Depuis 2001, Athènes vit aussi au rythme des « Olympiades culturelles » :
sous l’égide du ministère de la Culture et avec le soutien officiel du comité
international olympique, de l’Unesco et des Nations Unies, des événements culturels
(spectacles, expositions, happenings, conférences) dont certains trouvent écho
dans d’autres villes d’Europe sont organisés.
Parallèlement à ces grands préparatifs officiels, la ville entière en profite
pour se donner un coup de fouet, se moderniser et même s’occidentaliser. Fleurissant
à chaque coin de rue, de nouveaux restaurants, de nouveaux bars, de nouvelles
discothèques, de nouvelles boutiques affichent un style résolument contemporain,
plus inspiré du design que de la tradition grecque, même si celle-ci demeure
profondément ancrée. Deux sœurs, Maria et Lili Poulada ont eu la bonne idée
d’initier les Athéniens à la nouvelle vogue des spas, en ouvrant leur Cocoon
urban spa, dans un style contemporain zen et naturel. Quant aux hôtels,
la plupart se sont offert un lifting, certains optant pour un changement de
look radical, comme le Hilton, désigné quartier général du comité olympique.
Participant à l’effervescence générale, les quartiers de Gazi et Psiri, autrefois
délaissés, deviennent les nouveaux eldorados de la création contemporaine qui,
bien que relativement récente, n’en est pas moins active. À Gazi, le centre
culturel Metropolis créé à l’initiative de la municipalité, fait figure de laboratoire
artistique, toutes disciplines confondues. Les hangars de l’ancienne usine à
gaz, merveilleusement illuminée la nuit, sont devenus des salles multifonctions
qui accueillent des expositions temporaires d’art contemporain, des représentations
théâtrales, et même un micro-musée Maria Callas, ouvert au printemps 2003.
Depuis trois ans, Technopolis qui abrite la radio Athènes 9,84 - la
première à s’être installée sur le site - organise le Festival de jazz
d’Athènes qui accueille au mois de mai les plus grandes stars internationales
du genre. Et à la perspective des J.O. 2004, le centre devrait doubler
sa superficie avec un parc, un parc pour les enfants et de nouveaux lieux d’exposition.
Dans son sillage, Technopolis a entraîné l’ouverture de nouveaux endroits, bars
et restaurants branchés, installés dans les rues adjacentes qui vibrent la nuit
au son des mix des D.J., mais aussi une école d’art dramatique avec son théâtre
de poche et une école de danse.
Plus proche du centre-ville, le quartier de Psiri, encore aujourd’hui fief des
grossistes en tout genre, est aujourd’hui désigné comme le Soho d’Athènes. Les
galeries d’art indépendantes y poussent comme des champignons, tandis que bars
et restaurants branchés s’installent peu à peu dans les ruelles bordées de maisons
encore en ruine. C’est là que s’est installée Els Hanappe (une Belge,
athénienne d’adoption depuis une dizaine d’années). Sa galerie en sous-sol,
Underground, affiche un double objectif : révéler le travail de jeunes
artistes contemporains grecs et étrangers et créer un pont artistique entre
la Belgique et la Grèce. Ses artistes sont tous trentenaires, comme elle, et
s’expriment à travers toutes les disciplines, mais avec une même approche de
regard sur le monde, à l’opposé de « l’art pour l’art ».
Enfin, de grands collectionneurs d’art contemporain ouvrent leurs collections
au public grâce à leurs fondations ou à leurs musées privés. C’est le cas de
la fondation Deste, créée en 1983 par le collectionneur Dakis Joannou,
installée dans un très beau bâtiment du quartier de Neo Psichico, où se trouvent
également un café et un très agréable restaurant. En plus d’exposer régulièrement
des portions de l’immense collection personnelle de Dakis Joannou, composée
d’œuvres des plus grandes stars internationales, la fondation Deste sponsorise
des projets de jeunes artistes grecs, publie à New York la revue Charley,
le magazine Short Cuts et des livres comme New destiné à présenter
la collection. Depuis 1999, la fondation a créé un prix (Deste prize
for contemporary greek art) remis tous les deux ans à un jeune artiste grec
pour sa « contribution au discours artistique en Grèce ». Dans un
autre genre, le musée Frissiras et la galerie adjacente, qui portent le nom
de leur fondateur, conservent et exposent les étonnantes œuvres (pour la grande
majorité des peintures) d’artistes contemporains grecs et étrangers autour d’un
unique thème : la représentation du corps humain. Le lieu, deux maisons
néo-classiques du quartier de Plaka, et la scénographie ajoutent à la puissance
des toiles exposées. Une belle matière pour occuper les après-midi d’été à Athènes.