Aujourd’hui, l’île compte plus de touristes que
d’auteurs et de pêcheurs. De gigantesques paquebots en escale déversent des
flots de vacanciers. La légende d’Hemingway est devenue un fonds de commerce.
Sa maison se visite à la chaîne. Hôtels, restaurants et même marchands de glace
se sont emparés de son surnom, Papa. En 1997, les ayants droit du romancier ont
reproché à la municipalité d’exploiter outrageusement la mémoire de leur père,
en organisant tous les étés le festival Hemingway, abondamment arrosé et couronné
d’un concours de sosies. Ce qui ne les a pas empêchés de réclamer un pourcentage
des bénéfices... À l’heure actuelle, les artistes fauchés ne trouveraient plus
guère à se loger. Le moindre deux-pièces se loue près de 1 000 $ par
mois. Et, en 2003, la municipalité a même tenté - en vain - d’expulser
ses sans-abri à Miami. Pour faire « plus propre ».