Mexique : le Yucatán, entre playas et mayas

Mexique : le Yucatán, entre playas et mayas
Ek Balam © bobiphil - Fotolia

De superbes plages de sable blanc côté Caraïbes, des fonds marins exceptionnels, mais aussi des sites archéologiques de premier plan…

La péninsule du Yucatán, qui fait face à Cuba et à la Floride dans le golfe du Mexique, fait partie des régions les plus touristiques du Mexique, à juste titre. Et il y a foule dans certains endroits…

Plutôt que de s’attarder dans les énormes complexes hôteliers et les machines à dollars de Cancún, le routard prendra bien vite les routes du Yucatán pour découvrir de superbes réserves naturelles, des villes qui ont conservé leur authenticité ou des lieux carrément en dehors des sentiers battus.

D’Isla Mujeres à Holbox, en passant par Chichén Itzà et Puerto Morelos, le  Yucatán reste une région d’une belle diversité, à savourer entre playas et mayas.

Le Yucatán, kesako ?

Le Yucatán, kesako ?
Cenote © Eric Milet

Pays de jungles impénétrables et de plages de rêve, le Yucatán est, avec le Chiapas, l’une des régions les plus authentiques et les plus touristiques du Mexique. Située au nord du Guatemala et du Belize, et remontant dans le golfe du Mexique, cette péninsule est née d’un accident géologique majeur, l’impact d’un formidable astéroïde, il y a environ 65 millions d’années.

Sa géographie se caractérise donc par un nombre incalculable de cavités en relation avec la nappe d’eau souterraine : les cenotes. Ce vaste réseau de réservoirs d’eau douce permit jadis au peuple maya de développer sa culture. Aujourd’hui, les cenotes attirent les amateurs de vacances à la « Indiana Jones » puisque ces trous d’eau cristalline, cachés en pleine forêt, sont un vrai bonheur pour les amateurs de plongée et de snorkelling.

Mais le Yucatán reste la terre d’une des civilisations les plus mystérieuses du monde méso-américain : les Mayas. Mathématiciens-bâtisseurs, commerçants, cultivateurs de maïs, joueurs de pelote et grands pourvoyeurs de chair humaine pour leurs dieux, les Mayas ont régné sur la péninsule de -500 av. J.-C. à 925 ap. J.-C. Ils se sont faits, par la suite, assimiler par les Toltèques jusqu’à l’arrivée des premières caravelles espagnoles.

C’est bien un pays à part entière que découvrit Francisco Hernández de Córdoba quand il débarqua en 1517. Un pays sauvage et solaire, où s’élevaient vers le ciel de gigantesques pyramides au cœur de cités tracées au cordeau.

Isla Mujeres, une île entre le ciel et l’eau

Isla Mujeres, une île entre le ciel et l’eau
Isla Mujeres © eddygaleotti - Fotolia

Depuis la mise en service d’une ligne directe par la compagnie XL Airways, Cancún n’est plus qu’à une dizaine d’heures d’avion du vieux continent. Fini les escales interminables à Mexico ou à Atlanta. Porte d’entrée de la péninsule du Yucatán, Cancún, qui n’était qu’un petit village de pêcheurs il y a une trentaine d’années, voit aujourd’hui atterrir environ 6 000 touristes par jour en pleine saison ! Un tourisme de masse qui n’est malheureusement pas sans impact sur l’environnement.

Cancún ravira les clubbers et autres aficionados de chaudes soirées tropicales arrosées de tequila. Les autres ne s’attarderont pas dans cette ville où il n’y a pas grand-chose à faire à part buller sur la plage en écoutant les bavardages du voisin. Cela dit, si vous n’avez ne serait-ce qu’une demi-journée à y passer, mieux vaut encore faire 20 minutes de bateau et filer jusqu’à Isla Mujeres, la mystérieuse « île des femmes », située juste en face.

Cette petite perle au charme désuet, tout juste sortie d’un roman d’Hemingway, cultive encore une forme d’indolence toute caribéenne, avec ses petites baraques en bois, ses épaves de bateau à moitié éventrées et ses petits bars les pieds dans l’eau.

Ses plages de sable blanc hérissées de cocotiers sont de vrais appels au farniente. Quant à l’eau, c’est la Caraïbe dans tous ses états, c’est-à-dire un bleu digne des plus beaux calendriers de la Poste et des petits poissons à faire pâlir un aquariophile !

La riviera maya : des plages, mais pas seulement…

La riviera maya : des plages, mais pas seulement…
© seaphotoart - Fotolia

De Cancún à Punta Allen, la côte de la mer caraïbe n’est qu’une succession quasi ininterrompue de plages, avec, à quelques coups de palmes du rivage, la plus grande barrière de corail au monde après celle d’Australie.

Autant dire qu’ici les amateurs de fonds marins seront aux anges ! La plupart du temps, des investisseurs privés se sont adaptés à leur clientèle – majoritairement nord-américaine – en s’octroyant les plus beaux accès à la mer pour y construire des condominiums ou des parcs d’attractions à vocation balnéaire.

