Bienheureux ceux qui ont découvert et investi ce petit coin de paradis il y
a dix ans. Les transactions immobilières étant peu courantes, les prix des propriétés
à vendre s’envolent aujourd’hui : plus 35 % d’augmentation ces trois
dernières années ! La qualité se paie et le Perche, si près de Paris, est
unique.
Qui dit belles maisons, dit belles brocantes. Sur la région de Nogent-le-Rotrou,
on trouve plus de vingt professionnels, sans parler des vide-greniers et autres
bric-à-brac. Un guide des antiquaires-brocanteurs de la région est d’ailleurs
disponible chez la plupart des antiquaires. Mais rien à voir avec le Luberon,
ici pas de prix exorbitant et une marchandise de qualité.
Le Perche « historique » est une longue bande de terre dans l’Orne
qui va de Mortagne au nord à Ceton et Saint-Bomer au sud en passant par Bellême.
Le Grand Perche englobe une partie de l’Eure-et-Loir, et un tout petit bout
de la Sarthe... Bien sûr, chacun trouve que « son » coin est le plus
beau. Mais il est plus simple de se fier à l’œil. Dès que la campagne ondule
et ressemble à une France qui a disparu depuis longtemps sous le joug de l’agriculture
industrielle, vous êtes rendu dans le Perche. Ici, point d’arrosage intensif
avec de vilaines rampes, ni de champs à perte de vue. Quelques champs de maïs
quand même, mais qui se débrouillent tout seuls grâce à la lourdeur de la terre
et la polyculture n’est pas un vain mot. Les champs sont plutôt petits, souvent
ceints de haies vives. Le parc y veille. Chaque année des kilomètres de haies
sont replantées grâce à des campagnes de sensibilisation commune par commune.
Les agriculteurs comme les autres jouent le jeu. Une petite subvention vient
soulager les propriétaires du coût économique de l’opération. Car même si le
Perche est presque intact, suite au remembrement catastrophique de l’après-guerre,
il y a encore des bouts de communes, dont le terrain est plus plat, qui furent
sujet à l’arrachage des haies. Les parcelles plus petites ayant subi le même
sort pour faciliter les manœuvres des gros tracteurs modernes.
Le Perche compte 1 200 espèces végétales dont 140 protégées au
niveau national et européen. Les étangs et les 500 km de cours d’eau font
de la région un pays de pêcheurs. Sans être une destination des mordus de la
canne, ces derniers sont toutefois nombreux et le poisson diversifié. Grâce
aux forêts, la faune ne manque pas non plus et les biches qui traversent la
route au petit matin ne sont pas rares. Qui dit forêt, dit aussi champignons :
1 100 espèces sont répertoriées dans le Perche. À Bellême, on trouve
une association mycologue très active, qui organise chaque année « les
Mycologiades internationales de Bellême » (en 2004, elles auront lieu
du 23 au 27 septembre). Ces quatre jours proposent aux amateurs éclairés
une découverte du monde des champignons encadrée par des scientifiques.