Elle a le regard tourné vers la mer, vers l’avenir.
Mais Maputo a aussi un lourd passé à oublier : des années de colonialisme
et de guerre civile. Aujourd’hui, elle montre les yeux rieurs d’une ville qui
a repris le dessus et qui porte l’économie d’un pays classé parmi les plus pauvres
du monde. L’ancienne Lourenço Marques, du nom du navigateur portugais qui, un
jour de 1545, a jeté l’ancre dans sa baie, est une capitale moderne. Érigée
sur une falaise, elle surplombe l’océan Indien, fière de son dynamisme retrouvé.
La guerre n’est pourtant pas loin : 1992 en a marqué la fin. Une guerre
civile qui, pendant dix-sept années, a opposé le gouvernement à l’idéologie
marxiste du Frelimo au Renamo, parti de la Résistance nationale mozambicaine.
Son passé communiste, Maputo ne le renie pas. Les noms de plusieurs de ses avenues
y font clairement référence : Mao Tsé-Toung, Karl Marx, Hô Chi Minh, Vladimir
Lénine, ou encore Eduardo Mondlane, père spirituel du Frelimo. Mais la ville,
reconnaissante, n’a pas effacé non plus la mémoire d’autres peuples ou héros
qui ont forgé son identité : la rue Marques de Pombal ravive ainsi le souvenir
du Portugal, ancien colonisateur ; l’avenue Kwame Nkrumah honore ce chantre
du panafricanisme.