« Il faut voir Sanaa, même si le voyage
est long »... Ce proverbe arabe en dit long sur la beauté de la capitale
yéménite. Perchée à plus de 2 400 m d’altitude, sur un plateau cerclé
de hautes montagnes, Sanaa déploie son architecture unique au monde. Ses maisons-tours
de cinq à six étages, classées au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1984,
sont de véritables gratte-ciels avant l’heure. C’est du haut des toits-terrasses,
à l’heure de l’appel à la prière, que le spectacle prend toute sa mesure. Ses
façades en briques roses, ornées de bandeaux blancs et de fenêtres aux vitraux
multicolores, se dorent dans les derniers rayons de soleil. Entre les odeurs
des épices, les chants résonnant de la prière et les premières agitations du souk, la citadelle perchée, immortalisée par Joseph Kessel dans son roman d’aventure
Fortune carrée, est une plongée hors du temps. Pour observer ce spectacle
fascinant, rien de mieux que de grimper en haut des maisons-tours de la vieille
ville, transformées en hôtels pour les hôtes de passage. L’Arabia Felix,
le Golden Daar et le Taj Talha sont idéalement situés pour s’imprégner
de l’atmosphère toute particulière de Sanaa. La nuit tombée, les ruelles étroites
et pentues du vieux souk résonnent de l’agitation des marchands et dégagent
les parfums enivrants de l’Orient. Ce marché des Mille et une Nuits concentre
plus d’une dizaine de petits souks groupés par corps de métier (tailleurs, joailliers,
artisans...), une quinzaine de caravansérails et plus de 1 500 échoppes.
De la porte Bal Al-Yemen, l’entrée fortifiée magistrale, à la grande mosquée de Sanaa, c’est une immersion garantie dans un des plus vieux centres fortifiés
du monde islamique. En déambulant dans ce labyrinthe de ruelles, vous tomberez
sûrement sur un des nombreux jardins de Sanaa, oasis de verdure au milieu de
la médina.