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Tout sauf snobs, contrairement à leurs voisines Biarritz ou Saint-Jean-de-Luz, Bilbao et San Sebastian ont su (pour l’instant) éviter la « gentrification » qui guette le Pays basque français. Ici, pas d’authentique ripoliné pour touristes B.C.-B.G. qui se paient un pied-à-terre à prix d’or. Mais un franc parti-pris de modernité et de simplicité, qui fait tout le dynamisme de ce pays basque situé de l'autre côté des Pyrénées.
Bilbao l’industrielle a su se dépoussiérer : le Guggenheim a placé la cité basque sur la carte internationale des amateurs d’art contemporain. Quant à San Sebastián-Donostia, il suffit de fréquenter ses bars à pintxos (les fameux tapas basques) un samedi soir pour comprendre ce que s’amuser veut dire…
Bilbao est devenu un lieu de pèlerinage. Le poumon industriel du Pays basque a désormais sa cathédrale où l’on vénère… l’art contemporain. Évoquant une gigantesque sirène de titane échouée le long de la rivière Nervion, le musée Guggenheim, signé par l’architecte d’origine canadienne Frank O. Gehry, est sans doute l’édifice le plus fascinant, déroutant et innovant de notre époque. Cette merveille, qui fête son dixième anniversaire, mérite à elle seule le voyage à Bilbao.
Sa structure organique, qui évoque un poisson recouvert de fines écailles de titane, ondule harmonieusement et reflète admirablement la lumière. Autre prouesse : le musée s’articule autour d’un vaste atrium de 50 m de haut, surmonté d’une verrière d’où la lumière naturelle se diffuse sur trois niveaux et dans les 18 salles d’exposition d’une surface de 10 000 m2. La plus grande salle, qui s’étend sous un pont reliant les deux rives du Nervion, fait 130 m de long ! Il faut le voir pour le croire.
Et que peut-on découvrir dans le musée ? Des expositions temporaires, réalisées pour la plupart, à partir d’œuvres de la collection permanente de la Fondation Guggenheim (qui possède plusieurs musées dans le monde, notamment à New York). Le musée pratique la « rotation dynamique » : à quelques exceptions près, l’institution de Bilbao renouvelle « ses » collections tous les six mois. À l’affiche en ce moment : une rétrospective sur les collections Guggenheim du XIXe siècle à nos jours et des installations vidéo, dont l'une consacrée à notre Zinedine Zidane.
:: La dolce vita à San Sebastian-Donostia
Après avoir visité le Guggenheim et fait une promenade dans le Casco Viejo (vieille ville) de Bilbao, nous vous recommandons de rejoindre San Sebastián (Donostia en basque), qui se trouve à une centaine de kilomètres à l’Est, en train ou en voiture.
Autre merveille, cette fois-ci naturelle : la baie de la Concha, en forme de coquille (« concha » en espagnol), au creux de laquelle se love San Sebastián-Donostia. Station balnéaire à la mode depuis le XIXe siècle, la ville a de beaux restes : de superbes immeubles Belle Époque, un casino, une vieille ville animée aux rues étroites, un port charmant aux maisons recouvertes de carreaux en céramique et, surtout, une belle plage de sable de 1,5 km de long.
Parmi les promenades à faire : la vieille ville avec sa ravissante plaza de la Constitución qui fut utilisée au XVIIIe siècle comme une arène (!) ; le paseo de la Concha qui longe la plage (photo) et, incontournable, une grimpette au mont Urgull. Surmonté d’un château du XVIe siècle, cette colline domine la ville et offre une vue imprenable sur la baie de la Concha. Face au Mont Urgull s’élève, de l’autre côté de la baie, le monte Igeldo qui abrite un parc d’attractions apprécié des Donostiarras.
Enfin, loin d’être une station balnéaire désuète, San Sebastián-Donostia est une ville étudiante très vivante où il y a pas mal de jeunes et beaucoup de festivals (jazz, cinéma, musique…) tout au long de l’année. Et, en plus, on ne fait pas qu’y bronzer idiot. La preuve ? Allez faire un tour au musée Eduardo Chillida, une ferme située dans un parc parsemé de quarante sculptures de l’artiste.
:: Une capitale gastronomique
La nouvelle cuisine basque possède désormais une réputation internationale. Les deux maîtres incontestés de cette école, Juan Maria Arzak et Martin Berasategui, ont leurs restaurants (qui portent leur nom) à San Sebastián. Car cette ville est épicurienne et on vient de loin pour déguster les pintxos, des tapas à la mode basque, dans les établissements de la vieille ville.
Il y a foule les soirs de week-end dans les bars du coin. Dans une chaude ambiance, les Basques (et aussi pas mal de touristes) se remplissent la panse en sirotant quelques bons petits crus. Le paradis des tapas, c’est la calle Fermin Calbeton. Nous vous donnons quelques adresses ci-dessous, mais à vous de vous laisser tenter et d’aller de bar en bar. C’est la coutume.
Enfin, pour finir la nuit, de nombreuses discothèques vous attendent le long de la plage, tandis que de nombreux jeunes, moins branchés techno, se retrouvent dans les bars du triangle Sanchez Toca, Larramendi et Reyes Catolicos.
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