Guayaquil est une métropole moderne qui s’inspire ostensiblement du modèle
de l’Oncle Sam, celui-là même qui, depuis 2000 et la dollarisation de la monnaie
équatorienne, ne cache plus son emprise sur l’économie du pays. Ce côté « yankee »
saute aux yeux si l’on s’intéresse aux lieux de sortie des Guayaquileños.
McDonald’s et KFC pullulent et, plus déroutant, les gros centres commerciaux,
frères jumeaux des malls américains, se multiplient. Bien que les prix
pratiqués soient loin d’être bon marché, c’est là que les jeunes gens habillés
à l’occidentale (limite « pouf » pour les filles) viennent passer
leurs moments de loisirs. Ouvert en 2003 dans le quartier Kennedy, San Marino
est présenté comme le plus moderne de ces centres commerciaux. Il regroupe,
excusez du peu, 186 magasins sur une surface commerciale utile de 28 000 m2,
répartie sur trois niveaux. Tout ce que la mondialisation a fait de « mieux »
trône ici : Pizza Hut et Burger King dans le « Food court »,
Guess, Diesel, Naf-Naf et même L’Occitane (!)... Le tout complété par des jeux
d’arcades, un bowling et un cinéma de dix salles où sont programmés les derniers
blockbusters américains. Au même titre que le Malecón 2000 ou Las
Peñas, Guayaquil revendique San Marino comme l’une de ses attractions phare.
En bon franchouillard flanqué de son antiaméricanisme primaire, on se permet
de douter de son intérêt touristique. Ou alors, ayons l’esprit pratique :
face aux formalités de plus en plus contraignantes pour entrer aux États-Unis,
les fans de malls trouveront peut-être plus facile d’aller faire leur
shopping en Équateur...