Autrefois mal définies, les frontières du Perche
sont aujourd’hui dessinées par un parc régional. En 1998, les habitants
ont enfin retrouvé une identité historique après des années de flottement quant
à leur situation géographique. Ce secteur n’est ni vraiment la Normandie, certainement
pas la Beauce, encore moins le Centre. Il se situe juste à côté des pays de
la Loire, mais sans villes suffisamment connues pour être localisé à l’autre
bout de l’Hexagone voire même à Paris. Avant la création du parc, le Percheron
en était réduit à dire : « J’habite quelque part entre Chartres,
Le Mans et très au sud de Deauville ! ». Le fait de n'être traversé
par aucun axe majeur (sauf l’autoroute A 11 tout à fait à l’extrémité sud
avec ses deux sorties, La Ferté-Bernard et Nogent-le-Rotrou) a protégé le Perche
de l’agitation du monde moderne.
Aujourd’hui, c’est devenu la dernière destination à la mode ! On ne traverse
plus le Perche, on s’y rend. Chanteurs, stylistes, ministres... la liste s’allonge
des people devenus percherons de cœur grâce à la récente découverte médiatique
du Perche. Dès le XVIe siècle, les personnalités en vue n’avaient
de cesse d’y acheter un manoir pour y cultiver un beau jardin dans un cadre
bucolique. Et des jardins, il y en a ! Il est possible d’en visiter une
quinzaine, à commencer par le très beau manoir du Pontgirard à Monceaux-au-Perche
ou le jardin François à Préaux-du-Perche.
Mais que faire dans le Perche sinon bêcher son potager et méditer en regardant
passer les nuages ? Nous sommes loin de la vie trépidante des restaurants,
des boîtes de nuit et des bistrots aux terrasses fleuries qui ornent habituellement
les lieux de villégiature. Du coup, le Perche est parfaitement préservé de la
présence tapageuse d’une certaine clientèle. Pour être dans le « ton »,
on fait son marché avec un treillis usagé, chaussé de tongs - voire de
bottes en caoutchouc les jours de pluie. Bien sûr, la grosse cylindrée est rangée
discrètement dans le jardin, et le vélo ou la vieille 4L sont de mise. Ou encore,
on attrape le tortillard de Montparnasse armé de la grande presse pour le trajet
d’1 h 50.