Mais lorsqu’on s’éloigne du brouhaha touristique,
Key West redevient vite ce qu’elle était : une petite bourgade sans prétention,
aux rues étroites et à l’architecture rétro, à moitié enfouie sous une végétation
luxuriante. Une île de trois kilomètres sur six à l’ambiance décontractée. Il
suffit de s’éloigner de Duval Street, la principale artère commerciale encombrée
de marchands de breloque. Et de parcourir à pied ou à vélo les paisibles rues
de la vieille ville. De petites maisons en bois se cachent derrière des palmiers
et bougainvillées. Des " maisons de pain d’épice ", dit-on en anglais,
peintes en blanc ou en couleurs vives. Des banians - ces arbres aux troncs
enchevêtrés - laissent entrevoir des balcons et auvents sculptés et des
portes d’entrée encadrées de rocking-chairs. Sur la moitié ouest de l’île (à
partir d’Eisenhower Drive), la plupart des maisons datent du XIXe siècle
et ont été classées monuments historiques. De la demeure de style victorien
aux simples cabanons, aucune façade ne ressemble aux autres. Plus qu’un style
unique, l’architecture de Key West est un mélange d’influences architecturales,
de la Nouvelle-Angleterre, de Cuba, des Bahamas et du sud des États-Unis. À
l’image des pêcheurs et capitaines qui se sont installés sur l’île dès 1823.
Beaucoup ont fait fortune en récupérant le butin des navires qui s’échouaient
sur les récifs de Floride, sauvant accessoirement les passagers ou passant même
parfois à l’abordage. Quand des phares ont enfin été construits, ils se sont
reconvertis dans la pêche. Des fabriques de cigares cubains se sont installées.
À la fin du XIXe siècle, Key West était ainsi l’une des villes
les plus prospères des États-Unis.