La célébration commence au temple Sri Manika Vinayagar Alayam, où les
fidèles viennent assister à la cérémonie du bain rituel du dieu Ganesh. Après
avoir déposé leurs chaussures sous le porche qui conduit au temple, les dévots
se recueillent autour de la divinité à tête d’éléphant. Plusieurs pujaris
(prêtres) officient, et chacun souhaite recevoir une bénédiction. Ganesh est
arrosé d’eau puis de toutes sortes de substances sacrées : eau de rose,
miel, lait, guirlandes de fleurs…
Les fidèles ressortent du temple le front maculé d’une tache de couleur, que
leur a apposé un prêtre.
La statuette est alors placée sur un palanquin, lui-même
installé sur un chariot que porteront une douzaine d’hommes, torse nu, le bas
du corps drapé dans un lungi (sorte de pagne ou de paréo) blanc. Tiré
par deux cordes, le char est recouvert d’étoffes et décoré de guirlandes. Le
cortège s’ébranle doucement, au rythme de musiques rituelles et accompagné par
les mouvements des danseurs, qui semblent les emmener parfois jusqu’à la transe.
Les danseuses portent sur leur tête le kumbam, un pot en cuivre orné
de feuilles, ou le katpuram chatti, une coupe en terre cuite dans laquelle
brûle du camphre. Les hommes, eux, portent le kavadi, un arceau en bambou
recouvert de plumes de paon.
Sur le chemin du retour, on assiste à l’explosion des noix
de coco. Les porteurs du char s’arrêtent quelques instants, saisissent les noix
déposées en tas devant eux, et les fracassent contre le sol. La coquille symbolise
l’illusion du monde, la chair, le karma individuel et l’eau de coco représente
l’ego humain. En brisant la noix de coco, on offre son cœur à Ganesh. Les éclats
volent partout… Pendant ce temps-là, les pujaris bénissent la foule.