Canaries : Tenerife, à l’ombre du volcan du Teide

Canaries : Tenerife, à l’ombre du volcan du Teide
Pico del Teide © Joël Métreau

Tenerife a beau être l’île la plus visitée des Canaries, elle n’en recèle pas moins des coins encore préservés, entre villes historiques et grands espaces sauvages.

Pour les découvrir, il vaut mieux se rendre sur la côte Nord de l’île, entre Garachico et La Laguna, deux joyaux du patrimoine local (dont l’un est classé par l’Unesco). Au centre de l’île, le majestueux volcan du Teide domine des paysages d’une beauté à couper le souffle.

Alors, après la plage, partez sur les routes de Tenerife à la découverte de cette île aussi diverse que volcanique : vous ne le regretterez pas…

Tenerife, à visiter en toute saison

Tenerife, à visiter en toute saison
© Joël Métreau

Il n'y jamais de mauvaise saison pour se rendre à Tenerife. D'ailleurs, le climat n'est pas un sujet de conversation pour ses habitants, qui entendent rarement gronder l'orage. Mais quand il pleut ou s'il bruine, il faut guetter le moindre rayon de soleil. Dans la direction qu'il pointe, il y a souvent un arc-en-ciel.

Sur cette île des Canaries, au large du Maroc dans l'océan Atlantique, la température est en moyenne de 21-22 °C. Ajoutez au climat clément, sa TVA basse et sa proximité avec l'Europe, tous les ingrédients sont réunis pour que Tenerife accueille un tourisme de masse. Mais, pendant que les stations balnéaires du Sud font le plein, les villes du Nord savourent un calme olympien. Il en fallait, car leur histoire s'est construite entre les coulées de lave.

Remarquez sur une carte la forme triangulaire de Tenerife : trois anciens volcans en ont défini les angles. Au milieu, un quatrième volcan a surgi, avant de s'effondrer et de glisser vers l'océan Atlantique. Tenerife était née.

En son centre, l'île possède deux volcans, le plus haut étant le Pico del Teide, point le plus élevé de l'Espagne : 3 718 mètres ! Les premiers habitants de l'île, les Guanches, le désignaient comme « montagne blanche ». Quelques siècles plus tard, en maillot de bain sur une plage, on peut  apercevoir le volcan parfois enneigé.

Sur la côte Nord, un Tenerife authentique

Sur la côte Nord, un Tenerife authentique
Garachico © Joël Métreau

Le nord de Tenerife a conservé une remarquable authenticité. Il suffit de se rendre à Garachico pour s'en convaincre. L'ancien port de pêche, paisible, fait face à un piton volcanique semi-immergé et solitaire, uniquement accessible aux oiseaux et aux scientifiques. Comme un décalque du Rocher du Diamant en Martinique.

La ville s'est construite en demi-cercle, grignotant ce qu'elle pouvait entre falaise et flots. En prenant de l'altitude, on aperçoit la coulée de lave qui a dévalé la pente pour se jeter dans l'océan lors de l'éruption volcanique de 1706.

Une autre vue intéressante sur la ville est située à proximité du Monument à l'Émigrant canarien, œuvre du poète et sculpteur local Fernando Garcíarramos. Le regard de la statue est tourné vers le large, il a un trou à la place du cœur. Le message ? On n'abandonne jamais ses origines. Un peu plus haut, la route qui mène vers la ville d'El Tanque, tout en zigzag, a fait les sensations fortes de pilotes de rallyes.

La côte Nord possède de nombreux vignobles et de bananeraies, dont l'exploitation a été introduite au 19e siècle. Certaines se prêtent à la visite, comme à Los Silos, où la cheminée de l'usine de production a servi à transformer la canne à sucre.

Un village plein de charme que Los Silos. Sa géographie la protégeait du vent et de la vue des pirates. Il s'est bâti autour d'une petite place, bordée par des lauriers indiens, que domine une église d'un blanc immaculée, Notre-Dame-de-la-Luz. Sur l'autel, une madone en argent qui se « dévisse » de son socle pour être portée lors des processions religieuses. Un système unique dans Tenerife.