Fort heureusement, il reste encore pas mal de petites criques de rêve pour les amateurs de bronzette qui n’ont pas nécessairement la serviette partageuse. C’est le cas du petit village de pêcheurs de Puerto Morelos, de l’ex-plage hippie de Paamul, de la Mecque des kitesurfers que constitue la playa Xpu-Há.

Dans ces petits édens propices à la robinsonnade, on peut sans problème planter sa guitoune à même le sable, alors là, c’est carrément le grand kif. Les journées s’égrainent entre les sessions de kite ou de snorkelling et la glandouille version hamac-margarita. Le genre de vacances à inonder avec vos selfies indécentes les smartphones de vos potes restés au bercail !

Et pour celles et ceux qui pencheraient pour l’eau douce et la forêt, l’arrière-pays est truffé de cenotes au bord desquels on peut aussi rester camper le soir.

L’esprit des Mayas

L’esprit des Mayas
Muyil © Eric Milet

On ne s’attardera ni sur Playa del Carmen, sorte d’Ibiza bas de gamme, tout à la gloire du billet vert, ni sur la ville de Tulum, dont l’expansion urbanistique côté plage est lourd de menaces pour l’environnement. Mentionnons, quand même, autour de Tulum, deux sites qui méritent d’être vus avant de poursuivre sa route vers le Belize, le Guatemala ou l’intérieur de la péninsule.

La première c’est la réserve de la biosphère de Sian Ka’an, qui résiste tant bien que mal à l’appétit des promoteurs, en offrant encore à ses visiteurs d’un jour l’opportunité de tutoyer les écosystèmes tels qu’ils étaient il y a une vingtaine d’années de cela. Une nature de mangrove et de lagune, coincée entre la mer et la jungle. Un véritable sanctuaire pour un nombre infini d’oiseaux, sans oublier les lamantins, les crocos et toutes sortes de bestioles.

Explorez Sian Ka’an à bord de petits bateaux loués à la journée avec les services d’un capitaine. À partir du site archéologique de Muyil, de Boca Paila (entrée du parc dans la continuité de la zone hôtelière) ou de Punta Allen, sorte de bout du bout du monde, paradis des pêcheurs au gros.

La seconde, c’est le site archéologique de Tulum proprement dit. Pas très spectaculaire d’un point de vue de la dimension des édifices, mais ô combien évocateur de la culture maya, avec la grisaille de ses temples surplombant le bleu de la mer caraïbe. Une visite à faire en fin d’après-midi, à l’heure où le couchant rosit les pierres. Contrairement à l’autre site proche de Tulum, celui de Muyil, qu’il est préférable d’arpenter dans la fraîcheur (toute relative) du matin.

Chichén Itzà, 7e merveille du monde moderne

Chichén Itzà, 7e merveille du monde moderne
Chichen Itza © Eric Milet

Force est de constater que ce poids lourd de la culture maya-toltèque demeure une étape incontournable ! Même si, maintenant, les abords de Chichén Itzá ressemblent à un immense vide-grenier avec des centaines de vendeurs qui proposent leur pacotille pseudo-maya 100 % made in China aux touristes.

Avec ses 8 000 visiteurs par jour en pleine saison, vous ne risquez pas d’être seul… Néanmoins, Chichén, ça vous en bouche un coin. La grande pyramide de Kukulkán surtout, qui semble s’élancer vers le ciel sans vouloir quitter le sol. Bluffant. Quelle maîtrise de l’espace !

Les archéologues estiment qu’elle a été construite entre 650 et 800 ap. J.-C. Ses dimensions reflètent avec une précision mathématique le calendrier maya, avec 91 marches sur 4 côtés et une plateforme, le compte y est : 365 jours. Chaque année, au moment du solstice, des dizaines de milliers de visiteurs se massent à ses pieds pour voir l’ombre des marches dessiner Kukulkán, la version maya du « serpent à plumes » annonciatrice du changement de saison.

Chichén Itzá, déclaré patrimoine de l’humanité en 1988, résume toute l’histoire du peuple maya. Abandonné vers 1250 pour des raisons encore indéterminées, ce site continua de servir de lieu de pèlerinage aux Mayas pendant plusieurs siècles. Il revêtait une telle importance dans la péninsule que Francisco Montejoro lui-même avait caressé l’idée d’en faire sa capitale plutôt qu’à Mérida en 1540, c’est pour dire…

À son acmé, Chichèn Itzà embrassait un territoire de plus de 25 km². On estime que la ville a pu abriter jusqu’à 100 000 personnes.

Valladolid : carrefour des découvertes

Valladolid : carrefour des découvertes
Couvent de San Bernardino © lic0001 - Fotolia

Les habitants de Valladolid coulent des jours paisibles dans l’environnement coloré d’anciennes demeures de style colonial récemment réhabilitées. Il faut dire que le centre-ville ne manque pas de cachet. La sultane d’Orient, comme aiment à l’appeler les Mexicains, demeure ancrée dans leur mémoire collective. Primo, parce que c’est la ville la plus ancienne du Yucatán, secundo parce que c’est ici qu’éclata la révolution en juin 1910.

