Nicosie, la ville aux deux visages

Remparts et destin communs

Remparts et destin communs
Nathalie Van Batten

Les militaires turcs du Nord se font plus discrets depuis l’ouverture de la ligne verte, plus souvent retranchés dans leurs casernes. Et même si la langue, la monnaie et le café sont bien turcs, à y regarder de près, les pierres racontent inlassablement la même histoire : les arches des Lusignan, les balcons ottomans et toujours les remparts vénitiens qui bouclent le cercle de ce côté-ci. Sur les onze bastions disposés autour de ces murailles, cinq se trouvent côté turc, cinq côté grec et le dernier est sous le contrôle de l’ONU. Les archéologues chypriotes du Nord et du Sud travaillent ensemble de nouveau, conscients que leur histoire est profondément une. Sous le même soleil de plomb, Chypriotes grecs et turcs réservent au visiteur le même accueil, la même envie de raconter un bout de leur pays, un bout de leur vie. Ils partagent la croyance populaire orientale contre le mauvais œil - preuves en sont les pendentifs et autres babioles bleus ornés d’un cercle blanc avec un point noir au milieu, répandus au Nord comme au Sud. Ce qui n’a pas conjuré l’ironie mythologique pour l’île d’Aphrodite, déesse de l’amour, d’être la dernière capitale européenne ainsi divisée. Une exception dans tout le pays : Pyla. L’unique village mixte chypriote est situé dans la zone tampon et vit pacifiquement, depuis la division de l’île, sous l’œil de casques bleus.

Texte : Nathalie Van Batten

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