Ne pas manquer de pénétrer dans l'ancien couvent qui abrite l'office de tourisme. Le lieu est typique du style canarien : un patio avec, au premier étage, des coursives en bois. Les plafonds mudejar en bois forment des entrelacs géométriques raffinés. Les curieux peuvent aussi demander à visiter la mairie biscornue et intrigante. Les marcheurs ont intérêt à entamer ici une excursion vers la forêt laurisylve du Monte del Agua.

Côte Nord : d’Icod de Los Vinos à La Orotova

Côte Nord : d’Icod de Los Vinos à La Orotova
Icod de Los Vinos © Joël Métreau

Garachico a longtemps servi de port à Icod de Los Vinos, une petite ville surtout visitée pour son dragonnier, l'arbre symbole des Canaries, qui mesure 70 mètres de haut. Fruit des amours d'un brocoli et d'un parasol géant, il date d'entre 500 ans et 800 ans. La visite du jardin botanique qui l'entoure (5 €) n'est pas indispensable. Cet arbre majestueux est visible depuis une petite place.

Fin novembre, à ne pas manquer lors de la Fête du vin nouveau, une tradition casse-gueule : les jeunes dévalent les rues pentues sur des planches enduites de graisse. Des ambulances les attendent en bas.

La Orotava, deuxième ville à être construite à Tenerife, en 1505, recèle un trio de maisons de style canarien, avec balcons. De ces anciens bâtiments de la noblesse, l'un a été reconverti en musée (5 €), l'autre en boutiques à souvenirs improbables. Au mois de juin, les fêtes du Corpus Christi voient un tapis de fleurs et de poudre de roches volcaniques dessiner des formes devant la mairie, avant d'être piétiné par la procession.

Le long de la côte nord, les coulées volcaniques ont creusé des piscines naturelles, appelées charco (flaque en espagnol). Plusieurs ont été aménagées pour y accéder facilement. Les chaussures en plastique sont recommandées, les roches volcaniques étant souvent très acérés.

Dans la ville de Garachico, les Piscinas Naturales El Caletón, visibles de la route, sont toutefois fermées s'il y a trop de vent. À proximité de Los Silos, celle de Charco Los Chochos est surplombée par un squelette de baleine – au large vivent de grands bancs de cétacés. On y barbote en suivant du regard les surfeurs.

Le parc national du Teide et le village de Masca

Le parc national du Teide et le village de Masca
Parc national du Teide © Joël Métreau

L'hôtel Parador pourrait se reconvertir en station météorologique. On l'appelle pour savoir quel temps il fait au pied du Pico del Teide, où les températures records enregistrées varient de -20 °C à +40 °C !

Sous le point le plus haut d'Espagne s'étale, à 2 000 mètres d’altitude, un paysage volcanique étonnant. Entouré d'une couronne de pins canariens, le spectaculaire parc national du Teide a été décoré du titre convoité de «patrimoine mondial de l'humanité » par l'Unesco en 2007.

Cinq routes mènent au parc, mais une seule le traverse. Tant mieux, l'endroit n'en inspire que davantage de solennité. Difficile de croire que c'est le parc national espagnol le plus fréquenté, avec 3 millions de visiteurs chaque année.

Sa grande cuvette en forme de fer à cheval, « l'amphithéâtre des Canadas », se prolonge au Nord par une chaîne de montagnes qui baigne dans les nuages. Cette dépression aurait été formée il y a 180 000 ans lorsqu'un massif volcanique se serait écroulé pour finir sa course dans l'océan Atlantique.

Ce paysage aussi austère qu'émouvant sert à des expériences pour les prochaines expéditions vers Mars. Un observatoire astronomique y fut bâti en 1964, la qualité du ciel étant particulièrement pure.

