Zanzibar, l'île aux épices

Au cœur de l’île aux épices

Au cœur de l’île aux épices
Eric Milet

Le centre de l’île n’est plus tout à fait africain, pas vraiment le Kerala, il fait penser à Maurice. Ici, l’Afrique s’est fondue progressivement dans l’Inde tropicale des jungles. Par moment, le contraste est saisissant entre la savane écrasée de soleil, qui s’étire le long du littoral, et ces petits édens de verdure où dominent les grands manguiers.

Pour toucher du doigt cette réalité, rien de tel qu’une balade accompagnée d’un ranger dans la forêt préservée du parc national de Jozani. C’est là que vit le colobe roux (piliocolobus kirkii), une espèce de singe endémique à Zanzibar qui a la particularité de ne pas avoir de pouce opposable. Vu sa forte odeur corporelle, les villageois l’appellent kima punju, « l’empoisonneur ».

Mais le centre de l’île est surtout réputé pour ses fermes aux épices. Le commerce des épices a joué un rôle décisif dans le début du commerce maritime et notamment dans l’expansion de la religion musulmane.

Pendant des nombreuses années, l’île en a tiré l’essentiel de son économie, d’ailleurs le mot zenji-bar, dont provient le nom de l’archipel (« la côte des Noirs » en persan), possède la même racine (c’est le moment de le dire) que le gingembre. Une racine à laquelle les sultans prêtaient des vertus aphrodisiaques...

Plus sérieusement, jusqu’en 1964, Zanzibar détenait le quasi monopole de la production mondiale de clous de girofle. Aujourd’hui, on y cultive encore le giroflier, la cardamome, le curcuma, la cannelle, la muscade, le poivre, la citronnelle et la vanille.

Mais ne vous attendez pas à des champs tirés au cordeau comme en Inde. Ici, la culture des épices se résume à un méli-mélo d’arbres, d’arbustes et de plantes. Les uns font de l’ombre aux autres ou leur servent de tuteur, les plus voraces vampirisant les plus faibles, tout ceci dans un parfait équilibre.

Texte : Eric Milet

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