En ville proprement dit, pas grand-chose à se mettre sous la dent si ce n’est le couvent de San Bernardino et son architecture typiquement franciscaine. Il est construit sur le cenote qui l’alimentait jadis en eau potable. Mais Valladolid s’avère avant tout un excellent point de départ pour écumer la région.

À une centaine de kilomètres plein nord, le parc naturel de Río Lagartos est un haut lieu de rassemblement pour les flamants roses. On part observer ces emplumés en faisant appel à un pêcheur, non sans lui avoir accordé quelques minutes de négociation au passage.

Sur la route de Río Lagartos, deux lieux à ne pas rater : le site archéologique d’Ek Balam, un autre hot spot de la culture maya. Moins visité que Chichén Itzá, c’est l’une des dernières pyramides avec celle de Cobà sur laquelle il est encore permis de grimper.

Presque en face le cenote X’Canché, véritable petit paradis pour les amateurs d’aventure. Les esthètes ne manqueront pas l’église du couvent Santo Domingo à Uayma (une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Valladolid), où le syncrétisme entre les religions autochtones et le catholicisme est plus que jamais évident.

Holbox, l’île des routards

Holbox, l’île des routards
Holbox © Eric Milet

Holbox (prononcer Holboch) reste l’une de ces destinations « routardes » où l’on peut aisément combiner un séjour « farniente » à la découverte des lieux. Ici, le tourisme de masse ne s’est pas encore installé.

Plusieurs raisons à cela : d’abord l’île manque cruellement d’infrastructures, ensuite, les plages, même si elles n’ont rien à envier à celles de la côte caribéenne, demeurent malgré tout baignées par une mer un peu plus froide, autant le savoir.

Holbox contentera donc avant tout les amateurs d’authentique, celles et ceux qui privilégient la rencontre avec « l’autre », son milieu, son mode de vie… Et ici, il est un hôte qui toise tout le monde sur le calendrier des rendez-vous : le tiburón ballena, autrement dit le requin-baleine !

C’est le plus gros poisson du monde. Il se rassemble ici chaque année entre mi-mai et mi-septembre. Une bestiole qui fait quand même plus de  20 m de long et peut atteindre 30 tonnes. En général, on embarque à une dizaine à bord d’un petit bateau, puis votre « capitaine » vous lâche par deux le temps de les approcher pour faire un bout de film avec votre GoPro. Moment magique !

Holbox abrite aussi la réserve naturelle de Yum Balam, avec une centaine d’espèces d’oiseaux, des tortues marines et petits bouts de plages désertes baignées par une mer de cristal. Un univers que l’on peut découvrir en kayak de mer, loin des hommes et loin du monde…

Fiche pratique

Pour préparer votre voyage, consultez notre guide en ligne Mexique

 Site officiel du ministère du Tourisme mexicain

Quand y aller ?

C’est bien simple, pratiquement quand vous voulez sauf entre septembre et la mi-novembre car c’est la saison des cyclones. Mais attention, en pleine saison, il est impératif de réserver à l’avance !

La pleine saison, c’est juillet-août, les vacances de Noël et la Semaine Sainte (Pâques).

Comment y aller ?

Vols directs Paris CDG-Cancún uniquement avec XL Airways. Sinon, escales à Mexico ou aux États-Unis. Trouvez votre billet d’avion

Où dormir ? Où manger ?

Les petits budgets trouveront à se loger sans difficulté dans les nombreuses auberges de jeunesse ou dans les campings (apporter sa tente n’est pas une mauvaise idée). La nuit en auberge tourne autour de 10 €/pers ; en camping, compter 5 €/pers.

Même si le Yucatán demeure assez cher comparé au reste du Mexique, et à condition de s’éloigner des centres fréquentés par les Nord-Américains en vacances (Cancún, Playa del Carmen, Tulum), on peut se payer un repas fort convenable pour environ 6-7 €.

Isla Mujeres : Poc Na Hostel : une auberge de jeunesse carrément sur la plage. Fait aussi resto.

Paamul : Paamul Hotel & Cabañas : une série de bungalows les pieds dans le sable sous les cocotiers. Fait aussi camping.

Tulum : Hôtel Don Diego de la Selva  et Los Aguachiles : toutes les saveurs de la mer à prix raisonnable (av. Tulum, sortie de Tulum Pueblo dir Chetumal, tél. : 984-802-54-82)

Chichén Itzá : Villas Arqueológicas : un hôtel d’un bon rapport qualité-prix idéalement placé pour la visite du site archéologique.

Valladolid : Hostel La Candelaria une auberge de jeunesse comme on voudrait en voir plus souvent. El Jardín de Los Frailes : bon et pas cher pour faire le tour de la cuisine locale (n° 222 calle 41-A, tél. : 985-856-25-93)

Holbox : Hostel et Cabañas Ida y Vuelta : ambiance jeune et décontractée. Fait aussi camping. 

Trouvez votre hôtel dans le Yucatan

Quoi faire ?

De la plongée en mer à Playa del Carmen (et à Cozumel) : www.phocea-mexico.com

De la plongée en cenote dans la région de Tulum : www.zen-diving.com

Découverte de la réserve de biosphère de Sian Ka’an : www.visitsiankaan.com

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Texte : Eric Milet

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