Randonnées et ascension du Pico del Teide

Le parc du Teide contient 37 chemins de randonnée, dont la durée varie de 30 minutes à 8 h, le temps d'observer sa faune et ses plantes endémiques. La flore, lorsqu'il y en a, reste au ras du sol, forte aridité oblige. Seule la vipérine rouge se distingue en atteignant parfois trois mètres. Après sa floraison, elle se dresse dans le paysage comme des colonnes vertébrales.

La dernière éruption du Pico del Teide, toujours en activité, remonte à 1909. Pour gravir le Teide, on peut prendre un téléphérique, qui ne fonctionne pas en cas d'intempéries ou de vent trop fort.

Sinon, une randonnée permet d’approcher le sommet : à 3 260 mètres, le refuge d'Altavista permet de reprendre des forces avant l'ascension finale vers le cratère et ses mini-fumerolles. Attention : le téléphérique et la rando conduisent au mirador de la Fortaleza (3 555 m), l’accès au sommet du volcan nécessite un permis, à réserver environ 2 mois à l’avance sur reservasparquesnacionales.es

Et puisqu'on a la folie des hauteurs, allons à Masca, à quelques dizaines de kilomètres à l'Ouest du parc du Teide. Ce village de 70 habitants en aplomb sur le massif de Treno donne le vertige, son cadre naturel est à couper le souffle. On y voit de nombreux dykes, anciennes coulées de lave formant comme des murs dans la roche.

À l'aller ou au retour, en empruntant la route sinueuse, un passage par le Mirador de Cherfe s'impose. Le panorama exceptionnel à 360 degrés permet aussi d'apercevoir une autre île des Canaries, La Gomera, à 30 km de Tenerife.

Sud de Tenerife, tourisme et playa

Sud de Tenerife, tourisme et playa
Playa del Medano © Joël Métreau

Des villes nouvelles ont poussé dans le sud de l’île depuis les années 1980, contribuant à son image de tourisme de masse. Mais, au milieu de ces amoncellements d'hôtels, subsistent quelques espaces de paix et d'impressionnantes falaises. Elles sont visibles à l'ouest, à partir de Puerto de Santiago. Surnommées « les Gigantes », elles atteignent 600 m. La station balnéaire, qui grignote la montagne, ressemble à une ruche, avec ses balcons en alvéoles, mais dépourvue d'abeilles ouvrières.

La gigantesque Playa de Las Americas conviendra aux touristes qui passent une semaine à Tenerife sans savoir qu’ils se trouvent sous un volcan. Cette « ville » ne possède pas d'attraction majeure si ce n'est le shopping, de larges avenues bordées de palmiers et des hôtels prisés par les Allemands et les Russes. La Playa de Las Americas a volé la superbe à la station balnéaire voisine de Los Cristianos, où Elizabeth Taylor et Richard Burton avaient acheté un domaine dans les années 1970.

En route vers l'Est, on peut faire une halte dans le village côtier de Los Abrigos, où le clapotis des vagues est interrompu par le ballet des avions atterrissant à l'aéroport de Tenerife-Sud. Sans grand charme. Mais tranquille par rapport aux moulins à touristes plus au Nord-Est.

Difficile de rater cette colline qui culmine à 171 mètres jusqu'à côté du rivage. Son teint rouge, dû à la présence de fer, lui vaut le surnom de « Punta Roja ». En dessous, vers l'est, une longue plage de sable brun, où les véliplanchistes et les kit-surfeurs trouvent leurs aises. La Playa del Medano s'anime aussi de feux à la Saint-Jean...

La Laguna et Santa Cruz, joyaux du Nord-Est

La Laguna et Santa Cruz, joyaux du Nord-Est
Casa Montanes © etfoto - Fotolia

Des photos du carnaval de Santa Cruz de Tenerife ornent la pochette de l'album Achtung Baby de U2, qui y étaient venus après une tournée en 1991. Mais l'un des chefs-d’œuvre d'architecture de la ville n’y figure pas : un Auditorium comme enveloppé d'une vague prête à se briser, imaginé et conçu par Santiago Calatrava en 2003. La capitale de Tenerife peut se visiter en arpentant sa rembla qui perce la ville sur près de 2 kilomètres.

