseau de bus relie les différentes villes de la Côte d’Azur au départ de Nice. Mais certains villages et jardins ne sont pas desservis. L’idéal est donc de louer une voiture.

Menton

Jardin Serre de la Madone. Ouvert tous les jours (sauf novembre et décembre). Du 01/04 au 31/10 : 10 h-18 h. Du 02/01 au 31/03 : 10 h-17 h. Visites guidées : tous les jours à 15 h. Adultes : 8 € - 12-18 ans et étudiants : 4 € - Enfants (moins de 12 ans) : gratuit.

Office du tourisme de Menton 

Èze

Jardin exotique d’Èze. Ouvert tous les jours. Janvier, février, mars, octobre, novembre, décembre : 9 h-16 h 30. Avril, mai, juin : 9 h-18 h 30. Juillet, août, septembre : 9 h-19 h 30. Adulte : 6 € - Étudiants : 3,50 € - Enfants (moins de 12 ans) : gratuit.

Office du tourisme d’Eze 

Saint-Jean-Cap-Ferrat

Villa Ephrussi de Rothschild. Ouverte tous les jours, 10 h-18 h, sauf juillet-août : 10 h-19 h, novembre-janvier : 14 h-18 h (week-ends, jours fériés, vacances scolaires : 10 h-18 h). Visite avec audioguide : adultes : 14 € - tarif réduit (7-17 ans, étudiants, demandeurs d’emploi) : 11 €, enfants de moins de 7 ans : gratuit.

Idées de balades nature

Étant de passage à Saint-Jean-Cap-Ferrat, vous pouvez en profiter pour découvrir le patrimoine végétal de la ville lors de visites gratuites mises en place cette année par l’office du tourisme depuis le premier Festival des jardins de la Côte d’Azur.

On y découvre de nombreuses plantes intéressantes (euphorbes, jacarandas bleus, aloès, oiseaux de paradis, hibiscus, camphrier, caroubier, agaves, oliviers...) et l’on apprend à l’occasion que le palmier n’est pas un arbre ou que les feuilles de bougainvilliers ne sont pas celles qu’on croit.

Enfin, il serait dommage de repartir sans avoir fait une belle balade sur le chemin du tour de Saint-Hospice, avec une halte méditative près de la jolie chapelle, qui, surmontée d’une gigantesque statue de la Vierge, semble perdue au cœur de la nature, au-dessus d’un poétique cimetière marin, face à la mer.

Office du tourisme de Saint-Jean-Cap-Ferrat : Tél. : 04 93 76 08 90 (renseignement et réservation pour les visites gratuites du patrimoine végétal de la ville).

Cannes

Villa Domergue. Attention, elle n’est pas ouverte au public toute l’année. Rens. : 04 97 06 44 90. On peut s’y rendre tous les jours durant l’été, de juillet à fin septembre (11 h-19 h), pendant les Journées du patrimoine, les expositions estivales et le festival Jazz à Domergue. Visite guidée, adultes : 6 € - Moins de 18 ans, étudiants, chômeur : gratuit.

Festival Jazz à Domergue, du 3 au 6 août 2017.

Journées du patrimoine, les 16 et 17 septembre 2017.

Jardin de la villa Rothschild. Ouvert tous les jours, 9 h-19 h.

Office du tourisme de Cannes

Grasse

Les jardins du MIP. Ouverts à partir d’avril : 10 h-17 h 30. Mai-août : 10 h-19 h. Septembre-novembre : 10 h-17 h 30. Fermé : 1er décembre-31 mars, et le 1er mai. Une visite guidée le week-end. Plein tarif : 4 € - demi-tarif sur présentation du billet d’un des musées MIP/JMIP, étudiants. Mois de 18 ans, chômeurs, handicapés : gratuit.

Office de tourisme de Grasse 

Calendrier :

- Janvier : Fête du Mimosa à Pégomas.

- Février : Fête du Mimosa à Mandelieu et Tanneron. Carnaval et batailles des fleurs à Nice.

- Mars : Fête de la Violette à Tourrettes-sur-Loup. Combat naval fleuri à Villefranche-sur-Mer. Festival du Citron et Festival des Orchidées à Menton.

- Avril : Fête de l’oranger au Bar-sur-Loup. Fête de l’Œillet à Falicon.

En avril 2017, s’est tenu le premier Festival des Jardins de la Côte d’Azur. La prochaine édition est prévue pour le printemps 2019.

- Mai : Expo Rose à Grasse. Fête de la rose à Opio. Fête de la centifolia à Plascassier-Grasse. Autour de la rose à La Colle-sur-Loup. Fête de la fleur d’oranger à Vallauris-Golfe-Juan.

- Juin : les Rendez-vous au jardin, dans toute la France, et le Mois des jardins, à Menton.

- Juillet : Fête du jasmin, à Grasse. Musique au jardin, à l’occasion du Off du Festival de musique de Menton : concerts dans le square des États-Unis, à 16 h 30, du 29 juillet au 12 août.

- Septembre : Fête de la Sainte Fleur, à Nice.

Hôtels avec jardin :

- Hôtel L’Hermitage. Installé sur les hauteurs d’Èze, ce charmant petit hôtel regarde la mer de haut. Aux beaux jours, on profite de son joli jardin fleuri, et de la piscine. Bon restaurant. Chambre double à partir de 108 €/nuit.

- Hôtel Windsor, à Nice. Dans cet hôtel, l’art est roi, chaque chambre étant décorée par un artiste contemporain. On prend le petit déjeuner dans un jardin tropical, avec ses bambous, ses arbres fruitiers et ses bougainvilliers, non loin de la piscine. Double à partir de 190 €/nuit.

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Où manger ?

- Acchiardo, à Nice. 38, rue Droite. Dans ce resto familial au cœur de la vieille ville, on déguste les grands classiques de la cuisine niçoise (daube, légumes grillés, merda dé can), généreusement servie, avec le sourire en prime. Plats autour de 12-15 €.

Texte : Olivia Le Sidaner

Mise en ligne :

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