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Un important retard économique à rattraper

Un important retard économique à rattraper

Mais ce tableau d’une organisation bien huilée ne doit pas masquer la réalité : il reste encore du chemin aux petits producteurs de SOFA pour parvenir à un niveau de vie satisfaisant. Bien qu’ils soient mieux rémunérés, leurs revenus n’atteignent pas la moyenne de ceux des cueilleurs de thé qui travaillent dans le circuit traditionnel. La raison principale tient à la petitesse de leurs parcelles, car ils n’ont pas de quoi acheter de vastes terrains. Elles font en moyenne un demi-hectare, sur lequel sont disséminés environ trente théiers qui leur assurent une récolte ne dépassant pas, certains mois de sécheresse, 30 kg. Le calcul est rapide : les feuilles de thé leur rapportent à peu près 1 000 roupies par mois (environ 8,50 €), alors que, quand on les interroge, les producteurs estiment qu’il leur faudrait 5 000 à 6 000 roupies par mois pour bien vivre.

Pour compléter leurs revenus, ils vendent aussi les épices qu’ils produisent : poivre, clous de girofle, cannelle ou cardamome ; mais tant que cette production n’est pas labellisée par FLO, elle ne sera pas écoulée dans des filières « équitables ». Ces autres produits, ainsi que les fruits qu’ils vendent sur les marchés locaux, leur rapportent environ 3 000 roupies supplémentaires par an. Une misère, illustrée par les conditions de vie de certaines familles, celles qui ne peuvent pas compter sur l’aide financière d’un parent parti travailler en ville ou à l’étranger : maisons délabrées, pas d’eau et encore moins d’électricité… Leur vie s’articule autour des plants de thé et, lorsque la sécheresse rend toute récolte impossible, comme c’était le cas lors de notre passage, on mesure combien leur situation reste précaire.

Alors que nous visitions le bloc 7, Rajathalawa, Tristan Lecomte a demandé à en rencontrer la famille la plus pauvre. Madame Seelawathi est veuve et vit avec deux de ses six enfants, une fille et un garçon déficient mental, qui l’aident comme ils peuvent à entretenir son demi-hectare de plantations. Les autres, mariés, sont partis vivre à Colombo. Elle dit gagner jusqu’à 1 000 roupies par mois, parfois plus, s’il y a des feuilles de thé à récolter lorsque la pluie a été suffisante. Pas assez pour réparer sa maison, dont le toit menace de s’effondrer. Alors elle a peur et préfère dormir dehors. Elle affirme cependant que son adhésion à SOFA, dès sa création en 1997, a amélioré sa vie. Cela lui permet de rester chez elle et de vivre de ses plants de thé, alors qu’avant, sans l’aide technique et financière de la coopérative, elle avait fini par les négliger. Celle-ci lui a également versé, l’année dernière, la « prime » de 5 000 roupies qu’elle attribue chaque année à la famille la plus pauvre de chaque bloc.

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Photo : Clémentine Bougrat



 



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