Autre joyau du Nord-Est de Tenerife : San Cristóbal de la Laguna, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité en 1999 : « La Laguna est le premier exemple de ville non fortifiée avec un plan en damier annonçant directement les futures villes coloniales des Amériques », explique l'Unesco. À première vue, ce plan donne au centre-ville un caractère austère : la lagune s'est asséchée depuis longtemps, le front des maisons présente un air sévère... Pour changer de perspective, il suffit d'un geste : pousser les portes

Derrière celles du musée d'Histoire et d'Anthropologie de Tenerife, une cour typique, avec coursives en bois canariens. Derrières celles de la Casa Montanes, une belle cour de style andalou, on note aussi la présence, à côté de la porte d'entrée, de petits urinoirs en pierre qu'utilisaient les conducteurs de chariot. La Laguna possède pas moins de 657 bâtiments classés. Largement de quoi flâner de l'un à l'autre.

Jouxtant la Plaza del Adelantado, le couvent de Santa Catalina de Siena, fondé en 1606, possède de somptueux miradors en bois sculptés. Juste à côté, le Palacio de Nava construit à la fin du 16e siècle, projette son ombre massive sur la rue. Ce bâtiment a des petites ouvertures sous les fenêtres. Lors d'une restauration, on a trouvé du courrier à l'intérieur. Les gens pensaient que c'étaient des boîtes aux lettres !

Fiche pratique

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Office de tourisme de Tenerife

Comment s'y rendre ?

La compagnie Vueling propose un vol direct par semaine (le samedi) depuis l’aéroport d’Orly Ouest vers Tenerife Sud ; sinon tous les jours via l’aéroport de Barcelone (connexion d’une heure en moyenne). Vol direct à partir de 54,99 €/aller simple.

Également un vol direct par semaine (le samedi) au départ de Nantes à partir du 17 décembre 2016, à partir de 85 € l’aller simple.

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Où dormir ?

La Quinta Roja à Garachico: aux abords de la place principale, un hôtel charmant de 20 chambres dans un bâtiment du 18e siècle. Cet ancien manoir possède une tour de guet qui servait à veiller sur les allers et venues des navires.

Hotel Emblematico San Marcos à Icod de Los Vinos : on a l'impression d'être chez soi. Un hôtel charmant de six chambres, avec un petit patio accueillant et une terrasse avec vue sur la mer. Seul inconvénient, certains le trouveront trop sombre. Double à 95 € la nuit.

Hotel Rural El Patio à Garachico : au milieu des bananeraies, un hôtel de charme. Le séjour minimum est de trois nuits (double à environ 300 € petits déj compris). Un endroit à conseiller aux amoureux.

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Où manger ?

Restaurante Ardeola à Garachico : c'est sûr qu'il va falloir mettre le prix (environ 38 € le menu), mais la surprise est au rendez-vous : produits frais et mets fins sont présentés dans des atours originaux. Créatif et gustatif.

Sabor Canario à La Orotova : situé dans un ancien manoir du 17e siècle, le restaurant fait remonter le temps. Une cuisine sans chichi et goûteuse. Menu à moins de 13 €.

Restaurante Los Abrigos à Los Abrigos : un restaurant délicieux avec une ambiance familiale et une cuisine simple à base de poissons et de fruits de mer. La vue sur le port de plaisance permet d'échapper au brouhaha dans la salle.

Où faire des achats ?

À La Casa del Vino (à Icod de Los Vinos) : cette ancienne exploitation agricole du 17e siècle est l'endroit idéal pour se familiariser avec le vin canarien. Le lieu abrite aussi un restaurant et un musée des vins.

Comment visiter une bananeraie ?

Parmi ses activités, qui consistent à faire découvrir le Tenerife authentique en petits groupes, le tour operator local Abeque propose activités sportives (trekking, kayak, parapente) mais aussi agrotourisme.

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Texte : Joël Métreau

Mise en ligne :

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