Dès que l’on s’éloigne du centre, les lois de l’Afrique
reprennent le dessus. Cases et huttes en bambous, maisons en tôle défoncées
abritent une vie grouillante et bruyante. Car l’autre désordre, c’est celui
de la rue, de son excitation, de son agitation. Sur chaque avenue, des petits
vendeurs vous hèlent, essayant de vous vendre tout et n’importe quoi :
montres, rasoirs, coton, prises électriques ou même soutiens-gorge. Sans oublier
les batiks, ces tissus teints qui égaient les rues de leurs couleurs vives et
motifs africains. Les chapas, minibus bondés faisant office de transports en
commun, peuvent aussi vous offrir, pour quelques meticais, la monnaie locale,
un trajet dans une Maputo sonore qui paraît soudain si vraie et dénuée de clichés.
Leur point de ralliement : la Baïxa, ville basse et centre névralgique.
C’est entre ces quelques rues, dont les maisons ont abrité les premiers négociants
d’or et d’ivoire, que la capitale s’illustre notamment par son dynamisme commercial.
À quelques encablures, les habitants discutent les prix des produits au marché
central, repaire d’odeurs d’épices et de scènes de vie pour le touriste en quête
de « couleur locale ». Les noix de cajou grillées, salées, rougies
au piri-piri, le piment vedette s’achètent à des prix défiant toute concurrence.
Les crevettes, langoustes et poissons fraîchement pêchés se monnaient âprement.
Le port n’est pas loin.