La ruée vers Johannesburg
Street Art © Olivier Page

« La forme d’une ville change plus vite que le cœur des hommes ! » pensait Baudelaire. Dans l’ordre chronologique, sont d’abord apparues et ont été fondées : Cape Town au 17e siècle, Pretoria, et enfin Johannesburg à la fin du 19e siècle. La ville la plus jeune des trois (elle n’a pas 150 ans) est aujourd’hui le moteur de la machine économique sud-africaine.

Tout a commencé par George Harrison, pas le Beatles, mais un immigré australien. En 1886, il donna un coup de pioche dans son jardin et découvrit un filon d’or, le plus grand du monde. Ce fut le début d’une incroyable ruée vers l’or. Fondée par les Boers, la République du Transvaal attira des foules de prospecteurs venus d’Europe qui se ruèrent vers ce nouvel eldorado. En 10 ans, le camp de tentes devint une cité grouillante de 100 000 habitants.

Tant de richesses ne pouvaient que susciter la convoitise de l’empire britannique. Ce fut le début de la discorde entre Anglais et Boers, qui provoqua la guerre anglo-boer. Elle se terminera par la mainmise britannique sur le pays en 1902.

Dès lors, l’histoire n’a fait que s’accélérer, propulsant la métropole au rang de capitale financière et économique de l’Afrique du Sud. Ville immense et composite, formée de quartiers riches et pauvres, de secteurs sécurisés et d’autres encore rongés par la criminalité.

Les problèmes sont loin d’être réglés, le blessé d’hier n’étant pas encore guéri. Les cicatrices du passé agitent encore Johannesburg. Pourtant, depuis la fin de l’apartheid en 1991 et le retour à la démocratie, rien n’est plus comme avant. Une vague de renouveau et d’espoir anime la ville. À l’image de la nation « arc-en-ciel », Jo’burg lutte sans cesse contre ses vieux démons et croit en sa bonne étoile.

Texte : Olivier Page

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