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La chute de Da Nang : le chaos
Pendant la guerre du Vietnam, Da Nang fut une base stratégique essentielle
pour l’armée américaine et ses alliés militaires de la République du Sud Vietnam.
Située dans le centre géographique du pays, à près de 1 000 km au
nord de Saigon, la ville est abritée au fond d’une vaste rade, et protégée des
vents de la mer de Chine par la grosse montagne de Son Tra. Da Nang avait de
quoi plaire aux stratèges. Appelée Tourane par les Français au XIXe siècle
qui la bombardèrent sous le règne de Napoléon III, elle se développa et
devint le grand port de l’Annam (ancien nom de cette région centrale). Da Nang,
ce nom réjouissait les marines US qui étaient envoyés à China Beach pour
des séjours de repos mérité (rest and recreation). Après avoir connu
l’enfer des combats dans les jungles contre un ennemi invisible, les boys
goûtaient à la douceur des grandes plages de sable, bordées de casuarinas (filaos).
En fait, tout avait commencé là. En 1965, la plage de My Ke, près de Da
Nang, accueillit les premiers contingents de marines envoyés par le président
américain Johnson pour combattre l’avancée du communisme en Indochine. De Da
Nang, les Américains se lancèrent dans ce combat qui devint une guerre sans
que celle-ci n’ait jamais été déclarée. Da Nang n’était pas très loin de la
ligne de front et du 17e parallèle, qui marquait alors la frontière
entre la République du Nord (communiste) et celle du Sud (capitaliste). Suite
aux accords de Genève signés en 1954 après la bataille de Diên Biên Phu,
les Français vaincus se retirèrent de la partie nord du Vietnam, et la partie
sud devint une république indépendante, libre et alignée sur l’Occident. Au
Nord, l’oncle Hô - pseudonyme pour Hô Chi Minh - créa une république
socialiste alliée des Soviétiques, avec un des régimes les plus sévères qui
soit. Au Sud, un Vietnam capitaliste et libre, plus riche que la Corée du Sud
ne l’était à cette époque. La guerre continua.
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